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Assez des chiraj politiciens !

31 Mar 2016
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Dans l’hémicycle de la collectivité régionale à Basse-Terre, le jeudi 24 mars, le débat sur les orientations budgétaires de l’année 2016, le premier exercice comptable de la mandature Chalus, fut particulièrement mouvementé.  A l’analyse,  cette 3 ème plénière,  comme on s’y attendait, fut  un classique remake, voire une chronique d’une querelle  annoncée. Comme pour ne pas sortir d’un rituel post-électoral,  il s’agissait pour la  nouvelle majorité de dénoncer une ardoise (supposée ou réelle) d’un ex-majorité jugée truqueuse, mal-intentionnée voire incompétente. A contrario, pour les sortants, il fallait montrer l’incapacité d’une équipe hétéroclite, à tenir des promesses électoralistes. Conséquence : d’un côté comme de l’autre il faut désigner à la vindicte populaire des coupables, voire d’impénitents  incapables ! Faut-il en pleurer, faut-il en rire ? C’est à  croire que nous sommes encore en pleine campagne électorale ? Prenons-y garde ! Les querelles de mots peuvent être sans fin. On peut s’y épuiser sans jamais vaincre ni convaincre. Ces querelles récurrentes  indiquent une difficulté  à penser la complexité du drame auquel le peuple guadeloupéen fait face.

Vu les brûlantes et urgentes attentes (eau, transport, déchet, chômage, violence), la classe politique, faisant preuve de mansuétude, aurait pu épargner à une population, ne  sachant toujours pas à quel saint se vouer, une bataille indigeste de chiffres pour tout réconfort.

Pourquoi, vouloir exiger d’une population (comme à certains élus)  de devenir derechef des phénix en comptabilité publique et  d’en appeler à leur aveugle arbitrage ! Il faut savoir mettre fin à ces joutes politiciennes.  Le  carnaval, même sous les tropiques, et surtout dans un hémicycle,  ne peut pas  durer toute l’année et toute une mandature. Il y a beaucoup mieux à faire !

Budget primitif, budget supplémentaire, compte de gestion, compte administratif, les politiques ont décidément appris beaucoup du clergé qui faisait la messe en latin, sachant pertinemment que ses brebis, bêlant aussi en latin,  n’en pipaient mots. Est-ce donc là l’essentiel lorsque l’on doit faire face à tant  de besoins à satisfaire ?

L’équipe en place ne doit-elle pas d’abord s’atteler à la tâche. Sa victoire fut suffisamment large pour n’avoir pas besoin de se justifier ni de se démarquer des autres. S’il y a eu gaspillage, prébendes, gabegies voire détournements, la justice financière et pénale est là pour cela. L’opposition pour sa part, plutôt que de se morfondre en regrets et en remords, devrait davantage faire part de ses propositions voire même des solutions retenues antérieurement.

C’est là notre antienne. La presse est une interface entre les institutions et les citoyens. Plus que jamais nous insistons sur le rôle d’un presse citoyenne et responsable, privilégiant une pédagogie mieux adaptée pour la compréhension de concepts complexes. Mais comme toutes les entreprises confrontées à des difficultés et à des restructurations urgentes car salutaires, elle doit elle aussi prétendre à l’aide des pouvoirs publics,  de mécènes et de citoyens éclairés, comme dans l’Hexagone et autres pays démocratiques. L’ennemi de la démokrasi  particulièrement sous nos cieux,  est l’ignorance et l’obscurantisme.  Il n’y a de bons citoyens que des citoyens instruits car bien informés. Mais cette  préoccupation essentielle, est loin d’être  partagée par ceux qui  aspirent terriblement à être nos confesseurs et  nos “directeurs”de conscience !

Il n’y a pas en effet pire malheur  que de ne pas pouvoir ressembler à son ennemi !  En politique c’est particulièrement vrai ! Ce que l’on dénonçait dans l’opposition, on le reconduit une fois arrivé au pouvoir.

Malheur donc aux vaincus ! Après l’impôt Proto (l’homme politique qui a le mieux et le plus  réalisé en matières d’infrastructures sur tout le territoire), instauré par LMC pour justifier de  supposées gabegies. Après l’impôt Chevry  instauré par V. Lurel pour justifier l’incompétence supposée de LMC, devrions-nous, nous attendre là aussi à un désaveu cinglant de la gestion Lurel, et à en payer le prix par l’impôt ou par l’emprunt ? Accusé, lui-aussi d’avoir dilapidé les fonds pour se faire réélire, et surtout  pour ne pas laisser les coudées franches à son éventuel remplaçant, Lurel aurait donc privé Chalus de ressources suffisantes pour réaliser un  programme, légitimé, même massivement, par la population. Bigre !

Que reste-t-il donc aux nouveaux arrivants, sinon les mêmes ficelles consistant à :

1) Opérer un audit (qui se résume à une bataille de chiffres, sans  jamais des poursuites individuelles et collectives ?)

2) Lancer  un emprunt  ou infliger un impôt ayant le nom de l’imposteur !

3) Dénoncer certains travaux dont l’urgence et le bien-fondé ne sont pas  avérés.

Pityé pou Gwadloup ! L’urgence commande. Oui, je crois que l’équipe Chalus a tout à gagner, et le pays avec, à se projeter sur l’avenir et à se concentrer sur la satisfaction des besoins immédiats de la population (ex relancer la commande publique par des équipements sportifs de proximité). Vu l’état de délabrement économique, social et moral du pays, nous appelons au sursaut. De Tous ! La Guadeloupe  qu’on se le dise, mérite mieux, car elle n’a rien à gagner dans l’immobilisme et ces sempiternels chiraj  politiciens. Ankô, on krim kont péyi la !

  • Jean Claude Rodes est  directeur  du  Progrès Social
  • Les titres des éditos  sont  toujours  de la rédaction de CCN
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Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

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