Breaking News

Conflit de l’eau : La politique du mensonge

10 Jui 2016
2459 fois

Un observateur objectif sans parti pris qui se pencherait sur les résultats des élections en Guadeloupe ces 20 dernières années pensera naturellement qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans ce pays.

Il y a pour le moins une relation bizarre entre les électeurs et les élus guadeloupéens. Car, à la lecture des programmes, à l'écoute des interventions médiatisées des candidats on se rend compte que ce sont ceux qui vendent la même «soupe» depuis des années qui sont en haut des affiches, qui sont élus ou réélus. Le pire, c'est qu'ils sont élus sur des programmes ou des promesses jamais tenus, jamais réalisés, en tout cas, à l'échelle de l'intérêt général où nous nous plaçons. Depuis plus de 20 ans tous les élus font campagne et sont élus pour résoudre définitivement les problèmes : de l'eau, des déchets, des transports, du chômage…

Aujourd'hui, aucun de ces problèmes n'a connu un début de solution. Pourtant, les élus continuent à parler, à se réunir et à promettre que demain on rasera gratis. Est-ce une injure à la démocratie ou du mépris pour ceux qui ont la légitimité du suffrage universel. Pas du tout, il s'agit d'un constat qui nous alarme et qui n'est pas démenti par les électeurs sondés qui ont fait le choix de ces élus. S'il pouvait subsister un doute sur le mensonge érigé en principe politique par des élus guadeloupéens, le conflit de l'eau qui a pris naissance il y a une semaine en Guadeloupe vient de le balayer. A la fin de l'année 2014, à la sortie déjà d'un long conflit qui avait déjà perturbé la vie des Guadeloupéens, les élus des collectivités majeurs de la Guadeloupe ont annoncé en grande pompe avoir trouvé collectivement la solution pour régler tous les problèmes de la gestion de l'eau en Guadeloupe : La création d'un syndicat unique de l'eau.

Deux ans après, leur mensonge leur revient à la face. Un nouveau conflit éclate pour les mêmes revendications et la Guadeloupe apprend médusée que les engagements n'ont pas été tenus et que le syndicat unique annoncé n'était qu'une affaire de «fumée sans pipe». Le pire de l'histoire c'est le ministère de l'Outre-mer qui de Paris remonte les bretelles des élus guadeloupéens en ajoutant qu'elle fait d'avantage confiance au Préfet de la Guadeloupe pour sortir de terre ce syndicat unique.

La balle est dans le camp de ceux qui par leur vote se font com- plices de ces situations et de ceux qui ne votent parce qu'ils n'ont rien à foutre de l'avenir de la Guadeloupe. Nous sommes à l'heure des choix responsables, lucides et honnêtes.

Évaluer cet élément
(6 Votes)
Connectez-vous pour commenter

Toute l'actu de la Guadeloupe et des Caraïbes.

Articles Populaires