Breaking News

Entre nous, qui peut VRAIMENT sauver la Guadeloupe : Borel ? Blandin ? Chalus ? Domota ? Losbar ? ou Lurel …

11 Juil 2019
904 fois

Congrès 15. Après 2 jours d’échanges plus ou moins intenses, les congressistes réunis par J. Borel Lincertin, (JBL) présidente du Conseil général, pour tenter de trouver une solution pour l’avenir de notre pays, se sont accordés sur un consensus à minima. Ouf ! le pire a été semble-t-il évité. Car personne n’a oublié que les précédents congrès ont tous abouti à pas grande chose …

Mais ce consensus a minima que révèle-t-il ? est-ce un miroir aux alouettes ? on a envie de le dire, car nos élus, n’ont pas pu vraiment avancer et oser proposer la VRAIE porte de sortie qui s’appelle la décolonisation.

Hé oui, pour certains journalistes et autres élus, ce mot est devenu, comme imprononçable.

Car en fait, à bien écouter ce qui s’est dit et redit au cours de ces 2 journées de juin, la classe politique toute tendance confondue, a définitivement écarté de son vocabulaire une terminologie que la réalité qui est celle de la situation actuelle de notre pays. Allons-y ! la Guadeloupe de 2019 est TOUJOURS une colonie française.

L’état français représenté par un néo-gouverneur, est toujours colonialiste donc, un congrès sérieux, réaliste, lucide devrait au moins à minima, considérer que la Guadeloupe doit être décolonisée.

Mais nos politiques sont hélas tous devenus comme amnésiques. Depuis que l’état français a unilatéralement décidé que nous n'étions plus un peuple mais une « population » au « sein de la nation française ».
Pour nos élus, la colonisation, n’existe plus, les rapports coloniaux ont comme par magie disparus. La Guadeloupe semble être à leurs yeux définitivement un « département français » et P…. ça ne se discute plus !

Et c’est en ce sens que ce « congrès du consensus », n’est en fait qu’un leurre, car notre réalité est quoique qu’en pensent Serva, Losbar, Lurel etc… - toujours coloniale - mais nos élus préfèrent ne pas le dire : on a peine à le croire le système colonial a réussi raboter, lobotiser les cerveaux !

Max Mathiasin. Ce néo-député en est l’exemple le plus significatif, le plus emblématique, et il nous faut le souligner. Ce Max Mathiasin a été dans ses années de jeunesse d’abord nationaliste (militant de feu AGEG*) puis jeune socialiste français aux côtés de Felix Proto, jusqu'à ce que Victorin Lurel décide lui faire la peau en l’écartant du PS. Aujourd’hui Mathiasin, qui ambitionne secrètement d’être candidat à la Présidence de Région se veut : le plus réactionnaire, le plus pro statu quo, le plus assimilationniste de tous, au point de déclarer sans ambages, que nous devons rien changer à la situation actuelle du pays : « En résumé, ce qui a été voté par les élus le 27 juin, sous couvert d’amélioration de la gouvernance locale, présente le risque, si la population n’y prend garde, d’entrainer le pays dans la réalité de l’article 74 de la Constitution. » (CP de Max Mathiasin au lendemain du congrès).

Mathiasin, tout comme Lurel en 2003, tente d’effrayer les guadeloupéens, en agitant l’épouvantail de la peur… mais Max ça ne fonctionne plus !

Révolte populaire violente et sauvage ? Car entretemps au fil de ses difficultés quotidiennes et récurrentes (Chu, Eau, Sargasses, etc..) le peuple guadeloupéen dans sa totalité a une autre lecture de sa réalité. Ils sont rares ceux qui n’ont pas encore compris que le système actuel est à bout de souffle. Ils sont rares ceux qui ne sont pas aperçus que le grand mouvement LKP de 2009 n’a pas réussi à faire baisser durablement ni le chômage, ni la délinquance, ni le cout de la vie. Alors notre peuple vivote, survit, mange son chapeau, mais ne se résigne pas, d’ailleurs sa confiance dans la classe politique ne cesse de se réduire. La question qui se pose est la suivante : le ras le bol croissant, va-t-il un jour prendre la forme d’une révolte sauvage et violente ? Notre histoire coloniale est on le sait, marquée par ces « coups de sang » ces « éruptions » qui ont pris des formes diverses.

Le Moule : Février 52, une grève dans le secteur sucrier. Basse Terre : Mars 67, révolte contre un acte raciste. Pointe à Pitre : Mai 67 conséquence d’une grève des ouvriers du batiment. Gwadloup : Juillet 1985 l’exigence de libération du militant MPGI Georges Faisans. Gwadloup : janvier 2009 LKP contre la vie chère…

Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC) Mais Il faut être pleinement lucide, aucune de ces « révoltes populaires » n’a eu l’impact et la portée de mai 1802, qui la 1ère guerre du peuple guadeloupéen, contre l’état colonial français esclavagiste ! Au cours de décennies 80 à 90, le Groupe Guadeloupéen de libération Armée (GLA) puis l’Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC) ont entamé une guérilla qui a tout de même un peu ébranlé le système colonial, lequel a dû alors entamer un semblant de négociation. Mais les nombreux attentats du GLA et de l’ARC n’ont pas été suffisants pour mettre le système colonial à genoux. Les Neg Mawon contemporains ont échoué…

LKP é UGTG antôtiyé. A la veille de grandes vacances 2019, où en sommes-nous ?

Au plan syndical, on s’est bien vite rendu compte que l’UGTG n’est plus ce qu’elle était. L’organisation syndicale qui dès 1973 avait pris position pour l’indépendance Nationale, semble avoir perdu sa capacité de mobilisation. Son principal dirigeant, qui a été le porte-parole du LKP Elie Domota, et qui bénéficia, quelques temps après 2009, d’une aura populaire et médiatique, n’a pas (encore ?) su et pu trouver les « zouti » pour (re) donner du « balan » à l’UGTG, et encore moins au LKP. Toutes les tentatives de (re) mobilisation sur des questions pourtant quotidiennes (eau, licenciements, santé, vie chère, chômage, Chu…) n’ont eu qu’un écho limité.

Le discours Archipélagique Chalusien. La nouveauté post-congrès a sans contestation possible été le fameux « Discours de l’Archipel » d’Ary Chalus. Le Président de Région, et son proche état-major, ont convoqué, un parterre d’élus triés sur le volet, de chefs d’entreprises, pour faire une sorte de bilan-auto promo-com à mi-mandat. De ce point de vue Ary Chalus n’a pas caché son optimisme. A-t-il convaincu ? tel n’était pas vraiment le but, car il ne s’agissait que le déroulé du catalogue électoral de 2015, qui s’appelait à l’époque « Changez d’Avenir ».

Soyons pragmatiques et lucides - qu’est ce qui a changé au cours de ces 3 dernières années Chalusiennes ? Une phrase du discours-fleuve de Chalus (26 pages !) résume l’état d’esprit du PDR : « La Région d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier, elle n’est pas encore celle de demain ; mais elle y travaille… » yes ! ok !

Chalus a hérité d’une Région en mode Lurel très technocratique. Pourtant en 12 années de « règne » Lurel n’a pas réussi à donner l’impulsion économique nécessaire à notre pays. Lurel souvent dans une posture narcissico-égocentriste, jamais à l’écoute de son peuple, en dépit d’une parfaite maitrise des dossiers économiques a déçu. Chalus, on le sait n’est pas un intello, mais il a l’intelligence pratique du terrain. On l’a parfois traité de populiste, mais il demeure par choix au « niveau de son petit peuple ». Donc le discours de l’Archipel, n’était rien d’autre qu’une piqure de rappel, destiné à se remettre sur rails en vue des prochaines échéances électorales ; Car quand on relit le discours, on voit bien que le PDR surfe sur ce qui doit venir : CHU, Lizin Santral, Audacia…des chantiers in process… Mais les problématiques récurrentes (Eau, Santé, chômage des jeunes, délinquance...) restent sans solutions immédiates, ni véritables engagements de changements réels, car chacun sait que les compétences actuelles de la collectivité ne peuvent en aucun cas bouleverser vraiment la donne. Le discours-programme de Chalus est à responsabilité limitée. Car en réalité, le pouvoir n’est pas domicilié en Guadeloupe.

Papa blanc, Pierre Yves Chicot et Drapo Gwadloup. Que ce soit sous LMC ( Chirac), sous Lurel ( Hollande) ou Chalus ( Macron) on se rend bien compte que c’est le papa blanc et parfois même son représentant le néo gouverneur-préfet qui a toujours le dernier mot. Le destin futur de la Guadeloupe n’est donc pas (encore) entre nos mains. Nos politiques même avec la meilleure bonne volonté, demeurent impuissants face à cette réalité coloniale. Le contrat de convergence, ne sera qu’un lélé pou gaga vwè, tant que ce pays le NOTRE et qui potentiellement peut s’en sortir, sera au stade où il est, nou ké rété la !

Ce n’était pas prévu dans la loi NOTRé, mais nous pouvons déjà avoir NOTRE drapo, c’est déjà çà ayen pli lèd !

Au congrès XVI qui sait si Pierre-Yves Chicot avec sa maîtrise habituelle de la constitution française ne nous dénichera pas un article 2/97-1 précisant que la Guadeloupe peut avoir son drapeau rouge vert jaune étoilé.

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

@danik on zclnews

Évaluer cet élément
(2 Votes)
CCN

Webzine cari-guadeloupéen créé en 2008. Notre premier objectif est d'établir par ce biais un véritable lien entre les caribéens, qu'ils soient francophones, créolophones, anglophones, hispanophones. L'information est donc pour CCN une matière première d'importance capitale.

Site internet : www.caraibcreolenews.com

Toute l'actu de la Guadeloupe et des Caraïbes.

Articles Populaires