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Sondages : Ary Chalus peut-il continuer à cartonner ?

22 Déc 2016
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Le dernier baromètre politique de Qualistat a une fois de plus indiqué » qu’Ary Chalus était l’homme politique guadeloupéen le plus populaire du moment. Mais la montée en puissance du nouveau président de Région, ne date pas d’hier, car si on regarde dans le rétroviseur on s’aperçoit que son irrésistible ascension a débuté au lendemain de sa victoire aux législatives de 2012. La mise à feu de la fusée Chalus s’est faite dès cette époque.

Pourtant depuis 2001, le PDR était déjà maire, mais cela n’avait pas suffi à le propulser vers les sommets. Faut-il croire qu’il suffit d’être député de la Guadeloupe, pour atteindre le top de la popularité ? Pas vraiment.

Avant Ay Chalus, ni Joël Beaugendre, ni Dominique Larifla, ni Philippe Chaulet Edouard Chammougon, Gabrielle Carabin ou Fréderic Jalton qui ont tous été des députés n’ont eu le bonheur de caracolé en tête des sondages de popularité. Il est vrai qu’aux temps déjà... anciens des Larifla, Chaulet et Beaugendre les patrons de Qualistat étaient encore à la Fac… 

Mais il y a quand même eu deux exceptions : LMC et Victorin Lurel

1/ Lucette Michaux Chevry quand elle entre en politique est déjà une brillante avocate dans la Capitale. Femme de caractère, véritable bête politique, LMC devient très vite avec son LPG ( Le Parti de la Guadeloupe)l’incontournable et puissante chef de la Droite départementaliste avec même en option parfois, un léger vernis « nationaliste ».  

N’est-ce pas elle qui co-signe avec le leader indépendantiste martiniquais Alfred Marie-Jeanne, la Déclaration de Basse-Terre en décembre 1999 ? .

Au cours de sa déjà très longue carrière politique, LMC a donc su gravir tous les échelons : maire, député, présidente des 2 collectivités, sénatrice avant d’être à deux reprises ministres. Il est bon de noter que pour dominer de le tête et des épaules la vie politique, LMC entretient un solide ancrage populaire dans son pays et parallèlement se fait des entrées dans toutes les allées du RPR chiraquien. Elle saura ainsi jouer avec une grande habileté sur ces deux partitions. Ce qui autorise, LMC à s’auto proclamer la Patronne de la Guadeloupe !

2/ L’autre exception c’est Victorin Lurel. Il est quasiment inconnu au tout début des années 80. Issu d’une très modeste famille paysanne et rurale Lurel est d’abord un fonctionnaire territorial qui fait ses classes à l’ombre de Jacques Gillot, alors maire de Gosier.

Lurel entre en politique en choisissant le PS et commence très tôt à titiller à Vieux-Habitants le maire en place, Nathalie Etna déja en fin de carrière.

Quand Lurel réussit enfin à battre d’extrême justesse Aramis Arbau, il signe ainsi  son entrée dans la cour des grands. Il entreprend aussitôt de réorganiser la section PS de sa commune au moment justement où Larifla et quelques autres quittent le PS francais pour créer le GUSR

Frédéric Jalton le grand patron de la gauche socialiste, déjà très malade est sur ces derniers jours Lurel en jeune fauve comprend alors qu’il a devant lui un boulevard, il sort ses crocs et commence à marquer le paysage politique de son empreinte.

Apres avoir été un temps vice président du conseil général, il décide de remettre la fédération du PS en ordre de marche. A l’orée du second millénaire, Lurel s’affirme. Il est alors prêt à affronter LMC.

A la veille du referendum de décembre2003, il n’hésite pas à feinter son « ami » Jacques Gillot sur la droite, en faisant campagne pour le Non.

L’année suivante Lurel poursuit sur sa lancée et terrasse LMC aux Regionale les, il devient alors à son tour le grand timonier de la « gauche » guadeloupéenne.

Il gagne un second mandat à la Région en 2010. A l’époque le socle de la » gauche « (PS, PPDG, GURS-) commence déjà à se lézarder, Mais Lurel n’en a cure…

En 2012, Ary Chalus qui n’était que maire et conseiller général, décide de « sortir » de sa ville. Il remporte les législatives face au candidat de Lurel. Le Président de Région très amer, n’hésitera pas à dire avec une pointe de condescendance, que Chalus n’est que le député de Baie-Mahault !

Chalus ne sera d’ailleurs pas « autorisé à siéger avec le PS à l’Assemblée Nationale française.

Sait on que dès cette époque en dépit des apparences Chalus se prépare déjà à déchouker Lurel à la Région ?

Lurel impertubable, poursuit son cheminement... Comme LMC il devient ministre et délaisse un peu son territoire naturel. C’est Josette Borel Lincertin qui lui « garde » son fauteuil à la Région

Ary Chalus n’a absolument rien à voir avec les parcours de LMC ou de Lurel. Simple employé de EDF, homme de la campagne baie mahaultienne, ex foot balleur, l’homme politique qu’il est devenu à la mort subite de Paul Mado, ne joue pas dans la même division que LMC ou Lurel. Mais Chalus compense son handicap socio-culturel par une hyper présence sur le terrain.

Dès son arrivée aux affaires, Chalus fait de Baie Mahault une sorte de laboratoire, en grande partie parce qu’il a s'entourer de jeunes cadres territoriaux tous aussi brillants les uns que les autres.

Très vite donc à Baie Mahault l’épisode Chammougon est gommé, oublié. La ville et les élus deviennent Chalusiens. C’est la montée en puissance d’un futur leader.

Ary Chalus, maire, il faut le re dire est omni présent sur le terrain,… certains l’accuseront de populisme, mais son immense popularité, d’abord dans sa ville ne cesse de croitre.

Autre particularisme, Chalus, décide de ne pas s’enfermer dans un parti politique. Il est proche de la « Gauche », mais jamais très éloigné de la Droite et au contraire de Lurel il évitera lors de la crise sociale de 2009, de se mettre à dos les nationalistes.

A l’Assemblée Nationale francaise, le jeune député ne se fait pas remarquer par ses citations en latins, ni par l’excellence de ses discours en francais de France, mais Chalus profite de son présence dans l’hémicycle francais pour nouer des liens avec la classe politique francaise. Il approche Marie Luce Penchard  avec la quelle il recevra Nadine Morano à Baie Mahault tout comme Manuel Valls qui viendra lui rendre visite.

Chalus est il de droite ? on peut le penser ? Chalus est-il de gauche ? On pourrait aussi le dire quand il s’engage aux cotés de Lurel pour soutenir Hollande ? Chalus est il nationaliste, quand il affirme ne pas refuser de« discuter » avec Domota ou avec d’autres nationalistes qui sont dans son entourage ?

Chalus serait-il qu’un opportuniste sans parti ?

Plutôt un fin politique d’une grande intelligence intuitive, sachant bien manœuvrer, sachant flairer les bons coups. Sa popularité acquise quand il est maire, est boostée dés lors qu’il devient député, et c’est presque « naturellement » qu’il grimpe vers les sommets

Une question se pose alors : risque t-il demain d’être ministre comme LMC et Lurel ? Non, parce qu’au contraire de Lurel et de LMC, il ne fréquente aucun des partis politiques franco-francais. Même si il a un temps « flirté » avec l’UMP de M-L Penchard et de Sarkozy, le PDR est politiquement resté très  guadeloupéen.

Il est aujourd’hui dans la mouvance du GUSR, mais n’a aucune responsabilité officielle, c’est comme on dit juste un compagnon de route

Chalus, en toute simplicité, sans arrogance, a gardé son profil de guadeloupéen pas toujours dégrossi. On pourrait dire de lui, comme de la chaine Canal I0, qu’il cultive lune nécesssaire proximité avec les Guadeloupéens. C’est sans doute là, l’une des clés de sa popularité.

Cela suffira t-il pour le maintenir tout en haut des sondages ou sera t-il a son tour victime de l’usure pouvoir ? Comment fera t-il face à la non résolution des questions récurrentes qui minent le terrain politique guadeloupéenne : L’eau, l’insécurité, le chomage…

Qualistat l’a confirmé Chalus est toujours très populaire dans cette frange de l'opinion qu’il appelle le « petit peuple »

Mais le baromètre Qualistat signale aussi que sur la question de la confiance, le divorce entre le peuple guadeloupéen et la classe politique ne fait que s’accentuer.

Enfin, à la veille des présidentielles françaises, Chalus n’a pas vraiment choisi son camp. On sait déjà qu’il ne soutiendra pas Valls aux cotés de Lurel le socialiste.

Par contre, il a été très chaleureux avec Macron, est là ce un signe ?

Un autre signe, Marie-Luce Penchard sa vice présidente s’est ralliée à contre cœur derrière Fillon. Son autre président Guy Losbar, patron du GUSR qui a le cœur à gauche n’a pas non plus choisi son camp. Ca se complique.

Et puis en 2017, Chalus  qui n’est déjà  plus  maire, ne sera plus député. Et la donne socio-politique est entrain de changer. Le PS de Lurel ne domine plus la vie politique. Le Medef de Blandin qui soutenu Chalus, commence à marquer son impatience.

La proximité de Chalus avec le GUSR va « l’obliger » sans aucun doute à se positionner sur la question statutaire.

Sera t-il alors suivi pas son « petit peuple » ? 

 

Site: http://www.qualistat.fr

Voir Baromètre Qualistat

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Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

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