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Brexit : Quelles conséquences pour la Guadeloupe ?

04 Juil 2016
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Comme ceux qui ont refusé et refusent le slogan du grand méchant loup européen, le Brexit ne peut nous laisser indifférent. La Guadeloupe est confrontée en permanence  au souffle du monde. Sachons donc retenir de l’histoire. Sachant que  nous sommes une île, avec une classe politique et aussi une société civile  hélas, qui ont  rarement été à la hauteur des enjeux. Pourtant notre hebdomadaire - organe d’informations, d’analyses mais aussi de propositions-  qui ne fait pas dans les politiques à la courte vue (d’où sa longévité de 59 ans) avec de nombreux articles, n’a eu de cesse de d’appeler à l’esprit critique  de nos compatriotes. Nous appelons tout comme hier encore  à l’indispensable élévation des consciences.  Et au sursaut ! D’où nos nombreux articles lucides, car argumentés  et toujours avec un temps d’avance que d’autres jugent prophétiques, donnant froid dans le dos. Il faut ici en citer quelques-uns. La fin des idéologies ; L’agriculture spéculative ; La guerre de tous contre tous ; Qui gouverne ?; Le pouvoir est dans la rue. Les peuples ont-ils toujours raison ?; La guerre des Gauches; Les replis identitaires ; La financiarisation de l’économie ; Le triomphe des populistes ;  La montée des extrêmes ;  Le Glocal-Penser global pour agir local...).

Le monde est si imprévisible. Et le chaos n’est jamais bien loin, comme on le constate avec les attentats, les dérèglements climatiques et maintenant avec le Brexit !  

Comme analyste, d’un journal qui se veut citoyen et patriote,  notre devoir ici commande de ne pas applaudir ni maudire le Brexit (c’est fait) ! Mais  de commencer à nous interroger sur l’avenir de nos enfants avec cette nouvelle donne, dont les conséquences du  Brexit vont immanquablement influer sur les relations internationales. Nous avons une pensée forte pas  seulement pour nos compatriotes, jeunes pour la plupart, qui  travaillent au Royaume uni, mais aussi pour ceux qui vivent à l’étranger.  Dans notre cabèche, des questions se posent, toutes légitimes, mais  sans  que ayons  toutes les bonnes réponses. Quels impacts pour la France ? Quels impacts pour la Caraïbe ? Quels impacts pour la Guadeloupe ? On se rappelle que l’entrée du Royaume-Uni en 1973 avec ses ex-colonies et le Commonwealth, avait modifié notre position sur l’échiquier Européen. On sait aussi que nombre de pays indépendants de la Caraïbe vont devoir, et très vite, modifier leur façon d’opérer avec l’Europe. Ils ne pourront plus compter sur l’entremise de Londres et vont donc agir directement ou indirectement à travers la Caricom. Dès lors, il faudra nécessairement revoir les Accords APE qui règlent les modalités d’accès au marché européen et donc à notre marché.  De manière plus anecdotique, l’accès sans visa à certains pays de la région pourrait être modifié.

Pour l’heure, notons que toutes les  conséquences du Brexit, pour l’Europe, mais aussi pour l’économie mondiale n’ont pas été évaluées. Aucun plan B n’a été défini. Autrement dit, c’est l’improvisation qui règne. Wait and see ! 

Dans un même climat d’incertitude sur le financement de l’économie et les choix à venir,  chez nous  la publication de l’audit de la Région était le moment le plus attendu de la semaine. On peut s’interroger sur la manière dont la Région a communiqué sur cet audit. Quelques fuites, sans doute organisées, laissaient entrevoir des révélations sulfureuses sur la gestion de l’ancienne gouvernance. Pourtant il n’en a rien été. L’Assemblée s’est déroulée sans incident, contrairement à la précédente plénière et le cabinet d’audit n’a mis en exergue qu’un point essentiel, celui des engagements futurs de la Région. En l’état, la marge de manœuvre de l’actuelle gouvernance serait réduite à la peau de chagrin, sauf à réorienter les prévisions de l’ancien président. L’auditeur lui  a même décerné un satisfécit pour la gestion des années 2011 à 2014, mais s’est interrogé sur la forte dégradation en 2015 des ratios d’endettement et d’épargne brute. Sur la seule année dernière, les investissements ont crû de 40%, faisant passer la capacité de désendettement de 3,3 à 6,7 années.  Il a également mis en doute toute la chaîne d’information comptable de la Région qu’il préconise de réformer de toute urgence. Bigre!

C’est le jeu politicien ! A chacun son tour.  Si la nouvelle présidence a cherché à noircir le bilan de l’équipe précédente, ce n’est pas ce qui ressort de l’audit. Par contre, on peut s’interroger, et Ary CHALUS aurait beau jeu de le faire, sur la pertinence des choix de l’ancien président, sur la qualité des investissements et sur l’environnement économique laissé par ce dernier. En tout état de cause, l’adoption du Compte administratif  2015 en excédent, et la publication de l’audit clôt, il faut l’espérer, le débat sur la gestion budgétaire de l’ancienne mandature.  Avec cet audit, la campagne est bien terminée. Il ne reste plus aux nouveaux élus qu’à faire valoir leurs talents et mettre en musique leurs idées au service du développement du pays. Au travail ! Il ne reste plus que 5 ans et demi. Et touchons du bois pour que d’autres aléas, tout aussi imprévisibles que le Brexit, ne viennent  encore compliquer cette volonté  du Président Chalus de travailler pour les Guadeloupéens.  Pour tous les Guadeloupéens.

JCR

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Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

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