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Nous les journalistes…

11 Mai 2020 Xavier Cordoval
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"Le propre de la vérité c’est de manquer de complaisance"Cette citation de Victor Hugo, a le mérite incontestable d'ouvrir le champ de la réflexion sur notre capacité individuelle ou collective à effectuer une véritable introspection. Il est de vérité, que la pandémie mondiale liées au Covid-19 et la crise sanitaire qui en découle, ont eu pour effet de voir fleurir sur les réseaux sociaux de nombreux posts, qui invitent, par leur argumentation richement nourrie, à une véritable remise en question.

La plupart d’entre eux, remettent systématiquement en cause la parole des élus et les politiques publiques qui en découlent.

S'il est entendu que le discours politique est régulièrement opposé aux actes, la rhétorique médiocre du gouvernement Français (communication dangereuse, hasardeuse, ubuesque et parfois mensongère) flirte aujourd'hui avec ses propres limites.

Convaincre par le biais d'arguments peu ou prou efficaces avant d'être vrais, a eu pour corollaire immédiat une défiance sans précédent du peuple français à l'égard de ses représentants politiques.

Une méfiance nourrie par des approximations inadmissibles et dangereuses à ce niveau de responsabilités.

L’annonce du retour précipité des plus jeunes élèves dans les établissements scolaires sous prétexte de rompre avec les inégalités sociales, étant l’un des actes majeurs de ces cafouillages covidiens.

Désormais les élus guadeloupéens font front et obtiennent l'adhésion massive des enseignants, des parents d’élèves et des organisations syndicales : pas d’ouverture possible des écoles dans un tel contexte sanitaire. Cette terrible sentence étant scellée par la lecture de l'improbable protocole sanitaire dont la grande complexité rivalise avec la stupéfiante multiplicité des règles à mettre en œuvre pour garantir la protection de ces jeunes enfants.

Trop de questions demeurent en suspens : les établissements seront-ils régulièrement désinfectés, quel accompagnement financier de l’état à destination de nos collectivités territoriales, l’organisation est-elle éprouvée et au final interrogation majeure : en cas de contamination d’un enfant qui serait pénalement responsable ?

Des questions aujourd’hui sans réponses ...et on le sait là où il y a un flou, il y a un loup. Le lien de communication entre l’émetteur étatique et le récepteur citoyen électeur s’est dégradé au fil de ces approximations et de ces mensonges récurrents.

Pour autant, dans le cadre de cette émission d’information, intervient un relais que sont les médias et par voie de conséquence les journalistes.

Malheureusement, force est de constater que sur des grandes chaînes d’information françaises les journalistes ne sont plus identifiés comme des vecteurs fiables et objectifs mais plutôt comme des portes paroles, véritables bénis oui-oui du gouvernement, régurgitant sans une once de modération, des synthèses orientées provenant de conférences de presses surréalistes.

Pas un mot sur l’état de santé des vingt enfants atteints du syndrome de Kawasaki* alors même qu'une forte coïncidence entre l'apparition de ces cas et la pandémie Covid-19 semble avoir été établie. Plus grave cette information a fuité du Royaume-Uni, alors même que plus d’une dizaine de cas étaient déjà connus et traités sur le territoire Français.

A l'échelle Guadeloupéenne, ce procédé existe également.

Le plus haut représentant de l’Etat, s'emploie de façon récurrente, sans aucune opposition, à détricoter à coup de réquisitions, les piliers de la décentralisation.

Un recul évident et permanent, sans réelles justifications de nos libertés individuelles.

Alors oui, pour qu’un système fonctionne, chacun doit y porter sa contribution: la communication politique est un maillon essentiel de cette chaîne.

En démocratie, il n’y a pas de consentement à l’autorité sans confiance et reconnaissance de légitimité.

En vérité, nous sommes en pleine crise de l’exercice démocratique car si on en croit les instituts de sondages : peu nombreux sont les français à accorder du crédit à la communication politique.

La conséquence directe, les corps intermédiaires pullulent, ils ont pris le pouvoir et choisissent de s’adresser sans intermédiaire à la population.

Un discours sans filtre qui féconde des réactions haineuses d’une population déçue, excédée et en perte de repères.

Dans ce concert et pour en revenir à Victor Hugo...Nous portons tous une responsabilité dans la recherche de cette vérité fondamentale, socle essentiel à la construction collective. Nous journalistes, en sommes les garants. Que nous soyons encartés ou pas, diplômés ou non, imposons-nous un maximum de rigueur pour être en mesure de servir notre communauté en protégeant la vérité car c’est là notre devoir. Nous le devons aux 30 000 âmes qui ont été emportées par ce virus et qui pour certains auraient pu être sauvés s’ils avaient été informés en temps et en heure sur les mesures de précaution et s'ils avaient disposés des moyens efficaces de protection au moment opportun.

Mais ...mais là nous laisserons la justice de la république favoriser sans complaisance la manifestation de la vérité.

* NDLR. La maladie de Kawasaki également appelé « syndrome lympho-cutanéo-muqueux » ou « syndrome adéno-cutanéo-muqueux est une vascularite, impliquant parfois des artères coronaires, qui tend à se produire chez les nourrissons et les enfants âgés de 1 à 8 ans. Elle est caractérisée par une fièvre prolongée, un exanthème, une conjonctivite, une inflammation des muqueuses, et une adénopathie.

Le CHUG  est réputée pour la qualité des soins  prodigués dans traitement de cette pathologie
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