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Qui peut vraiment sauver Basse-Terre et le sud Basse-Terrien ?

11 Mar 2019
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C’est le genre de question et de problématique qui ne semble pas vraiment intéresser les guadeloupéens qui vivent dans le nord de notre pays.

Est-ce normal ?

Non, car Basse-Terre est historiquement depuis le 17é siècle la capitale de notre archipel et donc devrait à ce titre être pour chaque guadeloupéen, un lieu plus que symbolique. Mais c‘est loin d’être vraiment le cas. Il est hélas coutumier d’entendre un habitant de la Grande-Terre, affirmer : «fo an désann jis Bastè », comme si se rendre à Basse-Terre était une sorte de safari…

Est-ce la distance (à peine 60 km de Pointe-à-Pitre) ou le manque d’attractivité de la capitale ?

D’un autre côté, du fait que la Guadeloupe, soit toujours sous domination coloniale, les guadeloupéens n’ont que peu la notion de pays et encore moins celle d’une nation… même sans état !

Pourquoi ?

Car on leur a tellement dit et répété et aussi fourré dans la tête que la Guadeloupe est un « département français, une région, un morceau de France ... », qu’ils sont encore nombreux à penser que Basse-Terre n’est qu’un « chef-lieu » selon la terminologie coloniale française : 

 « Le chef-lieu de région ou département, dit ville de préfecture et communément préfecture, est généralement la commune la plus importante démographiquement du département ou de la région, et la commune où siège le préfet du département et le conseil départemental. Dans chaque région française, un des chefs-lieux de département est également chef-lieu de région : le conseil régional y siège et le préfet de ce département a prééminence sur les autres et porte le titre de « préfet de la région »

Or, juste à côté de chez nous, à moins d’une heure à vol d’oiseau se situe St Kitts et Nevis micro état indépendant depuis 1983, (261 km2 près de 7 fois plus petite que notre Guadeloupe) la capitale se nomme aussi BASSE-TERRE.

Son 1er ministre Timothy Harris sera chez nous cette semaine, pour assister à l’intégration de la Guadeloupe à l’OECO (Organisation des Etats de la Caraïbe Orientale).

Mais revenons à notre problématique essentielle, la mort lente de Basse-Terre et du Sud Basse-Terrien.

A qui la faute ?

Pour faire simple on pourrait une fois de plus accuser le système colonial, les préfets etc… mais la vérité est ailleurs.

Il y a eu, souvenons-nous, le choc de 1976, avec l’exode forcée des populations de la région Basse-Terrienne, dans la crainte d’une possible explosion de la Soufrière. Certains Basse-Terriens ne sont depuis, plus jamais revenus, d’autant il y avait eu dans l’air, la volonté du représentant de l’état français de transférer dans la Région pointoise les prérogatives de Basse-Terre. Il semblerait que cette idée re- gagne du terrain. Avez-vous noté que l’essentiel de l’activité du Préfet actuel se fait hors Basse-Terre ? A- t -on remarqué que Macron est venu à plusieurs reprises en Guadeloupe, sans jamais se rendre dans notre Capitale ?

Une fois tout cela posé, il ne faut pas nier que le syndrome de la Soufrière a passablement desservi Basse-Terre. Au plan économique, la décision de transférer vers Jarry l’activité bananière du port de Basse-Terre, a lourdement impacté sur le déséquilibre de la ville et du sud.

Nous touchons du doigt l’autre pôle de responsabilité (ou d’irresponsabilité) de ces personnes qui sont en charge du développement économique de notre pays, on les nomme des élus.

Ainsi Lucette Michaux-Chevry (LMC) qui a été maire de Basse-Terre député, présidente du Conseil Général, de la Région mais aussi ministre du gouvernement français, s’est-elle vraiment préoccupée du développement de sa ville capitale et de grand sud ? Que retiendra l’histoire de son bilan ? Pas grande chose, pour cette région dont elle est pourtant native… ah oui, tout de même l’installation d’un campus universitaire à St Claude. OK validé !

Victor Lurel (PS) qui fut pendant 12 années président de Région, du fait de ses désaccords politiques avec LMC a réellement fermé tous les robinets et contribué lui aussi à affaiblir sa région naturelle.

Que retenir de l’œuvre de Lurel pour le rééquilibrage ? Rien ou presque.

Aurait-il pu installer le MACTE à Basse-Terre ? Pouvait -il empêcher l’exode de certaines entités administratives vers le Nord ? Avait-il la volonté ? Pas vraiment.

Lurel n’a rien voulu faire car il lui fallait « punir » LMC, et en réalité c’est Basse-Terre et la région sud qui ont été progressivement économiquement affaiblies…

Nous en sommes là...

Le nouveau président de Région Ary Chalus, dont la vice-présidente n’est autre que Marie-Luce Penchard a-t-il depuis sa prise de fonction « fait » quelque chose d’important pour Basse-Terre et le grand sud ? Ah oui ! Le marché régional est désormais sur le Champ d'Arbaud et l'électrification a été refaite... et après ?

Au total la Basse-Terre, de Capesterre à Bouillante, est en train de se vider : pas de projets d'envergure, rien qui puisse donner envie de s'installer ou se ré-installer à Basse-Terre. Nos politiques ont-ils  conscience que les moyens de la CASBT ne seront jamais ceux de Cap Excellence ? Il y a là urgence !

 

 

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Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

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