Breaking News

Le peuple guadeloupéen victime d’un génocide silencieux

20 Mar 2019
7340 fois

« Un génocide est un crime qui consiste en l'élimination physique intentionnelle, ethnique ou religieux, en tant que tel, ce qui veut dire que ses membres sont détruits ou rendus incapables de procréer en raison de leur appartenance au groupe ». C’est la définition la plus simple et qui explique ce qui s’est passé dans nos pays au cours des siècles passés et qui est en train de se reproduire mais sous une forme plus subtile.

En débarquant dans la Caraïbe au 16e siècle, les Européens ont trouvé des Kalinagos, des Arawaks, des Tainos... En moins d’un siècle, ils avaient perpétré leur premier génocide. La quasi-majorité des premiers habitants des îles de la petite et de la grande Caraïbe avait été éliminé.

« En 1660, lors du traité de Basse-Terre en Guadeloupe, les Caraïbes, pour beaucoup décimés ou affaiblis, sont contraints d’accepter comme seuls territoires propres Saint-Vincent et la Dominique »

Entre 1625 et 1636, les colonisateurs choisissent de massacrer systématiquement la population indigène amérindienne, dite Caraïbe, d’abord à Saint Christophe en 1625, puis en Martinique et en Guadeloupe. Ils étaient 5000 à la Dominique et plusieurs milliers dans les autres Petites Antilles. En Guadeloupe, ce massacre se déroule de 1636 à 1639. En Martinique et en Guadeloupe, les colonisateurs sont d’abord contraints à conclure un accord de partage. Les Caraïbes contrattaquent en 1653 à Marie-Galante, en 1654 à Saint-Pierre en Martinique. En 1660, les Caraïbes repoussent les colonisateurs. Dans toutes ces guerres contre les populations indigènes les Anglais et les Français, bien que concurrents, sont alliés et se battent ensemble contre les Caraïbes. »

Voilà pour l’histoire passée.

Après le génocide des Kalinas, les Européens créent la traite négrière. Des Africains sont capturés déportés puis réduits en esclavage dans toute la Caraïbe. Près de 4 siècles après un nouveau génocide moins violent, plus silencieux mais tout aussi efficace est en train de se perpétrer sous nos yeux.

Comment ce nouveau génocide fonctionne-t-il ?

D’abord, dans les années 60 avec la création du Bumidom des milliers de jeunes guadeloupéens sont expatriés et dirigés vers la France. L’initiateur de cette traite  négrière à l’envers s’appelait Michel Debré.

Plus d’un demi-siècle après quel est le constat ?

La population de la Guadeloupe a considérablement vieilli. On ne cesse de nous le répéter car notre jeunesse est partie et n’est pas revenue. Ce vide est réel et se traduit au niveau politique par la disparition des   organisations de jeunesse. Qui se souvient encore de l’Union des jeunesses  communistes de la Guadeloupe  (UJCG) ? Que sont devenues des organisations patriotiques telles que l’Union des Étudiants et des Élèves de Guadeloupe (UNEEG), Bik a Jennès Gwadloup (Bijengwa) et, je ne parle même pas, de l'Association Générale des Étudiants Guadeloupéens (AGEG) ?

Entre temps,  le nombre de Franco-Européens n’a cessé de croître, l’exemple le plus visible de ce génocide par substitution, c’est  l’île de Saint-Martin où les  Saint- Martinois natifs sont depuis la fin des années 80 minoritaires chez eux.

La Guadeloupe quant à elle, suit déjà le même processus. Notre jeunesse est à l’étranger, car elle n'a que très peu de perspectives d'emploi sur place. Les Franco-Européens (les blanfwans) qui débarquent occupent, comme toujours en pays colonisé, les meilleurs postes, et s’installent sur la durée. Mais plus grave est à venir, des blanfwans commencent à occuper même des emplois subalternes tels que caissières, vendeurs de sorbets, etc. Et la communauté blanfwans augmente à vue d’œil. Cependant, il ne faut surtout pas le dire autrement on est vite taxé de raciste et de xénophobe. Notre pays est donc envahi et à cause du vieillissement de la  population, les Guadelouoéens disparaissent progressivement et dans le même temps, les jeunes blanfwans qui s’installent ici vont procréer. Il y aura à terme une modification de la composition de notre population,  C'est quasiment inévitable.

Ce génocide est silencieux, pas invisible mais personne ne veut en parler. Que fait ou que dit la classe politique ? On n’en sait rien car nous sommes déjà au tournant.

Ces milliers de Guadeloupéens exilés pour des raisons économiques ne vont pas  revenir  car l’emploi est rare surtout pour les jeunes. Dans quelques années, la Guadeloupe sera un  pays de retraités, et on verra de plus en plus de blanfwans un peu partout et sans doute même en politique ! Qui peut assurer que dans quelques années nous n'aurons pas un maire franco-français à St Francois, Deshaies voire même à Gosier ? 

Évaluer cet élément
(26 Votes)
Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

Toute l'actu de la Guadeloupe et des Caraïbes.

Articles Populaires