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Guerre des ti chef et politique du fann kyou !

30 Sep 2016
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Nous devrions être résolument  des pragmatiques et  par obligation, des optimistes. Car le pessimisme, c’est la résignation, le renoncement, la paralysie, le défaitisme. 

Parce que notre histoire est faite de blessures béantes. Parce que notre volonté est de les cicatriser  au plus vite pour ne plus abîmer  notre âme et pouvoir enfin, bâtir ensemble ! Parce que le combat doit continuer avec plus d’intelligence et une conscience autre,  pour une rencontre moins heurtée avec l’autre.  L’heure est donc à une exigence citoyenne forte, à une mobilisation collective, avec des stratégies opérationnelles vers la réussite.

C’est dire comme le préconisait feu Félix Rodes que les trop  nombreux nains en politiques qui président à nos destinées,  doivent accepter, enfin de grandir. C’est là une sommation !

Notre devoir n’est plus de nous révolter exclusivement quand l’horrible est à nos portes. Nos attentes ne peuvent éternellement se confiner à la venue de ministres «migrateurs»  encore considérés comme des «messies». Et ceux-là viendraient donc comme par miracle éteindre des incendies, dans lesquels leur responsabilité, tant pour l’emploi, la sûreté, la sécurité que pour les politiques migratoires,  est immense. Nous n’entendons nullement ici nous exonérer de nos responsabilités de natif-natal. Elles sont d’autant plus écrasantes que nous en sommes les premières victimes. Non,  personne ne peut s’auto-exonérer de cette faillite collective ni s’autoriser à jeter la première pierre ! Nous sommes résolument, des enragés de l’optimisme. Si nous sommes des héritiers d’un monde imparfait, rien ne nous interdit désormais, d’en être des bâtisseurs, mieux inspirés et plus fraternels.

Notre devoir  est d’appeler depuis plus de 59 ans,  à plus de verticalité et surtout à plus de responsabilité,  la société civile qui doit s’insurger  contre les injustices, les violences, la barbarie et la pwofitasyon. Défions ces fléaux qui déshumanisent. Et qui porte atteinte au bien vivre ensemble.

Soyons enfin, davantage acteurs que spectateurs de notre destin. L’heure n’est surtout pas à l’auto-flagellation ! Car chaque génération avec les armes dont elle disposait, a  eu à  mener le combat de son époque inscrit, dans un contexte géopolitique donné. 

La tentation de se «dédouaner» est toujours forte, et il est si facile  de désigner comme responsable de nos «malheurs» des générations boucs-émissaires. Vivre, se réaliser pleinement  et même survivre  en terre d’Amérique pour des peuples «déracinés», comme le nôtre,  relève souvent de l’exploit. Il a fallu ce refus de tous les crachats avec moult combats menés avec de grande détermination. Allant même au sacrifice suprême : pour la dignité, l’estime de soi, l’instruction, l’appel au grand sursaut collectif, contre la pwofitasyon. 

Au moment où la mémoire — bonne — tombe en jachère. Ou la défiance supplante la confiance, et  que l’espérance d’un avenir meilleur est en berne, il s’agit de mettre en lumière des  évènements «porteurs»,  ciments  de notre mémoire collective.

Comment en ces moments de doute, ne pas éclairer dans les cabèches, certains  évènements qui  sont marqués chez nous,  par des grandes dates telles : 1794 (la première émancipation des esclaves),  1802 (la guerre de Guadeloupe contre le rétablissement de l’esclavage). 1848 (2ème abolition de l’esclavage). 1850 (arrivée des  premiers zendyen). 1939 (guerre contre le nazisme et pour une France libre) 1946 (la départementalisation). 1982 (les lois de décentralisation). Sans oublier 1910, 1952, 1967, dates  des grandes grèves sociales et encore de terribles  massacres.  Et plus près de nous  encore 2009, signifiant  le refus collectif, de la pwofitasyon, puisant sa source dans un  esprit «petit blanc”et des prix astronomiques. Un système passéiste, disqualifiant la République pas si fraternelle et encore  si mal inspirée  chez nous. Système se faisant  souvent le complice objectif  des intérêts de castes.

Dans  tous ces combats si inégaux nous avions laissé beaucoup de plim, et de larmes. Mais pou jou pé ouvè pou nou, il y a eu cette  détermination sans faille  pour la dignité, la citoyenneté, l’instruction, la santé et le bien vivre ensemble, dans respect de nos métissages culturels et ethniques respectifs. 

Ne décevons pas, nos héros et héroïnes, qui ne se comptent plus. Ils  sont entrés dans notre panthéon. Les citer tous serait ici serait risquer d’en oublier certains. On enjistis  de plus ! É yo ké kolè ! 

Evitons cependant, de prêter le flanc à ceux qui se font appeler jantiman les aboyeurs. Ceux qui préconisant des absolus, et des copiés-collés venus des ailleurs, nous ont trop souvent invité à  des génuflexions devant certains leaders autocratiques ! 

Cela  explique l’émiettement de partis en groupuscules, la guerre des ti-chefs, la politique du fann kyou, et des stratégies alambiquées de nos centrales syndicales.

Soyons sans modération optimiste, mais surtout  réaliste ! Oui,  chaque génération sans doute se croit vouée à (re) faire le monde. Mais la nôtre et surtout celle des générations de plus en plus connectées du numérique, saura un jour pourtant qu’elle ne le fera pas. Pas suffisamment en tous cas ! Est-ce à dire qu’il faille renoncer à l’utopie créatrice, se résigner ? Non. Le monde est trop insupportable comme il l’est ! Rien ne nous sera donné sur un plateau.

Mais soyons convaincus que notre tâche, après celle de nos parents, la vôtre  celle du Progrès Social,  sera encore plus grande! C’est possible.  Elle consiste à mener le combat pour faire  reculer tous les obscurantismes. Et  à empêcher que le monde et  notre Guadeloupe se défassent. Davantage.

RJC

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Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

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