Breaking News

Une nouvelle guerre de l’eau : Chevry contre Chalus ?

11 Jan 2016
1208 fois

Rien n’est jamais simple dans notre pays. La question de l’eau, de sa  qualité de son prix  des scandales liés à sa production et à sa gestion sont à l’ordre du jour depuis  déjà des décennies. Les guadeloupéens du nord au sud ont tous trinqué. Les tours d’eau en période  de sécheresse  ou pas  sont la preuve  que le précieux liquide naturel est non  seulement une denrée rare,  mais l’objet de très graves conflits politico-aquatiques. Qu’on se souvienne que l’actuel maire de Capesterre  Belle Eau, la bien nommée, doit  en grande partie son  élection, à son « combat » de l’époque.

 Qu’on  n’oublie pas  qu’en 2009 , au plus fort de ce désormais mouvement historique appelé LKP, la question de l’eau  et sa résolution avait été autant  que les 200 euros, au cœur des  négociations avec l’état français  et les collectivités dites majeures.  La problématique d’un syndicat unique de l’eau, la dénonciation du rôle  néfaste des multinationales  qui « gèrent »  notre eau a été  et  demeure encore d’actualité.

Au cours des derniers jours de son « règne  » Jacques Gillot, alors à l’époque en  bon lyannaj  avec Victorin Lurel  a même tenté à  plusieurs reprises de réunir autour d’une table les acteurs essentiels de  la production de  l’eau.

Il a souvent aussi  question été  d’un syndicat unique de l’eau.  Mais les  élections de  mars  2015  et  donc la guerre Lurel/Gillot ont fermé le robinet.

 Pas  pour très longtemps, car à peine arrivée (revenue ?)  aux affaires,  Josette Borel  Lincertin a annoncé que la question de l’eau demeurait l’une de ses   priorités.  Elle  l’a dit lors de son discours d’investiture.

 Mais un peu avant , le maire de Saint Français, qui avait « hérité » du SIAEG , et surtout de son passif, a sans doute cru,  qu’il allait  pouvoir, en succédant  à A. Hernandez, faire oublier , voire effacer , ce qui semblait  s’apparenter à un véritable scandale   politico-financier. Le rapport de la  chambre régionale, que tout le monde connaît  est  très explicite.  Des millions et des millions  d’eur-EAU, ont servi à  tout sauf à résoudre les problèmes  posés  par la   très calamiteuse gestion de l’eau. On a bien cru un instant que  le lourd dossier  du SIAEG aurait connu un épisode judiciaire,  mais  sans doute par un de ces hasards  qui font les délices  de la vie politique dans la  colonie ,  l’enquête  sur de  possibles  malversations ,  est  mystérieusement… tombée à l’eau ! . Pas de coupable désigné, tout va bien, la vie continue, mais l’eau ne coule toujours pas dans tous les  robinets .

La semaine  dernière, alors qu’ Ary  Chalus, tout juste arrivé au pouvoir, s’activait à  monter son cabinet présidentiel,    une importante et énième réunion  se tenait. Il s’agissait,  de porter sur les  fonts baptismEAUX, le fameux  et fantomatique syndicat unique de  l’eau. Tout le  monde ou  presque est venu, sauf Lucette Michaux Chevry.
La présidente de la communauté d’agglo du Sud Basse Terre, a délibérément  décidé  de boycotter cette  réunion. D’abord LMC considère et c’est son cheval de  bataille depuis longtemps, que  les  sud basse  terriens en particulier, et  les guadeloupéens en général,   n’ont  pas à  payer  pour effacer les « gabegies » du SIAEG.  Au  delà, de cette  prise de  position , il ne faut pas non plus  sous  estimer,  les  graves divergences politiques  de LMC avec  Laurent Bernier,  président du SIAEG  qui  fut  un fils  prodigue  d’Objectif Guadeloupe, l’ex parti  de LMC.  On aurait pu aussi  penser que le ralliement, à la dernière minute , de Bernier à  la « dynamique Chalus »  pourrait  faciliter un  rapprochement avec Marie- Luce Penchard (MLP) et sa mère, mais un autre fait est venu compliquer la donne. Pendant  récente campagne des  Régionales, LMC  n’a pas  ménagé   les efforts. Dans son entourage   on admet,  qu’elle s’est beaucoup  investie, y compris financièrement, pour « soutenir »  sa fille et  faciliter  le  déchoukaj  de  Lurel. Même s’il n’était pas  question que MLP soit la patronne de la Région, LMC espérait que MLP serait à minima ,1ère Vice Présidente. Ce ne fut pas le cas. LMC on l’imagine ne l’a pas digéré.  Son absence lors de l’investiture de Chalus  n’a pas été  non plus un fait anodin.  Fort de tout cela, on  comprend alors  pourquoi  la patronne de la CASBT  se soit « raidie » et refuse de  rejoindre le syndicat unique.

Ary Chalus, pourra t’il  la convaincre ?  On peut en douter. Le dossier  de l’eau s’ajoute aux autres petites rancoeurs et déceptions  et cela  ne peut en aucun pas faciliter les rapports.

 Il ne serait pas  absurde de penser que les choses  puissent  se compliquer  pour Chalus.  LMC tiendra   tant  qu’elle le pourra,  sa position  concernant le syndicat unique. 

Oui  et non   et  LMC ne l’ignore  pas,  car  en fin de compte,  il faudra de l’argent et beaucoup d’argent pour remettre les  réseaux en état.  LMC sait aussi que les financements ne peuvent  venir que de l’état colonial ou des fonds européens.  

Mais LMC qui est  quoiqu’on dise, à la  fin de sa   longue  carrière politique, n’a  plus rien à perdre… Elle peut même si besoin  prendre des le jouer  en « kamikaze »

La Dame de  l’Eau , va  elle  donc  dans  un  bras de  fer politico-aquatique mettre Chalus en difficulté et profiter ainsi pour régler  TOUS ses «  comptes ». ?

La nouvelle  gouvernance  régionale à peine installée va  t-elle  déjà entrer dans une  zone  de turbulences. ? 

 A quelques jours de la 1ère plénière, de la Région,  le ciel semble déjà s’assombrir, la météo n’est pas au beau fixe.   La Guadeloupe est une  ile coutumière des   cyclones et autres ouragans donc…

Évaluer cet élément
(4 Votes)
Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

Connectez-vous pour commenter

Toute l'actu de la Guadeloupe et des Caraïbes.

Articles Populaires