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Osons le changement !

25 Mai 2016
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On est en droit de penser que la crise est entrée dans une phase aiguë dont les consé- quences prévisibles ne peuvent plus être ignorées : faillites en cascade, licenciements massifs, pénuries, augmentation des prix, bref, tous les ingrédients se mettent en place pour une dégradation irréversible des conditions de vie des Guadeloupéens et pour hypothéquer toute perspective viable de développement.

Lorsque deux compatriotes se rencontrent ils se saluent généralement en échangeant cette expression : kenbé rèd et en réponse : Fô w  kenbé !. Ce qui voudrait dire que le pays traverse une situation difficile qui affecte individuellement la vie d'une majorité de Guadeloupéens. Cela n'est pas seulement un ressenti. Car, la situation actuelle confirme l'ampleur de la crise qui frappe notre société. Il y a un dicton qui dit que : quand le BTP, va, tout va ! Alors, lorsque les entreprises des BTP de Guadeloupe lancent un cri d'alarme et menacent de passer à l'action pour ne pas sombrer, il y a là un baromètre qui indique que l'économie du pays avance vers un point de rupture.

Quand, les artisans guadeloupéens qui représentent une grande partie des entreprises locales s'adressent directement au Président de la République française dans une lettre ouverte, véritable SOS avant de sombrer définitivement. Quand les professionnels de la viande, organisés dans l'IGUAVI lance aussi un appel au secours pour ne pas mourir. Lorsque les syndicats des salariés et des fonctionnaires expriment dans les rues de la Guadeloupe leur ras-le-bol et leur volonté de ne pas faire les frais d'une crise dont ils ne sont pas responsables.

On est en droit de penser que la crise est entrée dans une phase aiguë dont les conséquences prévisibles ne peuvent plus être ignorées : faillites en cascade, licenciements massifs, pénuries, augmentation des prix, bref, tous les ingrédients se mettent en place pour une dégradation irréversible des conditions de vie des Guadeloupéens et pour hypothéquer toute perspective viable de développement. Que les entreprises, les syndicats et les élus politiques s'adressent au gouvernement français, à la Commission européenne, aux col- lectivités pour réclamer ce qui leur est dû ou a été promis dans le cadre du système, ils sont dans une démarche qui vise à panser les plaies, à repousser les échéances, à jouer leur survie.

Mais, la Guadeloupe pourrait-elle tenir longtemps encore dans cette situation d'incertitude, de décrets d'application différés, des restrictions de Bercy et de Bruxelles. Non ! Cela n'est plus possible. Il faut se rendre à l'évidence que c'est le système économique et politique qui est bancale, qui n'est pas adapté aux impératifs de notre développement endogène, inséréré dans son environnement naturel : La Caraïbe. Il faut arrêter la recherche de politiques d'ajustement, de dérogation, d'assistanat économique. L'heure est venue de changer de cap, de prendre le chemin de la responsabilité, si nous voulons vraiment construire un pays qui est le nôtre. L'heure est venue de rompre avec le système d'assimilationintégration qui organise le déclin et menace la cohésion de notre communauté. Il faut oser le changement politique et économique. Cela doit être, aujourd'hui, l'engagement de chaque Guadeloupéen qui croit que son pays, la Guadeloupe, à un avenir.

* Christian  Celeste  est  le directeur des Nouvelles  Etincelles

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