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Les journalistes sont-ils encore crédibles?

14 Déc 2016
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Sale temps pour les sondeurs et les politologues. Lurel, Brexit, Trump, Sarkozy, Juppé et tant d’autres. Le renoncement de Hollande aura, encore une fois, fait mentir les oracles de la politique, jetés au pilori de l’art divinatoire. “Renoncement”, voilà donc un joli mot (découvert à l’occasion de la fin anticipée du pontificat de Benoit 16 le 11 février 2013) qui tout en rondeur marque à la fois une rupture et une transition. Il convient donc de conseiller à certains de nos confrères d’être plus prudents en matière de pronostics. Il y va de leur crédibilité, d’autant que l’électeur comme la météo devient volatile et de plus en plus imprévisible ! Invité dimanche midi Guadeloupe 1ère la radio, à l’émission politique de notre confrère Eric Lefevbre, j’ai eu à rappeler le débat organisé par la section UPF France  sur le thème “Elections présidentielles : “Les journalistes sont-ils encore crédibles ?” Un débat qui s’est imposé comme indispensable, voire urgent.

En effet après les primaires de la droite et du centre, il a semblé avec raison à nos confrères parisiens de débattre de la crédibilité des journalistes, souvent accusés d’être trop engagés et même d’être les complices des hommes et femmes politiques. L’occasion ici pour nous de rappeler « jantiman » à certains de nos adhérents, qu’aux assises de la presse francophone à Madagascar, notre délégation Guadeloupéenne ne comportait que des journalistes et pas l’ombre d’un représentant d’une collectivité. Et pour éviter tout malentendu avec les instances de l’UPF, nous tenons à préciser que la section UPF haïtienne était dirigée par son président Esau Cesar et non par notre ami Ady Jeangardy par ailleurs président de la Fédération Haïtienne de Journalistes. Fermons ici la parenthèse.

Les faits sont têtus. Dans un scrutin à plusieurs tours, faire la course en tête, n’est pas une garantie pour in fine l’emporter. C’est même souvent, une malédiction qui renvoie à la fable de la Fontaine. “Rien ne sert de courir, il faut partir à point”. Ou encore plus lucidement, au dicton footballistique, “un match ça dure 90 minutes” ! Il faut prendre en compte tous les aléas, et aucun candidat n’est à l’abri d’une surprise, d’un scandale type DSK, de dernière heure. Et le scandale sexuel n’est pas la seule “arme nucléaire” en la matière. La fraude fiscale, les trahisons des amis de 30 ans, les crocs-en-jambe pour obtenir les parrainages ou les financements peuvent toujours servir. Autant dire que tant que l’arbitre n’a pas sifflé la fin du match, tout est possible. Il faudra pour nos confrères, être dans l’avenir plus rigoureux. Le verdict du mois de Mai, ne doit pas être un camouflet de plus. Les primaires, nous avions eu à le rappeler sont l’expression d’une infime partie de l’électorat et du peuple pris dans son entier.

Difficile donc de savoir ce qui se passe dans la tête de l’électeur. « Sèl kouto sav sa ki ka pasé an kè a jiromon ». Il faut dans un premier temps attendre pour connaître le nom des candidats qui prennent réellement le départ. Puis patienter pour connaître le verdict des urnes. Pourtant déjà, les premiers sondages annonce une large victoire du premier ministre démissionnaire, Manuel Valls, aux primaires de la Gauche. Est-ce parce que les grands médias Français sont presque tous passés sous la coupe de 5 grands groupes financiers, tant on dirait que les récentes leçons ne servent pas. Et faut-il encore et toujours que leurs prévisions coïncident avec leurs anticipations… comme sur les marchés boursiers. Sauf qu’en matière électorale, le bulletin de vote est quelque fois plus têtu qu’il n’y paraît. Qu’on se le dise. Il faudra attendre que la France toute entière se prononce. Et ce d’autant, que l’électorat ne se retrouve plus dans les valeurs classiques, voire simplistes de la gauche ou de droite de “grand papa.

Et  qui par ignorance, peur ou dépit, réagit davantage qu’il n’agit. L’électeur ayant beaucoup de mal à se retrouver dans les méandres de plus en plus complexes des véritables enjeux, peut dès lors avoir un comportement qui peut paraître aux yeux de certains comme incohérent ou erratique. D’où l’impérieuse nécessité, de développer dans notre pays une presse responsable et citoyenne. Un chaînon indispensable qui avec des analyses pédagogiques, informe et éclaire le lecteur. Comme Marcel Gauchet nous préférons pour qualifier la Presse le terme de “méta-pouvoir”, à celui de 4ème pouvoir. Le méta-pouvoir médiatique se révèle un réseau pour le moins intriqué aux pouvoirs qu’il est censé observer, critiquer, expliquer et inspecter. D’où la nécessité de la liberté d’expression et du respect de la déontologie… En démocratie le rôle de la presse est écrasant. Car elle ne peut avoir de vertus que citoyennes. Il y va de sa crédibilité. Nous croyons fermement à l’UJMG au  rôle citoyen et à la responsabilité des médias citoyens, car il ne peut avoir en effet de développement sans démocratie. Et de démocratie sans développement. Si les médias ont un rôle si fondamental dans la démocratie, c’est certes pour défendre le lien irréductible entre la citoyenneté et l’information qualitative, mais aussi parce que le pacte social est par essence un pacte avec la parole. Ce pacte, avec le courage de la vérité, les médias ont à l’assumer sans réserve.

RJC

 

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