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Elections : : Les petits candidats sont -ils aussi petits qu’on le croit ?

01 Mai 2019
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Il n’est pas rare durant une cam-pagne électorale d’entendre notamment sur les médias audio-visuels cette expression : “les petits candidats”. Il ne s’agit bien évidemment pas d’un problème de taille ni même de pointure.

Cette expression est généralement utilisée pour désigner les candidats sans parti ou sans passé politique. Cet idiome semble être de plus en plus un préjugé, un jugement, quelque fois définitif, sur la capacité réelle ou supposée d’un candidat à réaliser une performance en terme électoral.

L’exemple le plus célèbre dans la période récente demeure le président de la République lui-même. Quasiment inconnu du grand public 2 ans avant le scrutin, il ne disposait d’aucun parti ni même d’aucune notoriété. Au point qu’il a fallu à Emmanuel Macron créer de toutes pièces une structure politique capable de le porter au pinacle. De ce périple improbable au départ, se sont ajoutés néanmoins quelques appuis du destin comme le renoncement du président sortant ou l’affaire Fillon. Mais était-ce sa destinée ?

Chez nous aussi les exemples ne manquent pas. Ce fut également le cas pour le président Chalus quand il s’est présenté pour la première fois à l’élection municipale de Baie-Mahault. Là aussi, le destin s’en est mêlé avec le décès un mois après le scrutin du maire Paul Mado nouvellement élu. Bien qu’arrivé en 4ème position au premier tour du scrutin, il s’asseyait un mois plus tard dans le fauteuil de premier magistrat de la commune. 

Je ne cesse de le dire. Le fruit mûr tombe de lui – même, mais il ne tombe pas dans la bouche. Ce proverbe sous-entend que l’on doit se bouger si l’on veut obtenir quelque chose dans la vie.

C’est dire ici, qu’il faut aussi s’aider pour que le ciel vous aide. Et en la circonstance seule l’abnégation, la détermination et la foi en ses qualités, en son destin, peuvent faire du petit candidat, un futur vainqueur. Rappelons-nous de Jean-Claude Malo à Bouillante «déchoukan» Chaulet. Un combat perçu comme celui de David affrontant le géant Goliath. Rappelons-nous d’Élie Califer à Saint-Claude qui avait sans coup férir mis un terme à l’éternel duel Winter contre Barlagne Rappelons-nous aussi du mystique, fantasque et imprévisible Gérard Lauriette alias, Papa Yaya, dont la foi et la parole à elles seules soulevaient les foules au grand dam des partis traditionnels et de la préfecture. Maire de Capesterre Belle- Eau, Instituteur mis en retraite anticipée parce qu’il voulait expliquer ses cours en créole, une pédagogie pour les jeunes Guadelou-péens. Il fut le seul maire qui a osé faire grève dans sa mairie, il ne signait plus rien!

En matière de  petits candidats» on pourrait citer également des exemples plus récents comme Justine Benin dans la seconde circonscription perçue comme le petit chaperon rouge face à des loups coalisés et féroces. Ou même Max Mathiasin n’ayant aucun soutien de poids, mais qui l’emporte dans la troisième circonscription. Mathiasin répète à juste titre et à qui veut l’entendre qu’il ne doit sa victoire à aucun parti ou mouvement politique ni même à l’adoubement d’aucun leader charismatique. 

Affubler quelqu’un de la casquette de  petit candidat», n’est-ce pas préjuger que le pro-gramme ou les ambitions de ce petit candidat seraient farfelus voire dommageables ?

Peu s’en faut. En fait il s’agit souvent pour les médias de marginaliser un peu trop prestement, des personnes, des citoyens qui osent ou qui ont la prétention de se présenter, avec des convictions, même sans soutien, devant le peuple.

Dans une démocratie dictée par une opinion souvent façonnée par des médias, il est vrai que des analyses de journalistes-devins, peuvent condamner et décourager indubita-blement le petit candidat, alors même que la bataille n’a pas été livrée. Et qu’il n’a pas eu à s’exprimer pour gagner en notoriété.

L’irruption perçue comme insolente de petits candidats, donne pourtant une vivacité certaine à la démocratie.

La persévérance des petits candidats de porter leur candidature, donne espoir à tous ceux qui n’ont pas la possibilité ou la chance d’être soutenus par de puissants groupes politiques.

Malgré la rudesse et la solitude de leur combat, je dois confesser ici, qu’il m’est arrivé d’en rencontrer certains, qui face à mon incrédulité, ont pourtant redoublé d’ardeur et de détermination.

La politique traverse une crise de légitimité car les candidats sont souvent cooptés dans le sérail et par des coalitions qui se partagent le pouvoir. Le figé, c’est la mort. D’où ce conservatisme et cette incapacité des partis traditionnels à renouveler le discours politique. Le pouvoir appartiendrait-il définitivement à une classe ? Celle des politiciens dont les méthodes et les résultats n’incitent plus qu’à la défiance des citoyens !

Se ranger sous une bannière et une oligarchie, est une chose. Se laisser porter par le courant, une autre. Si ceux qui bénéficient des moyens humains et financiers des partis n’ont d’autre mérite que celui de gagner, les petits candidats, par leur détermination, leur audace, d’autres diraient leur « toupet » doivent forcer l’admiration. Quand rien n’est écrit. Rien n’est perdu d’avance.

C’est François MIitterand qui met en ballotage l’immense général de Gaulle en 1965 et qui porte avec ses 110 propositions la gauche enfin au pouvoir 15 ans plus tard ! Quand l’histoire est en marche, là où il y a une volonté, il y a forcément toujours un chemin disait Lénine. Petit poisson deviendra grand dit le proverbe.

 

JRC

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CCN

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