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Oui, la France fout le camp…

18 Oct 2016
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Comme pour ne rien changer, à l’approche des échéances électorales, nous sommes submergés par un déferlement de promesses plus intenables les unes que les autres. Et vus les terribles défis pour cimenter la cohésion sociale, certains thèmes de campagne relèvent d’une insupportable indécence car trop irrespectueux pour soutenir une image fraternelle et progressiste du pays des Droits de l’Homme. Thématiques, propositions qui portent atteinte à l’entendement même du citoyen, que beaucoup prennent pour des veaux, si on en croit le général de Gaulle : «Les Français sont des veaux».

C’est sûr, les lendemains s’avèrent toujours plus difficiles, pour ceux qui ont mis trop de foi, trop d’abandon, d’autres diraient de naïveté, dans les solutions que l’on sait inefficaces voire fallacieuses. 

Il faut ici lancer un SOS ! Ni l’Etat providence en crise, ni la professionnalisation de la politique, ni les légitimes ambitions des candidats à la candidature, ne peuvent tout justifier. Et encore moins les outrances d’élus et de partisans de fraîche date, de parents immigrés, souvent venus de l’Est ! La France de Voltaire, de Jaurès, en devient méconnaissable et semble perdre son âme. Oui, la France « fout le camp »  avec ce tsunami de propos racistes, de l’exclusion et de déclassement de certains de ses citoyens.

Comment encore concevoir qu’un si vieux pays comme la France, le pays de Descartes, de Montesquieu, de Victor Hugo,  avec un tel héritage culturel, puisse encore avoir tant de mal à définir son identité ! Et que ce pays se perde dans les marigots de la diversité des origines qui la caractérise ! Que signifie réellement dans un pays de la rencontre le terme de la préférence dite  «nationale» ? Le code noir est-il vraiment aboli ? Et les privilèges d’avant la révolution de 1789 ! La constitution a-t-elle jamais défini les critères républicains de la bonne origine, de la bonne couleur, de la bonne religion ? Que signifie le terme français de «souche» ? Terme qui n’existe tout simplement pas au Canada par exemple. Un Marseillais, un Breton, un Ch’ti ou un Corse doivent-ils tous se reconnaître dans la même origine, la même croyance, le même socle culturel ou les mêmes convictions sociales. Le ciment du vivre ensemble c’est la loi. Et si la loi est oppressive, injuste, le devoir du citoyen est de s’insurger.

Nous vivons des temps carnassiers. Et quand la finalité est la gagne, il y a lieu d’être véyatif envers des mesures annonciatrices d’une plus grande justice. Nous n’accorderons aucun crédit à ceux qui pensent que la politique est l'art de mettre les chimères à leur place. Qu’on ne fait rien de sérieux si on se soumet aux chimères. Mais que faire de grand sans elles ?

 C’est dire, qu’il y a lieu de se demander qu’avec la loi sur l’égalité réelle, dite loi Lurel, si l’Etat a réellement les moyens de sa politique pour rattraper les déboires et ratés d’une espérance veille de 70 ans, datant de la loi de 1946, de la départementalisation !

Comment sortir de ce cancer du chômage structurel avec ses conséquences désastreuses sur le logement, l’éducation, le lien familial et le tissu social. Comment mettre un terme à ces scandales récurrents : eau, déchets, transport et budgets en déficit ! Comment en finir avec l’impunité d’élus, dont les incompétences notoires et la peur de perdre leur siège,  ajoutent à la mal-gouvernance !

Le ministre de la sureté qui n’est pas celui de l’emploi, de l’industrie, de l’agriculture, de l’éducation nationale, de la justice est venu pour rassurer. Comme si en construisant sur du toc, on pouvait faire du neuf. Et de l’efficace ! Comme si en réparant un étage on sauvait l’immeuble !

Notons que  le ministre s’occupant de la sûreté et qui veut faire grandir la sécurité, n’a rien d’un agriculteur, encore moins d’un villageois et surtout pas  d’un plaisantin ! Pour ne point ajouter, nous ne colporterons pas comme ses détracteurs ici, ce récit dans sa totalité,   de Lao Tseu.  «Peiné, affirme Lao Tseu de voir que sa moisson ne grandissait pas, ce villageois de Soung tira les tiges avec les mains comme pour les allonger. De retour chez lui, ce nigaud dit aux personnes de la maison, j’ai aidé la moisson à grandir ! Dure, dure, la politique !

Comment pour terminer ne pas évoquer Matthew qui a volé la vedette au ministre régalien. Car le vent décidément ne sait toujours pas lire ! Nous avions eu Hugo qui avait épargné Haïti. Comme on le constate, Hugo n’est pas Matthew. L'un des plus violents cyclones tropicaux qu’ont connu les Antilles depuis le début des observations scientifiques. Hugo à cause de sa violence a été retiré de la liste des noms de cyclones. Dans sa chronique du samedi 30 septembre 1989 « Hugo dévaste la Guadeloupe» Jocelyn Durizot avec justesse, dans nos colonnes écrivait «La Guadeloupe est-elle ce pays en carton, où les moindres fureurs de la nature mettent tout sous la table et plus précisément font table rase de tout». Il continuait de manière prémonitoire : «Il n’y a pire aveugle que celui qui se refuse à voir. Sonnée comme un boxeur, la Guadeloupe, au défi, doit se relever de ce K.O» !

C’est dire, qu’en Haïti, chez nous, comme ailleurs, il faut s’interroger sur l’irresponsabilité des concepteurs. L’histoire des hommes est tragique.

 Car dans l’irrationnel, l’horreur, le mal développement,  les entreprises de déshumanisation…le fond n’est jamais atteint ! 

 

*Jean  Claude Rodes est directeur du «  Progrés  Social »

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Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

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