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Covid 19 : Une élection pour rien ? Non, pas vraiment !

16 Mar 2020
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Macron s’est lui-même piégé. Pour n’avoir pas su, pu ou voulu prendre la décision qui s’imposait, celle de reporter les élections du 16 mars 2020 pour cause de grave crise sanitaire : le voilà lui et son Premier Ministre face à une situation totalement inédite.

Hypothèse 1 : Peuvent-ils maintenir le second tour le 22 mars prochain alors que le gouvernement est au stade 3 d’une crise qui s’accentue au point que, depuis ce weekend, les Français sont contraints de rester chez eux ?

Hypothèse 2 : Doivent-ils repousser à une date lointaine le second tour de ces élections et confirmer dans leurs victoires les maires qui ont été élus ?

La loi électorale française sur ce point est claire : une élection municipale se joue sur 2 tours et à 8 jours d’intervalle. Rien d’autre, sauf pour les villes de de moins de 1000 habitants

Un report à plusieurs semaines signifierait que les conditions de cette élection ne sont plus les mêmes, et une simple application du code électoral français obligerait à une annulation quasi totale de cette élection.  Car les deux tours ne sont pas détachables… En d’autres termes, il faudrait repartir à zéro. Politiquement est -ce possible ? est- ce souhaitable ?

 

Voilà le casse-tête législatif auquel le gouvernement français a été confronté. De plus, la décision d’annulation devait être très rapidement prise, car les nouvelles candidatures devaient d’-être enregistrée 48 h après le 1er tour.  Macron qui a consulté scientifiques et constitutionnalistes français et s’est vite rendu compte   que majoritairement, les présidents d’assemblées, les partis français souhaitaient un report du second tour. Et que par ailleurs la situation sanitaire   qui continue à se dégrader l’exigeait...

 

La Guadeloupe, qui est encore sous la tutelle française, n’avait aucun autre choix que de subir la décision venue de Paris.

Mais à situation exceptionnelle, décision exceptionnelle. Le Gouvernement français et son Parlement ne pouvaient décider autrement. Et prendre une décision législative inédite répondant à la situation actuelle, est une possibilité ?

Mais finissons-en avec toutes ces dispositions législatives françaises qui ne sont pas de notre ressort. Intéressons-nous à cette élection vue de la Guadeloupe.

Première remarque : Les parlementaires franco-guadeloupéens tels que Hélène Vainqueur (Trois-Rivières), Justine Benin (Le Moule) et surtout Olivier Serva (Abymes) ont tous été complètement balayés. Leur défaite est la preuve éclatante que ces élus de la Nation française sont en réalité coupés de la réalité de leur sol natal et donc déconnectés : Résultats ; ils ont tous été très sévèrement sanctionnés. Max Mathiasin, qui avait choisi de ne pas participer aux municipales, reste lui aussi positionné pour les Régionales

Les cas d’Olivier Serva et de Hélène Vainqueur sont sans aucun doute les plus symptomatiques

Le patron des députés, tel qu’il s’auto proclame, n’a ni tenu la distance, ni pesé lourd. Sa défaite est sans appel. Il faut l’admettre, face à Éric Jalton, Le député Serva, qui n’a pas cessé, des mois durant, d’accumuler des erreurs dans sa communication (qui était tout, sauf politique,) a été malmené, en kréyol ça s’appelle on kalpiket !

Serva aura du mal à se relever, car cette cuisante défaite (11943 voix pour Jalton, contre seulement 4275 pour Serva) hypothèque pour longtemps sa posture. Et pourtant, ce showman de la politique s’est dépensé et beaucoup investi à tous les sens du terme, pour tenter de ravir le fauteuil à son aîné. L’échec est donc que plus lourd.

Hélène Vainqueur, elle aussi député, a- subi une cuisante défaite face à son ex-dauphin, Jean louis Francisque, qu’elle avait elle-même intronisé quand elle avait remporté les Législatives 

Justine Benin n’a pas été en mesure d’inquiéter Gabrielle Louis-Carabin. Comme pour Serva, près de 7 000 voix d’écart.

Il faut dire que Justine Benin, au cours de cette campagne, n’a pas semblé maîtriser les sujets qu’elle voulait aborder. Toutes ses interventions médiatiques ont été dans le registre des généralités. On ne gagne pas une élection avec des « Ya qu’à » ou des « il faudrait que », ni en argumentant sur son souhait de faire du Moule une ville connectée !! lol

Autre particularité de cette élection, le retour sans surprise de l’ex-maire de Pointe-à-Pitre. Comme il fallait s’y attendre, les divisions des opposants n’ont fait que re-légitimer Jacques Bangou qui, depuis, a bénéficié d’un coup de main du néo gouverneur, quand ce dernier l’a contraint à démissionner. Les vieux pointois n’ont pas admis cela et c’est en réponse à l’attitude du représentant de l'État que Bangou s’est refait une santé. Face à lui, Harry Durimel, avec seulement 7,63% des suffrages, a été très en-deçà de son score habituel. Pourtant, le leader d’Oxygène avait même obtenu des soutiens inattendus

 Avec 600 voix, Tanya Galvani et Georges Bredent sont restés à leur niveau habituel. Les 2 avocats pointois pourraient, - s’il y avait un second tour, se rapprocher de leur « Cher Jacques » - dépassent tout juste la barre des 5%, ce qui signifie qu’ils n’ont que le choix déjà indiqué. En fait, Galvani et Brédent, sont naturellement des crypto-bangouistes proches de LREM. Sont-ils prets à s’allier à Durimel ? sauf miracle, c'est non

Car nos 2 avocats pointois, tout comme leur chef de file Serva, sont au plus bas car avec moins des 700 voix, ils ne sont pas en état de négocier avantageusement. Faute d’avoir refusé obstinément toute alliance, Tanya Galvani échoue lamentablement pour cette fois.

A Basse-Terre, Marie-Luce Penchard est en difficulté. André Atallah a réussi sa percée. Il est avec Hilaire Brudey, Jules Otto, Mornal les cartes gagnantes du PS pour  ce 1er tour. Est-ce à dire que le PS reprend sa place de 1er parti ? Oui, car avec pas moins de victoires, ou de bonnes réussites, il devance le GUSR, le PPDG et ce qui subsiste de la Droite. Sur ce plan. Lurel doit se convaincre qu’il a raison de se préparer pour les prochaines Régionales.

Enfin à Baie-Mahault, Hélène Polifonte, la maire sortante, a bien résisté à l’UGTG, résiste aussi à Sylvie Ano. Qui a beaucoup progressé.  Ary Chalus perd des points car sa campagne tardive a manqué de dynamisme...

Notons que cette élection, qui intervient dans une crise sanitaire aigue, après les problèmes de l’eau du Chu, etc., ne résoudra aucun de ces problèmes. Il s’agit juste d’un coup de vote.

Pour le reste, comme après chaque élection le peuple guadeloupéen restera sur sa faim et la vie continuera comme avant, dans la colonie.

Et si Macron le décide tout va recommencer dans quelques mois.

 

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CCN

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