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Non, Fidel Castro n’est pas mort !

30 Nov 2016
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En Martinique, Alfred Marie Jeanne, président de la Collectivité Martiniquaise a décide de mettre les drapeaux de la CTM en berne pendant une semaine. En Guadeloupe Mme Josette Borel Lincertin, présidente de l’ex Conseil Général a salué par communiqué la disparition de Fidel.
Ary Chalus, le président de la Région, Guadeloupe ni même sa vice présidente Marie Luce Penchard, qui pourtant était au dernier sommet de l’AEC à La Havane, n’ont pas daigné, même par un simple « tweet » rendre un hommage le décès de de Castro le caribéen. Il en est de même d’ailleurs pour Victorin Lurel et de bon nombre de nos élus qui se disent et veulent nous faire croire qu’ils sont « caribéens » !

Faut-il donc penser que comme Trump ils se réjouissent (an bafey) de la disparition de l’ex président de Cuba ? Pour l’heure, ce lourd silence, des présidents de Région passé et actuel nous oblige à nous interroger et à le penser. Qu’on ne nous dise pas que Chalus était à Bruxelles que Penchard était en négociation avec l’UGTG, … en tant que natifs de la Caraïbe, il était de notre point de vue de leur devoir politique de faire un geste... Et ils ne l’ont pas  fait, c’est donc un signe et même une faute sur le plan diplomatique ! Car dans toute la Caraïbe la mort de Castro a été ressentie comme une perte, sauf en Guadeloupe !

Mais malgré tout, il ne mourra jamais le lider maximo, celui qui a résisté « grif an tè » cinquante années durant contre les menées agressives de l’impérialisme nord américain.

Peut être faut il le rappeler, Fidel Alejandro Ruiz Castro, né en 1926 à Cuba, une ile de la grande Caraïbe, est le fils (illégitime) d’un grand propriétaire terrien d’origine espagnole. Fidel aurait pu comme les blancs créoles de Guadeloupe ou les békés de Martinique se ranger du coté des « pwofité » et jouir des « privilèges » de son origine sociale. Plutôt que cela le jeune Castro a trahi sa classe et s’est mis au service de la libération sociale, économique et politique du peuple cubain ; Castro est donc devenu très tôt un révolutionnaire.
Tous ceux qui ont visité ce pays se sont vite aperçus qu’en dépit des difficultés économiques réelles, que nul ne peut contester, Cuba est un pays où personne ne meurt de faim. Mais il faut le souligner le taux de mortalité infantile est le plus bas de la Caraïbe et de toute l’Amérique latine, car à Cuba, dés l’arrivée de Castro au pouvoir la santé a été comme l’éducation l’une des priorités de son régime.

Cuba est aussi l’un des rares pays de notre Caraïbe, peut être même l’unique, où la délinquance et la criminalité n’ont pas explosé, au cours des dernières années, un pays où les  trafics de produits illicites, les kidnappings sont inexistants. Et pourtant pendant près d’un demi siècle les yankees américains ont instauré à l’égard de Cuba, un blocus économique criminel et tenté par tous les moyens (invasions, espionnage, centaines de tentatives d’empoisonnements... sabotages,) de renverser le gouvernement de la République Cubaine.

Castro s’en va en laissant malgré tout un pays en état de marche, c’est son frère Raoul  qui  devrait deux ans encore, assurer la continuité, jusqu’à ce que des compagnéros plus jeunes et qui n’ont pas tous  été des guérilleros des années 5O, prendront la relève. C’est en cela que Cuba survivra à  la disparition de Fidel et de tous ceux qui l’ont accompagné dans son combat sans relâche pour « patria o muerte ».

Ce mot d’ordre de la révolution cubaine n’est d’ailleurs pas sans rappeler, celui lancé par Louis Delgrès en 180 2: « la liberté ou la mort ». 

A cause de la propagande franco-occidentale qui s’est développée après la libération de Cuba en 1959, en Guadeloupe on a un peu comme « oublié » que Cuba est une ile de notre Caraibe.Pourtant ici même au début des années 60 dans notre créole guadeloupéen, si métaphorique, on traitait de « kiben » les hommes qui portaient le « zazou » et faisaient montre d’une extrême élégance ; c’est dire qu’outre le mambo et plus tard la salsa, Cuba a été symboliquement très présente dans notre quotidien.

Sur le plan politique au milieu des années 60, à l’époque du GONG, les patriotes guadeloupéens, ont su nouer des liens avec les révolutionnaires cubains. Enfin, pendant des années jusqu'à la fin des années 80 à chaque fête de L’Etincelle, ( journal du PCG) de nombreux cubains, musiciens et artistes faisaient le déplacement en Guadeloupe C’est dire que Cuba a toujours été et est encore très proche de nous.

Mais  toute la propagande anti Cuba, anti Castro n’avait qu’un but unique; tout faire pour diaboliser le régime et le pays. Il n’est pas rare d’entendre des guadeloupéens parler de « dictature » à Cuba, alors que dans notre pays nous subissons depuis 1635 l’exploitation coloniale,  l’oppression du système français, et la pwofitasyon des capitalistes français. C’et vrai qu’il est plus facile de dénoncer Cuba, Castro le Castrisme que de se pencher sur sa propre réalité. Mais cela change…

Castro et sa révolution cubaine, ne sont sans doute pas un modèle pour la libération de la Guadeloupe, mais il faut tout de même remarquer que c’est dans la Caraïbe en 1804, en Haïti, que naît la première république noire et que Napoléon subit sa première défaite militaire.

C’est encore  dans cette Caraïbe, que naît cet illustre Caribéen désormais immortel

Fidel Castro et que se construit la première république socialiste : Cuba !

L’espoir subsiste, pour nous, l’épopée Cubaine et le parcours de Castro en témoignent.

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CCN

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