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Vers un Gwadexit ?

23 Fév 2016
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En 2014 de par notre statut de dernière colonie francaise, les guadeloupéens « participent » (le mot n’est il pas trop fort ?) aux élections européennes. Les résultats obtenus feront le désespoir de la classe politique et des francais : plus de 82% des électeurs guadeloupéens ont boudé les urnes de ce vote européen. Et pourtant les partisans de l’indépendance de la Guadeloupe, qui sont aussi anti européens, n’ont même pas eu à faire campagne pour l’abstention.

Le peuple Guadeloupéen dans sa majorité semblait déjà avoir compris qu’il n’est et ne sera jamais européen, quoi qu’on lui dise.  

Ce refus très majoritaire des guadeloupéens de participer à des élections européennes, pouvait il être compris à posteriori comme un désir inavoué d’un Gwada Exit, c’est à dire une volonté de sortir de l’Europe ? 

Il serait excessif voire simpliste, même d’un point nationaliste de conclure que l’abstention massive des guadeloupéens aux élections européennes puisse être considéré explicitement comme un Gwadexit.

Mais il serait tout aussi erroné de ne pas tenir compte de cette réelle désaffection à l’endroit de l’Europe.

A un moindre degré les élections présidentielles francaises ne sont pas non plus celles qui mobilisent le plus l’électorat guadeloupéen. Au second tour de l’élection présidentielle francaise, de 2002 l’abstention atteint les 61%.

En 2004, Victorin Lurel prend le pouvoir à la Région, le logiciel change. Lurel réussit à inverser à deux reprises la tendance en (re)mobilisant en 2007 et 2012 l’électorat guadeloupéen.

Les stats de l’abstention s’inversent, totalement. La participation des guadeloupéens, aux présidentielles françaises dépasse les 6O%. On peut alors penser que la Guadeloupe a basculé dans le « socialisme « en mode Lurel -Hollande. 

Mais la réalité est toute autre. Car en fin 2012, Lurel, est déjà en fin de parcours, mais il ne le sait pas encore, car dés octobre 2012, on s’aperçoit que sa  côte de confiance de s’effrite (sondage Qualistat). En l’espace d’un an, il a perdu 9 points (24%  à 18%). Celle d’Ary Chalus ne cesse de croitre. A l’époque personne dans le camp des lurélistes ne semble s’en préoccuper. 3 ans après, en décembre 2015, le glas final de Lurel a sonné. Le vote en faveur de Chalus est il déjà le signe  avant coureur d’un Gwadexit ?

Chalus, et son team sont ils en mesure, en 2017 à l’occasion de prochaines présidentielles francaises de faire mieux que Lurel ?  

Rien ne le laisse augurer. D’abord Chalus n’ jamais été un socialiste, sa trajectoire politique, n’est pas non plus celle d’un homme de gauche stricto sensu. Il serait étonnant de voir Chalus, Lurel, Gillot, Losbar Penchard et Serva dans le même attelage battant la campagne pour faire réélire Hollande. Pour qui Chalus va t-il rouler ?

Chalus rappelons le, arrive à la présidence de la Région au moment où l’état francais réduit drastiquement ses dépenses.

Au moment ou le code du travail est revu et corrigé et mis à la botte du grand patronat.

Chalus est au pouvoir quand le Medef Guadeloupe se montre le plus « critique » à l’égard de la politique économique de  l’état francais actuel  et va jusqu'à faire « un projet de développement « pour les dernières colonies ! Le Medef dans son projet souligne qu’il faut « lever les attitudes de type coloniales des administrations européennes »… Oui   oui, vous avez bien lu c’est le  Medef qui  a écrit ça.

Dans ce document d’une centaine de pages, que CCN a lu, au fil des « propositions » l’organisation patronale française, en matière économique, semble vouloir aller beaucoup plus loin que le programme économique des Serva/Chalus et concerne tout autant la Martinique de Maire Jeanne, que la Guyane de Rodolphe

En fait, si Gwadexit, il y a il serait dicté par le Medef. Faut-il enfin signaler que le Medef  est totalement muet sur l’intégration de nos pays dans la Caricom ? Rien non plus sur l’AEC.

C’est donc bien d’un Gwadexit qu’il s’agit, mais pas celui qui nous sortira de l’ère coloniale franco-européenne…

Et que disent nos politiques ? Rien. Le Medef officialisera ses propositions vendredi prochain en présence d ‘Ary Chalus, qui devrait les cautionner. Je vous dis que l’heure est grave…

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Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

1 Commentaire

  • Agostino
    Agostino mercredi, 24 février 2016 15:01 Lien vers le commentaire

    GWADEXIT ? C'est par où la sortie ? C’est à portée de main. C'est possible, faisable, envisageable, souhaitable... Il suffit d’en être convaincu, de tenter de convaincre nos compatriotes, de le vouloir, d’oeuvrer pour, de militer dans cette perspective. GWADEXIT ! La sortie se trouve au bout du chemin qui conduit aux urnes. Un référendum et beaucoup de choses peuvent changer. En créant, pour la Guadeloupe une collectivité dotée de l’autonomie ainsi que le prévoit l’article 74 de la Constitution et en devenant PTOM comme le préconise le CIPPA. Comment est-ce possible ? Pourquoi y parvenir ? Quels sont nos intérêts à changer de statut ? Que nous disent les textes ?
    Le CIPPA l’a écrit dans son projet d’évolution statutaire de la Guadeloupe, que “Le traité de Lisbonne (traité constitutionnel européen) prévoit une clause passerelle, permettant de faire passer d’une région ultrapériphérique à un statut de territoire d’outre-mer, et vice-versa.”
    http://cippa.gp/projet-devolution-statutaire-pour-la-guadeloupe/
    Applicabilité du TFUE et du TUE
    En vertu de l'article 355 du TFUE (ex-article 299, paragraphe 2, premier alinéa, et paragraphes 3 à 6, du TCE), les deux traités sont applicables aux pays et territoires d'outre-mer (PTOM) : Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Terres australes et antarctiques françaises, îles Wallis et Futuna, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon et Saint-Barthélemy. Ces PTOM sont définis à l'article 198 du TFUE(ex-article 182 du TCE), aux termes duquel les collectivités mentionnées ci-dessus constituent, au sens du droit de l'Union, des « pays et territoires d'outre-mer » qui font l'objet d'un régime spécial d'association défini par la quatrième partie du traité.
    En application de cet article, et conformément à l'interprétation qu'en ont donnée les institutions de l'Union européenne (voir notamment CJCE, 12 février 1992, Leplat, aff. 260/90, point 10), ni les dispositions générales de ce traité, ni le droit dérivé ne sont applicables aux PTOM sans référence expresse. Le Conseil d'État s'est prononcé dans le même sens dans un avis du 13 février 2003 sur le projet de loi autorisant la ratification de l'accord sur le commerce, le développement et la coopération entre la Communauté et ses États membres, d'une part, et la République d'Afrique du Sud, d'autre part.
    Il convient dès lors, pour connaître les dispositions de ce traité applicables aux PTOM, de se référer à la quatrième partie de ce traité relative à l'« association des pays et territoires d'outre-mer » (articles 198 à 204 du TFUE, ex-articles 182 à 188 du TCE) ainsi qu'aux décisions du Conseil déterminant les modalités et les caractéristiques de l'association, dont la dernière en date est celle du 27 novembre 2001 (n° 2001/822/CE) relative à l'association des pays et territoires d'outre-mer à la Communauté européenne.
    La quatrième partie du traité traite notamment :
    du régime des échanges commerciaux entre les États membres et les PTOM (article 199). Le principe est un principe de réciprocité des régimes que les États s'accordent entre eux et que les PTOM appliquent avec l'État européen avec lequel ils ont des relations particulières ;
    des investissements financés par l'Union (article 199) ;
    du droit d'établissement (article 199). Il est réglé conformément aux dispositions et par application des procédures prévues au chapitre relatif au droit d'établissement et sur une base non discriminatoire, sous réserve des dispositions particulières prises par le Conseil en vertu de l'article 203 du traité ;
    des droits de douane (article 200). Les importations originaires des pays et territoires bénéficient à leur entrée dans les États membres de l'interdiction des droits de douane qui intervient entre les États membres. À l'entrée dans chaque pays et territoire, les droits de douane frappant les importations des États membres et des autres pays et territoires sont interdits. Toutefois, les pays et territoires peuvent percevoir des droits de douane qui répondent aux nécessités de leur développement et aux besoins de leur industrialisation ou qui, de caractère fiscal, ont pour but d'alimenter leur budget ;
    de la libre circulation des travailleurs (article 202). Sous réserve des dispositions qui régissent la santé publique, la sécurité publique et l'ordre public, la liberté de circulation des travailleurs des pays et territoires d'outre-mer dans les États membres et des travailleurs des États membres dans les pays et territoires est régie par des actes adoptés par le Conseil sur le fondement de l'article 203 du TFUE.
    La décision du Conseil n° 2001/822/CE du 27 novembre 2001 relative à l'association des pays et territoires d'outre-mer à la Communauté européenne comporte des dispositions relatives :
    aux échanges commerciaux (articles 35 à 43) ;
    aux domaines liés au commerce (articles 47 à 54). Un ensemble de règles a été établi. Elles recouvrent des domaines tels que les paiements courants et mouvements de capitaux, la concurrence et la protection de la propriété intellectuelle ;
    au droit d'établissement et à la libre prestation de services (articles 44 à 46). Les autorités compétentes des PTOM traitent sur une base non discriminatoire les sociétés, ressortissants et entreprises des autres États membres, conformément aux règles communautaires sur le droit d'établissement, sous réserve de réciprocité. Néanmoins, dans le but de promouvoir ou soutenir l'emploi local, les autorités d'un PTOM peuvent établir des réglementations, en faveur de leurs habitants et des activités locales
    https://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Guide-de-legistique/III.-Redaction-des-textes/3.6.-Application-et-applicabilite-des-textes-outre-mer/3.6.3.-Applicabilite-outre-mer-du-droit-de-l-Union-europeenne
    “Les pays et territoires d’outre-mer (PTOM) dépendent constitutionnellement de quatre États membres de l’Union européenne: le Danemark, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Les ressortissants des PTOM sont des citoyens européens.
    Cependant, ces pays ne font pas partie du territoire de l’UE. Ils ne sont dès lors pas soumis directement au droit de l’UE, mais bénéficient du statut d’associé qui leur est conféré par le traité de Lisbonne. Cette association a principalement pour objectif de contribuer à leur développement économique et social.”
    http://www.exporthelp.europa.eu/thdapp/display.htm?page=cd/cd_PaysEtTerritoiresDOutreMer.html&docType=main&languageId=fr
    C’est le projet que le CIPPA défend depuis sa création. Extraits et liens ci-après :
    “Dans un système de libre échange nous ne sommes à l’heure actuelle compétitifs ni par rapport aux pays industrialisés qui ont une meilleure productivité, ni par rapport à nos voisins du Sud qui ont un coût du travail nettement inférieur.
    Il n’est pas question de ne pas commercer, mais il faut réguler le marché. Pour cela, il y a nécessité de mettre en œuvre des soustractions partielles au règles habituelles du marché, c’est-à-dire à la loi du plus fort. Cela est possible en instaurant des mécanismes douaniers et fiscaux à l’importation et une organisation du marché à l’intérieur qui permettent la préférence guadeloupéenne.
    Ces mécanismes sont largement décrits dans deux ouvrages d’Alain PLAISIR : Conquête du marché intérieur et la Préférence Guadeloupéenne”
    http://cippa.gp/la-guadeloupe-un-pays-en-faillite-2/
    http://cippa.gp/face-au-libre-echange-commercial-de-lue-une-agriculture-de-subsistance-protegee/
    http://cippa.gp/laccord-de-partenariat-economique-ape-un-accord-neo-colonial/

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