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Une presse guadeloupéenne avec des journalistes libres ?

07 Jan 2020 Christian Celeste
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Pendant longtemps a circulé cette idée affirmée comme une vérité que la presse représentait dans la hiérarchie de la gouvernance : le 5ème pouvoir.

Sous-entendu que la presse était en capacité, d’une manière générale, de déterminer l’évolution des sociétés, de faire et de défaire des gouvernements. Des journalistes, chez nous, continuent à croire qu’ils ont ce pouvoir. Quelle prétention !

Certes, à certains moments de l’histoire, dans  certains pays et dans des situations en mutations sociales, économiques et politiques objectives, certaines presses, et pour être précis des journalistes engagés idéologiquement, ont pu donner sens et forces au mouvement réel existant, en dehors d’eux. Mais nulle part, la presse ou les journalistes n’ont fait la révolution, à l’exception bien sûr du travail d’ensemencement des idées et du travail de débusquage des tyrans et des prédateurs par une presse partisane et engagée.

La vérité est faite depuis longtemps que la presse, les médias, pour rester dans le temps présent, dans leur grande majorité sont devenus la caisse de résonnance, le canal par excellence par lequel les pouvoirs organisent l’aliénation, la dépendance et l’abrutissement des gens, avec la complicité de journalistes complaisants ou supplétifs.

N’allez surtout pas le dire à nos journalistes au-dessus de tout soupçon. Ils crieront à la délation et au mépris de la profession. Si, au moins, ils pouvaient faire la preuve du contraire.

Mais aujourd’hui, nous sommes passés à un autre niveau. On dit avec beaucoup de satisfaction, que nous vivons à l’ère de l’information. Entendez par là que l’information est devenue le fait dominant de la société, qu’elle détermine toute notre vie.

C’est vrai, qu’il y a une explosion des lieux de fabrication et de diffusion de l’information avec le développement du numérique, d’internet, des réseaux sociaux, de la fibre optique et toutes les applications qui vont avec.

Dans le même temps, la presse papier dont les articles traversent le temps et servent souvent de support à l’éducation, périclite.

Il y a donc une masse impressionnante d’informations qui circule, souvent incontrôlable, à telle enseigne que l’on parle aujourd’hui de fake news, de novlangue et de propagande.

Nos journalistes au-dessus de tout soupçon idéologique peuvent-ils soutenir  honnêtement que la presse qu’ils servent participe à l’élévation de la conscience, à l’éducation, à l’édification du patrimoine  historique, culturel, à la défense de notre terre et de notre environnement ? Les conditions de travail et de vie de l’homme guadeloupéen sont-ils des sujets qui trouvent place dans leur ligne éditoriale ?

En 2020, Nouvelles-Etincelles qui prend partie pour le peuple guadeloupéen qui s’exprime, librement, sans chaînes et sans fers, écrit par des journalistes engagés idéologiquement, et aussi sans chaînes et sans fers, continuera à déployer des efforts  pour sortir des difficultés qui menacent son existence, avec le soutien des militants, de ses lecteurs et annonceurs.

Il espère, néanmoins, car c’est un droit, que les aides annoncées par l’Etat au dernier trimestre 2019  seront étendues à toute la presse guadeloupéenne.

En tout cas, il confirme la poursuite  des  missions assignées par ses fondateurs dès son premier numéro publié le 7 juin 1944 : la vérité, l’éducation, la dénonciation de toutes les formes d’injustices, la mobilisation contre l’exploitation et l’oppression, pour la libération du peuple guadeloupéen.

*Christian Celeste, Directeur de rédaction de Nouvelles-Etincelles

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