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Gwadloup ankayé !

04 Nov 2016
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A pa vré ! La Guadeloupe n’est pas un pays de la mendicité qui se remet, pour le moindre bobo - comme semble le montrer les nombreuses visites ministérielles - qu’à l’Etat !

Il est vrai que notre pays subit toutes les inconséquences d’une classe politique, plus narcissique que compétente. Et incapable depuis des décennies de résoudre durablement et sainement, les problèmes vitaux de ses administrés.

A pa vré ! Toutes les solutions ne se trouvent pas que dans l’affrontement, le combat de ti coq, souvent stérile et sans lendemain. Il faut éviter la double peine à notre population. Mênm si sé on dézod ki ka ménné la rézon, le dialogue intelligent, constructif, respectueux doit être toujours privilégié. Il s’agit donc de savoir distinguer entre le bon désordre et l’agitation même légitime.

A pa vré ! Il ne faut pas laisser à croire qu’en Guadeloupe les conflits se résument aux barrages, au dialogue de sourd et sempiternelles réunions improductives, et au jeu de dupes à la konpè lapen et konpè Zanba !

Sa ki vré c’est que le pays est “ ankayé ”! Et manifeste d’une manière désorchestrée son ras le ras le bol. Car la population est fatiguée d’être tournée en bourrique et confrontée aux mêmes problèmes récurrents. Et ce, toujours sans l’ombre d’une solution, alors qu’elle paie les divers impôts et des factures d’eau fantaisistes. Sans pour autant recevoir un juste prix en retour et les services qui vont avec.

Sa ki vwé, ce qui est inadmissible, inacceptable et le plus navrant, c’est le gaspillage de nos ressources naturelles, de nos talents tant intellectuels, artistiques que sportifs. Sa ka fè tach !

Sa ki vré, c’est la carence intellectuelle et surtout patriotique de certains élus, qui instaurent un système de cour autour du mâle ou de la femelle dominant.

Ola nou yé ! Même dans la Basse-Terre, l’eau vient à manquer. Et ce, malgré une pluviométrie surabondante. Toujours les mêmes réponses qui relèvent d’un manque vision prospective. Toujours les mêmes lamentations ! Manque de puissance du réseau, faible capacité de stockage, fuites importantes des canalisations. Le diagnostic est fait. Et depuis longtemps ! La désorganisation administrative, avec une facturation aléatoire, un recouvrement au p’ti bonheur la chance, vient encore renforcée l’opinion dans son jugement sévère de la gestion de l’eau. Et pourtant depuis des années la situation ne s’améliore pas. Bien au contraire.

L’eau reste une ressource abondante. Mais nos responsables, ne l’ont jamais utilisée au service de la population guadeloupéenne. C’est là le scandale. Un scandale encore plus effroyable que celui de la SODEG, des HLM !

Alain Plaisir le président du CIPPA a ici raison : “ Contrairement à de nombreux éléments de notre quotidien, l’eau est inestimable. Si le code civil (art 714) suggère que l’eau n’appartient à personne (à nul individu, et à fortiori, encore moins aux multinationales), c’est pour garantir que chacun, sans exception aucune, y ait accès. Son usage est vital. Inutile de chercher midi à quatorze heures, qui sont les responsables ! Ils sont connus, ce sont ceux qui sont en charge du pays, certains depuis plus de 30 ans ”. Et qui vont se cacher à la Préfecture pour masquer leur incurie, avec des réunionites soporifiques.

Mais, où sont nos visionnaires d’antan, aimant d’abord leur pays. Et qui n’ont cessé d’accorder, malgré un manque de technologie, une attention particulière à la ressource eau. Où sont ces quelques visionnaires au nombre desquels Nainsouta, Pitat et Pétrelluzzi. Où sont nos nappes qui ont fourni l’eau dans les zones plus arides. Et ces mares (zones de stockage d’appoint) qui ont alimenté le bétail, en Grande-Terre et à Marie-Galante.

Sé vré. Le pays de Guadeloupe, on ne le dira jamais assez fort, est un grand pays par la richesse de ces hommes, de son climat, de sa situation géographique de ses paysages et de son patrimoine. Et ne voilà-t-il pas que des décideurs autistes, toujours les mêmes et qui, même en changeant de poste, incapables de gérer nos ressources naturelles, se trouvent tout aussi démunis devant le mal vivre de leur administrés en matière sociale.

Sé vré. Sur la Violence, ils ne comprennent toujours pas, que les nombreuses associations sont à même, comme par le passé, d’empêcher une plus forte délinquance juvénile. Nos élites ne s’en servent que comme des passerelles au service de leur ambition personnelle !

Il n’en reste pas moins vrai, que ces associations constituent un investissement utile pour le pays, un pare feu, aux regards de la violence et de la désespérance de la jeunesse. Et surtout, lorsque l’on met en face les surcoûts engendrés par l’internement en hôpital psychiatrique ou en prison, l’engorgement des tribunaux ou la sur-mobilisation des forces de l’ordre.

 Sé vré et disons-le sans ambages. Pour faire “sur”vivre ces associations, le cœur seul ne suffit pas. C’est dire que le bénévolat a ses limites. Et que l’argent public, le nôtre, aurait mérité une autre affectation, que celles de décideurs indélicats.

Sé vré. Nous le rappelons. Tout accomplissement est servitude. Et concernant le bien public, il oblige à un accomplissement plus haut ! 

 

JCR

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Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

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