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Des politiciens plus occupés par leur égo et leurs mandats…

03 Mai 2016
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OUI,  “quand le bâtiment va, tout va”. Mais quand il ne va pas, c’est la bérézina ! Le BTP tient une place prépondérante dans notre économie. C’’est l’un des premiers pôles de recrutement en Guadeloupe.  Faut-il rappeler que le  poids du secteur du bâtiment en Guadeloupe est deux fois plus important que dans l’Hexagone. Il représente 11% de la valeur ajoutée et 13% des effectifs salariés, sachant que l’artisanat qui tient une place prépondérante dans le BTP n’est que partiellement comptabilisé, et que le nombre total d’emplois est plutôt voisin de 14.000. Il comporte une majorité́ d’entreprises de très petite taille (- de 10 salariés).  Il serait donc irresponsable de rester sourd à la  protestation commune des trois fédérations du BTP Antilles-Guyane, qui arrive après une semaine de blocage à l’île de la Réunion. Ce n’est qu’une première alerte auprès du gouvernement et des collectivités locales sur la situation de ce secteur de l’économie.

Les constructeurs réclament en premier lieu le déblocage des dossiers de défiscalisation à Bercy qui ralentissent considérablement le lancement des grands chantiers. L’Etat par toutes sortes de ficelles administratives et en retardant les agréments fiscaux réduit ainsi sa participation financière aux projets d’investissement, notamment dans le logement social. On fait les économies qu’on peut !

Deuxièmement, le BTP revendique, toujours dans le même ordre idée, la relance de la commande publique. En effet en Guadeloupe, depuis la fin de la construction de la centrale EDF et du MACTe, aucun chantier d’envergure n’a été lancé. La demande en ciment est en chute libre surtout dans les livraisons en vrac qui concernent justement les chantiers publics. C’est une lapalissade que de réaffirmer ici que le marché du bâtiment repose pour beaucoup sur la commande publique. Quand on connaît l’état des finances des collectivités majeures et de nos communes et leur incapacité à porter et financer certains projets, malgré l’apport de fonds européens, on pense bien que l’avenir n’est pas rose. D’autant, qu’à cause  de politiciens, plus occupés par leur égo et leurs mandats,  qu’à penser la Guadeloupe et la réelle incapacité de nos entrepreneurs à se fondre dans un team Guadeloupe pour répondre à la concurrence hexagonale mais aussi européenne, il y a nombre de financements qui échappent à l’économie locale.

La responsabilité de la Région  Guadeloupe avec  la loi   sur la nouvelle organisation territoriale de la République - dite “loi Notre” -  qui  confie de nouvelles compétences aux régions dans le domaine du développement économique, de l’attractivité, du développement des territoires et de l’emploi est ici écrasante. En effet, avec cette loi les Régions pourront adopter des “ schémas prescriptifs “garantissant la cohérence des actions menées par les différentes collectivités pour le développement économique et l’aménagement du territoire.

Ici aussi, la responsabilité de l’Etat n’est pas mince lorsqu’on constate les lenteurs pour la reconstruction du CHU ou celui du plan de confortement ou de reconstruction des écoles selon les normes para-sismiques.

Enfin le second pilier du bâtiment, la commande privée — particulier et bailleurs privés — commence tout juste à redémarrer après deux années de calme plat.  La forte baisse des taux d’intérêt y est sans doute pour quelque chose même si les banques restent encore prudentes sur les dossiers de financement.

C’est dire que  pour le secteur du Bâtiment chez nous, les principales incertitudes restent liées au degré de performance  de la filière ou encore aux politiques publiques incitatives en matière de logement, de routes et de grands travaux. Mais  ce ne sont pas les seules interrogations. Il faut également mesurer l’impact tant sur le plan quantitatif (combien de logements) que qualitatif (quel type de logement) des évolutions de nature sociologique ou démographique qui risquent d’impacter l’activité de la construction de logements neufs et/ou celle de l’amélioration et la rénovation  : vieillissement de la population, familles monoparentales, rapprochement lieu de travail / lieu d’habitation, stratégies patrimoniales de placements...

Tertio et surtout, le BTP exige la reprise des paiements des chantiers déjà exécutés. Il s’agit là d’un effet pervers du changement de majorité régionale quand la nouvelle gouvernance a bloqué les règlements de factures. Le vote récent du Budget Primitif devrait permettre de relancer ces paiements dès cette semaine. Cette problématique n’est pas  inhérente au seul BTP. Ce sont toutes les petites entreprises qui ont souffert et qui souffrent encore de cette situation. Car ces dernières restent tributaires de leur “maigre” trésorerie. Elles ne peuvent en général pas se retourner vers leurs banquiers qui malgré cette  période de disette restent sourds à leurs attentes !

Par conséquent, loin de réduire et de freiner les projets de chantiers, il est absolument nécessaire de relancer la machine et de remettre de l’huile dans les rouages. Sans compter que le pays a effectivement besoin de nombreux équipements structurants telles que les déviations, l’élargissement des ponts à voie uniques, la remise à niveau des écoles, les équipements sportifs de proximité, les lieux de diffusion culturelle etc…

Il est tout aussi impératif et urgent pour l’avenir, de régler le problème, dans toutes les communes, de l’accès au haut débit à coût abordable.

C’est le moment de prendre les bonnes décisions. Il y a un pays à non pas à construire, mais à bien construire. Enfin !

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Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

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