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Média social. Peut-on vivre sans Facebook ?

28 Sep 2016
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Je suis prêt à parier que la grande majorité des facebookers qui liront cet édito répondront par un « non » massif et définitif. Pourquoi ? Parce qu’en Guadeloupe, en Martinique, aux Etats Unis, en Chine, en Irak, bref partout dans le monde, Facebook est devenu aussi important que les médias les plus influents.

Aujourd’hui, tout ou presque tout passe par Facebook, vite devenu le chainon manquant dans une société dite mondialisée, mais au sein de laquelle, les relations humaines s’individualisaient.

Pour les besoins de la démonstration, arrêtons nous juste un instant sur ce qui se passe chez nous.

Quand je clique sur le Facebook en un coup d’œil, je sais tout de la soirée d’anniversaire de M-J, je hume grâce à une photo, d’un incroyable réalisme, ce que MB a diné hier soir ; mieux ND me fait découvrir ainsi qu’à tous ses fans sa dernière paire de lunettes GC, alors que RS plus intello me raconte par le menu son périple dans la France profonde…

Plus loin, grâce à une vidéo et me voilà au cœur d’un gros « chiraj » familial. Sur le Facebook qui est votre confident privilégié, tout est partagé, tout se dit, plus rien n’est caché. On like, on partage, bref pour tenter d’échapper à sa solitude, on s’exhibe sur Facebook et après l’égo hyper flatté par le nombre de partages pour un énième photo postée, vous vous sentez beaucoup mieux. Vous avez alors le sentiment, d’exister à la face du monde.

Il faut aussi le dire, certains post, sont les marqueurs d’une grande tristesse et même le signal d’un immense désespoir.

Facebook est à ce moment votre confesseur, votre miroir nécessaire et votre parent ultime. Mais de grâce, n’allez pas croire que ce qui vient d’être dit soit particulier à notre pays, un peu partout sur la Facebooksphère, c’est le rôle basique attribué à ce réseau social mondial.

Mais Facebook n’est pas que cela, au fil des années, l'invention du jeune fuckberge est devenu un « vrai faux » média. La presse papier traditionnelle, les medias audiovisuels, sont tous dépassés par la rapidité et la puissance du media-facebook; le Smartphone qui n’est plus seulement un téléphone portable a pratiquement transformé chaque citoyen en « reporter » de l’instant présent : les accidents de la route, les bagarres entre voisins, Jusqu’à la nudité intime d’un couple débarquent à la vitesse V sur le réseau et c’est tant pis pour vous si vous vous faites surprendre;

Ca vous fait quoi madame de découvrir votre époux/compagnon « selfiée » en bonne compagnie au cours d’une soirée dont vous ignoriez tout ?

Et vous monsieur, vous qui étiez prêt à mettre votre main à couper sur la fidélité de votre femme, quel choc quand au hasard d’un post indiscret et privé vous apprenez que votre épouse a franchi la ligne jaune au cours d’une croisière ?

Facebook est donc comme on dirait ici on « gro mako – lèlè ». Du moins, ce sont les Facebookers qui ont progressivement transformé le réseau social en voyeur impénitent. Tout le monde peut un jour être ciblé : gare à celui ou celle qui se laisse surprendre dans une situation peu enviable ou équivoque. Mais, attention le faceboking sauvage n’est pas du journalisme, c’est du simple makotaj.

Sous cet angle FaceBook est devenu une véritable plaie sociale. On trouve de tout sur Facebook et tout n’est pas toujours du meilleur gout !

C’est ainsi que les journalistes ont le sentiment de perdre un peu de leur 4é pouvoir face au pouvoir facebook. Le plus souvent les infos diffusées par X ou Y ne sont pas fiables, mais elles font quand même le buzz ; car le Facebooker basique est friand de ces cancans à la petite semaine, de ces photos volées, de ces vidéos dénonciatrices, ou même des documents confidentiels qui sont ainsi « balancés » sur le réseau.

Le Facebooker basique lui se fiche de la véracité ou de l’authenticité de ce qu’il balance. Son obsession c’est simplement de faire le « buzz », le plus souvent ça marche et pour lui c'est jouissif...

Un autre utilisateur presque maniaque du Facebook, c’est le politicien en mal de notoriété. En visite sur le terrain, en déjeuner champêtre, au match de basket, à l’anniversaire d’un ami, et même aux enterrements, « il selfise » à tout bout de champ.

Car, il a grand besoin de soigner son égo plus que son image, il veut nous signaler sa présence. Grâce à Facebook le politicien- Facebookien, une espèce en pleine croissance, est désormais partout et omniprésent ; il vous saoûle de ses « selfies ».

Car le politicien-facebookien est quelque part imbu de sa personne même si vous ne lui avez rien demandé, il vous impose ses photos et parfois même ses histoires de cœur voire de c.

Si le politicien-facebookien est si envahissant, c’est qu’il n’ignore pas la force du réseau. Il a su qu’en 2008, Obama a su utiliser les réseaux sociaux, facebook et twitter, pour gagner l’élection. Et cela a fait école, donc ici et ailleurs les politiques sont tous en mode Obama-Facebook.
Chez nous, il ne faut pas craindre de le dire, Facebook a beaucoup pesé sur les résultats des dernières élections régionales.

La question se pose est de savoir si Facebook peut faire gagner une élection ? Certains n’hésitent pas à dire que ce qui est sur, aucun politique, ne peut aujourd’hui faire campagne en négligeant cet outil de propagande massive qui de plus ne coute pas cher.
Mais cela suppose une bonne utilisation et c’est ainsi que depuis moins d’une décennie, un nouveau job est apparu : le community manager.

Ce jeune connecté, écouteurs aux oreilles 24/254 les yeux rivés sur l’écran, il est capable de vous aider à bien gérer l’outil.

Mais aucun community manager ne peut transformer le plomb en or. Facebook est un outil devenu indispensable dans la vie sociale, mais il ne remplacera jamais l’intelligence Humaine.

En fin de compte, (Facebook?) Je finirai par croire que sans Facebook, la vie est désormais très différente. Mais elle vaut quand même la peine d’être vécue. Même si à plusieurs reprises j’ai vu sur Facebook des profils de gens depuis longtemps disparus. C’est à croire que Facebook a aussi la capacité de vous immortaliser ! 

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(3 Votes)
Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

1 Commentaire

  • iMandarinGriot
    iMandarinGriot mercredi, 28 septembre 2016 18:55 Lien vers le commentaire

    Je lis toujours attentivement les articles de CCN dont les articles donnent un autre point de vue que les autres médias. J'envoie peu de commentaire car le contenu découle de la grille idéologique qui oblige, qui implique une liturgie. Et les explications sur les faits découlent étroitement ce la dite grille. Elles n'ont pas à être exactes mais à être dans l'orthodoxie de la ligne idéologique.
    Je suis agréablement surpris par le sujet de cet éditorial qui traite d'un sujet de société. Je vais me répéter mais je tiens Monsieur Zandronis pour un formidable connaisseur de ce qui fait l'actualité de la Guadeloupe et cela tant que sa grille de lecture idéologique n'intervient pas. Aussi ne faut-il pas s'étonner si je dis que je suis d'accord avec son analyse. Attention, j'ai dit " analyse " car sur certains aspect et conclusions nos opinions divergent.
    J'ai abandonné depuis belle lurette les discussions métaphysiques où le monde était refait. Et était forcément meilleur. Et les utopies ne m'ont jamais atteint. Le seule fois où je suis tombé amoureux d'une idéologie fut en 5è, cela a duré 5 à 6 mois car je suis tombé sur un article de la Constitution de l'URSS qui disait que tout était à l'Etat et j'ai dit au professeur d'Histoire que c'était pareil qu'avec le Seigneur du Moyen- ge que nous étudions cette année-là. Et ce fut la seule et unique fois qu'une idéologie m'a attiré. Le suite m'a donné raison si je peux me permettre.
    Et au cours de mes lectures, j'ai rencontré un certain Charles Darwin et j'ai fait mienne son affirmation qui dit que ce ne sont pas les espèces les plus fortes qui survivent aux changements mais celles qui ont su s'adapter. J'ai lu les diatribes de Socrate contre l'Écriture, celle de l'Eglise catholique contre l'imprimerie, j'ai vécu celles contre la radio, la télévision, les films américains (ma mère était d'accord pour les westerns mais pas les films de gangsters ! )
    J'ai toujours dit que je n'allais pas être contre les nouveautés, que j'allais m'adapter à elles juste ce qu'il me faut. Facebook est là, je suis sur lui, et si un jour , il venait à disparaître, je n'en ferai pas une maladie. Attention, j'ai dit " disparaitre " pas interdit car là intervient ma notion de citoyen libre. Et seulement une petite trentaine de pays correspondent à cette notion. Les migrants qui fuient leur pays donnent une idée absolument nette et précise des pays où celle-ci est présente.
    Je conçois que mon attitude peut surprendre aussi je me permets de donner quelques clés. Tapez le Monde selon Google, le nouvel ordre mondial.
    Information : les premiers producteurs de bière viennet de fusionner aujourd'hui : le belgo-brésilien ABInBer avale le britannique SABMiller. Lisez la suite : leurs actionnaires ont voté la fusion car selon eux, le continent américain et l'Europe sont sont saturé, et pour attaquer l'Inde, la Russie et la Chine, il faut un géant pour écraser toute velléité de concurrence. Lisez maintenant ceci : le continent Africain n'est pas concerné : trop de guerres civiles et surtout, pas de classe moyenne ayant de l'argent pour les dépenses de plaisir. Ne hurlez : Google, Apple, Facebook, Microsoft, mais aussi Mercédès, BMW, Porsche ont aussi ce raisonnement. C'est cynique mais hélas la réalité loin des rêves est souvent ainsi.
    Et ici où paraît-il nous avons 64 930 chômeurs, un multi-salles de cinéma, un parking de 1500 places, des boutiques en veux-tu, en voilà ? Vous savez pourquoi ? Tout simplement parce que nous avons cette classe moyenne qui à l'argent pour les dépenses de plaisir.

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