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Les conseillers ne sont pas les payeurs...

10 Nov 2016
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L’élection présidentielle en France aura lieu les 23 avril et 7 mai 2017. Dans la foulée, quelques semaines plus tard, au mois de juin auront lieu les élections législatives. Une élection sensible, appelée le 3 ème tour des élections présidentielles et donnant (ou pas) au président élu la majorité nécessaire pour gouverner le pays. En effet, ce sont les élections législatives qui confèrent à l’exécutif les moyens de réformer le pays une fois que la confiance des députés de la Nation se sera exprimée ! Ces deux élections étant intimement liées, l’électeur sur tous les territoires de la république, sera son faiseur de destin ! Réfléchi byen pou’w pa pléré apwè !

Avec les primaires, cette cadence infernale de scrutins rapprochés, pose aussi des problèmes en termes de stratégie aux candidats à la candidature. Lors des primaires d’une part, mais aussi aux postulants des législatives. Voire même plus tard (en septembre) aux sénatoriales.

Comme on le constate d’ailleurs, nos chroniqueurs politiques et même les animateurs, n’ont de cesse de demander à nos élus de se positionner sur les législatives. Serez-vous ou non candidat aux législatives. Dîtes le nous ? Vu la corrélation entre les 2 élections, la question perfide est de leur demander : quel camp, ou quel candidat, soutiendront-ils ? Le parti, Chalus, Lurel, seront-ils d’accord ?

Souvent sollicité, vu la justesse de nos prévisions et de nos analyses, nous ne cessons de dire à leur conseil, qu’il n’y a pas encore de formule magique pour gagner. C’est comme en médecine ou chez le mantimantè. On s’accorde plus aisément sur le diagnostic que sur les remèdes. Toutefois, par expérience, sans trop se risquer, on peut jantiman, s’autoriser quelques réflexions sur le contenu de certaines stratégies gagnantes de campagne. En d’autres termes comment les postulants cherchent-ils à démolir, à décourager à discréditer, et éliminer l’adversaire potentiel !

Nous vous livrons quelques recettes parmi les plus usitées que nous avions relevées. La dénonciation des cumulards (bien que la loi y ait mis un peu d’ordre). L’usure de la tâche après 2 mandats et plus ! Jeter le doute sur la capacité intellectuelle et morale du candidat. Ou sur son sérieux (absences répétées à l’assemblée, dossiers mal ficelés ou inexistants). Ne publier que les sondages qui vous sont favorables (ou que vous avez vous-même falsifiés). Tenter de soudoyer subtilement certains médias, syndicats et groupes d’influence. Chercher des alliances même contre nature pour déchouquer le sortant ! Et surtout siphonner les ressources disponibles des adversaires (humaines, financières, logistiques, etc...) comme ce fut le cas en 1995 lors de la bataille Chirac/Balladur.

Au cours des prochaines législatives il faudra cependant distinguer  entre la campagne de gain (qui vise à obtenir le pouvoir) et la campagne de notoriété (qui vise à se faire connaître). Dans le cadre d’une campagne de gain, deux types de stratégies peuvent être identifiées : celle qui vise à se maintenir au pouvoir (gain-maintien). Ce serait le cas de nos députés sortants. L’autre axe est celui qui cherche à accéder au pouvoir (gain-conquête). Ce sont les challengers tels que Arbaud, Théophille ou Bernier. Pour des candidats de partis moins en vue, il s’agit de s’inscrire dans le cadre d’une campagne de notoriété – c’est-à-dire où la victoire n’est pas véritablement le but recherché (parce que ce n’est pas possible comme l’a déclaré Yannick JADOT le candidat d’Europe Ecologie les Verts pour la campagne présidentielle). En Guadeloupe c’est objectivement le cas pour les législatives pour des partis tels que PCG, UPLG, Combat ouvrier, Les Verts ou le CIPPA. Il s’agit de rendre visible une offre politique marginale (notoriété-visibilité) L’objectif est  de réaliser un score significatif en vue d’un accord de 2nd tour (notoriété-positionnement). C’est souvent le cas des alliés traditionnels de partis «majoritaires» qui, non satisfaits d’une proposition d’accord de 1er tour, anticipent un résultat qui leur permettra d’obtenir certains avantages et plus de reconnaissance.

Une analyse savante s’appuie généralement sur une analyse de la circonscription, prenant en général plusieurs formes : l’analyse socio-économique (l’état sociologique et économique de l’électorat) ; l’analyse politique (qui se concentre sur les résultats électoraux des derniers scrutins et doit permettre de faire l’état des lieux des rapports de force politiques) ; l’étude d’opinion (cette analyse doit permettre de déterminer les besoins/attentes des citoyens, et participe particulièrement à la définition du programme électoral)

Lé konséyé pa lè péyè ! Des questions pourront se poser. Pourquoi ça n’a pas marché ? Pourquoi l’écart entre électeurs et politiques continue-t-il de se creuser ? Quid des techniques du porte-à-porte, de l’envoi en masse de lettres ou d’e-mails personnalisés.  Quelle place accorder aux réseaux sociaux, quand on sait que la population qui vote est moins accro à internet ? Ce sont là des questions primordiales que tout candidat digne de ce nom devra se poser. C’est le moment !

RJC

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Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

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