Breaking News

×

Avertissement

JUser::_load : impossible de charger l'utilisateur ayant l'ID 953

Guerre des ti chef et politique du fann kyou !

30 Sep 2016
2417 fois

Nous devrions être résolument  des pragmatiques et  par obligation, des optimistes. Car le pessimisme, c’est la résignation, le renoncement, la paralysie, le défaitisme. 

Parce que notre histoire est faite de blessures béantes. Parce que notre volonté est de les cicatriser  au plus vite pour ne plus abîmer  notre âme et pouvoir enfin, bâtir ensemble ! Parce que le combat doit continuer avec plus d’intelligence et une conscience autre,  pour une rencontre moins heurtée avec l’autre.  L’heure est donc à une exigence citoyenne forte, à une mobilisation collective, avec des stratégies opérationnelles vers la réussite.

C’est dire comme le préconisait feu Félix Rodes que les trop  nombreux nains en politiques qui président à nos destinées,  doivent accepter, enfin de grandir. C’est là une sommation !

Notre devoir n’est plus de nous révolter exclusivement quand l’horrible est à nos portes. Nos attentes ne peuvent éternellement se confiner à la venue de ministres «migrateurs»  encore considérés comme des «messies». Et ceux-là viendraient donc comme par miracle éteindre des incendies, dans lesquels leur responsabilité, tant pour l’emploi, la sûreté, la sécurité que pour les politiques migratoires,  est immense. Nous n’entendons nullement ici nous exonérer de nos responsabilités de natif-natal. Elles sont d’autant plus écrasantes que nous en sommes les premières victimes. Non,  personne ne peut s’auto-exonérer de cette faillite collective ni s’autoriser à jeter la première pierre ! Nous sommes résolument, des enragés de l’optimisme. Si nous sommes des héritiers d’un monde imparfait, rien ne nous interdit désormais, d’en être des bâtisseurs, mieux inspirés et plus fraternels.

Notre devoir  est d’appeler depuis plus de 59 ans,  à plus de verticalité et surtout à plus de responsabilité,  la société civile qui doit s’insurger  contre les injustices, les violences, la barbarie et la pwofitasyon. Défions ces fléaux qui déshumanisent. Et qui porte atteinte au bien vivre ensemble.

Soyons enfin, davantage acteurs que spectateurs de notre destin. L’heure n’est surtout pas à l’auto-flagellation ! Car chaque génération avec les armes dont elle disposait, a  eu à  mener le combat de son époque inscrit, dans un contexte géopolitique donné. 

La tentation de se «dédouaner» est toujours forte, et il est si facile  de désigner comme responsable de nos «malheurs» des générations boucs-émissaires. Vivre, se réaliser pleinement  et même survivre  en terre d’Amérique pour des peuples «déracinés», comme le nôtre,  relève souvent de l’exploit. Il a fallu ce refus de tous les crachats avec moult combats menés avec de grande détermination. Allant même au sacrifice suprême : pour la dignité, l’estime de soi, l’instruction, l’appel au grand sursaut collectif, contre la pwofitasyon. 

Au moment où la mémoire — bonne — tombe en jachère. Ou la défiance supplante la confiance, et  que l’espérance d’un avenir meilleur est en berne, il s’agit de mettre en lumière des  évènements «porteurs»,  ciments  de notre mémoire collective.

Comment en ces moments de doute, ne pas éclairer dans les cabèches, certains  évènements qui  sont marqués chez nous,  par des grandes dates telles : 1794 (la première émancipation des esclaves),  1802 (la guerre de Guadeloupe contre le rétablissement de l’esclavage). 1848 (2ème abolition de l’esclavage). 1850 (arrivée des  premiers zendyen). 1939 (guerre contre le nazisme et pour une France libre) 1946 (la départementalisation). 1982 (les lois de décentralisation). Sans oublier 1910, 1952, 1967, dates  des grandes grèves sociales et encore de terribles  massacres.  Et plus près de nous  encore 2009, signifiant  le refus collectif, de la pwofitasyon, puisant sa source dans un  esprit «petit blanc”et des prix astronomiques. Un système passéiste, disqualifiant la République pas si fraternelle et encore  si mal inspirée  chez nous. Système se faisant  souvent le complice objectif  des intérêts de castes.

Dans  tous ces combats si inégaux nous avions laissé beaucoup de plim, et de larmes. Mais pou jou pé ouvè pou nou, il y a eu cette  détermination sans faille  pour la dignité, la citoyenneté, l’instruction, la santé et le bien vivre ensemble, dans respect de nos métissages culturels et ethniques respectifs. 

Ne décevons pas, nos héros et héroïnes, qui ne se comptent plus. Ils  sont entrés dans notre panthéon. Les citer tous serait ici serait risquer d’en oublier certains. On enjistis  de plus ! É yo ké kolè ! 

Evitons cependant, de prêter le flanc à ceux qui se font appeler jantiman les aboyeurs. Ceux qui préconisant des absolus, et des copiés-collés venus des ailleurs, nous ont trop souvent invité à  des génuflexions devant certains leaders autocratiques ! 

Cela  explique l’émiettement de partis en groupuscules, la guerre des ti-chefs, la politique du fann kyou, et des stratégies alambiquées de nos centrales syndicales.

Soyons sans modération optimiste, mais surtout  réaliste ! Oui,  chaque génération sans doute se croit vouée à (re) faire le monde. Mais la nôtre et surtout celle des générations de plus en plus connectées du numérique, saura un jour pourtant qu’elle ne le fera pas. Pas suffisamment en tous cas ! Est-ce à dire qu’il faille renoncer à l’utopie créatrice, se résigner ? Non. Le monde est trop insupportable comme il l’est ! Rien ne nous sera donné sur un plateau.

Mais soyons convaincus que notre tâche, après celle de nos parents, la vôtre  celle du Progrès Social,  sera encore plus grande! C’est possible.  Elle consiste à mener le combat pour faire  reculer tous les obscurantismes. Et  à empêcher que le monde et  notre Guadeloupe se défassent. Davantage.

RJC

Évaluer cet élément
(2 Votes)
Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

1 Commentaire

  • iMandarinGriot
    iMandarinGriot samedi, 01 octobre 2016 09:16 Lien vers le commentaire

    22)CCN-Guerre des ti chef et politique du fann kyou !
    Monsieur Rodes est un homme de bonne volonté qui a choisi un parti-pris, celui de l'optimisme à tout crin et cela même s'il doit avoir recours à la fameuse méthode dite Coué (je résume : même quand tout va mal et surtout quand tout va mal, il faut croire et surtout le dire que tout finira par aller bien ! ). Je ne le crois homme à avoir recours au lyssenkisme qui désigne une science corrompue par l'idéologie, où les faits sont dissimulés ou erronément interprétés. D'ailleurs je n'ai constaté aucune fausse interprétation de notre réalité. ce qu'il pointe du doigt est véridique et je suis d'accord mais je ne partage son optimisme obstiné, volontaire et pratiquement obligatoire.
    J'ai longtemps estimé que comparaison n'est pas raison, puis je l'ai remplacé par les mêmes causes entraînent les mêmes effets.
    Je vais parler du Japon qui, vaincu , atomisé, adopte sans aucune hésitation le mode de vie américain, de la Corée du Sud qui fait de même. Je vais parler de l'Allemagne qui aligne 3 voitures aux 24 H du Mans en 1952, gagne le Coupe du Monde de Football en 1954 et dont l'aide de camp du Maréchal Rommel est le chef d'état-major de l'OTAN. Et je me souviens de mon professeur d' Histoire et de Géographie qui m'avait apostrophé en disant si je croyais pas que l'Allemagne avait gagné. Il m'avait expliqué qu'à son avis, les dirigeants allemands n'étaient des hommes de tradition, de rituel, qu'ils ne regardaient pas en arrière, voulant oublier le passé. J'avoue qu'avec le temps, je pense qu'il était dans le vrai.
    Ces jours-ci, la violence et le chômage sont à la mode. Je vais m'étendre sur la violence et plus précisément sur le contenu des débats qui ont fleuri sur toutes mes chaînes de télévision.
    Le rituel, la tradition ont dominé. D'abord toutes les causes sont passées en revue, puis toutes conséquences et enfin toutes les solutions pour y remédier. Et les participants récitent, récitent car ils connaissent par cœur la longue liste des causes, des conséquences et des solutions. C'est une prière, une véritable liturgie et une liturgie devient vite une litanie et la litanie entraîne inévitablement la léthargie.
    Les parents doivent reprendre en main l'éducation de leurs enfants. Entendu combien de fois ? L'enfant n'a plus de repère. Combien de fois ? Il faut rétablir le service militaire? Combien de fois ?
    Aucune idée neuve, innovante de la part de mes décideurs. Et je ne peux que leur reprocher deux choses : le manque de courage, le manque de franchise.
    Le courage de dire qu'aucune solution n'existe pour résolver le problème de violence. La franchise de dire que la seule chose que la Société peut faire est de voter des crédits pour les Intendances suivent. Les Intendances du SAMU, des Pompiers, des Policiers et du Service des Urgences doivent fournir des véhicules équipés en géolocalisation, communication, et moyens médicaux. Le Personnel doit être formé pour les blessures de guerre.
    C'est la seule et unique chose à faire !

Connectez-vous pour commenter

Toute l'actu de la Guadeloupe et des Caraïbes.

Articles Populaires