Le journaliste-citoyen est responsable…

20 Jan 2017
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Le jeudi 12 janvier 2017, la présidente du Conseil départemental a convié la presse guadeloupéenne aux traditionnels vœux à la Presse. Comme une nouvelle aurore les vœux de Josette Borel  voulaient chasser les stigmates de 2016. Une année qui fut à ses yeux,  particulièrement difficile. Avec une jeunesse déboussolée, apeurée, plus apte à sortir les armes, qu’à dialoguer et fraterniser. Garante de toutes les solidarités qui empêchent notre archipel d’imploser, la présidente du département à annoncer des mesures volontaristes pour  une espérance autre pour nos médias, le bien vivre ensemble en s’appuyant sur nos valeurs, et pour davantage de  solidarité encore envers les plus vulnérable dont  nos vieux, nos handicapés, nos décrocheurs.

Dans nos sociétés complexes, avec de la fractures de la modernité, il devient nécessaire et indispensable d’entretenir avec TOUS les pouvoirs des relations  claires, droites et franches.  Surtout lorsque l’on observe les dérives sur la toile où sévissent de trop nombreux et impénitents  Zorros masqués. Le challenge est de contribuer à l’éveil des consciences, à la responsabilité et à la verticalité de tous nos compatriotes. Et ce quel que soit l’endroit et  leur domaine d’activité.  C’est là,  tout le sens des discussions, des relations, que nous comptons développer avec les forces vives de notre pays.

D’un avis unanime, les nombreux confrères présents se sont félicités de la haute tenue des échanges entre deux  institutions majeures de notre pays. L’une œuvrant dans le domaine politique, le Département. L’autre,  l’UJMG (Union des Journalistes et des Médias Guadeloupéens)  regroupant toutes les sensibilités et supports  de nos médias. Dont les objectifs principaux s’inscrivent  dans un projet inédit pour  mutualiser nos moyens, de mettre en place des formations, et de veiller à la déontologie et l’éthique. Et la conviction  profonde, inscrite dans notre charte, que la liberté d’expression a pour  corolaire la responsabilité. Le journaliste citoyen est responsable de ses dires envers nos institutions, nos lecteurs et auditeurs. Et sa conscience !

En tant que porte-parole de l’UJMG, j’ai eu à dire combien  notre Union restait attachée au nécessaire et salutaire dialogue que nous devons entretenir avec les institutions de ce pays.  Et nous n’avons été nullement surpris que le Département, avant d’autres, ait répondu favorablement à la nécessité que les médias guadeloupéens disposent à l’instar de nombreux autres pays, d’une Maison de la Presse pour remplir dignement ses missions. Un toit enfin sur la tête, comme toutes les associations et institutions, pour que nous ne soyons plus des  journalistes savann. Des journalistes SDF. Un manquement qui n’était pas de nature à grandir nos décideurs, hélas souvent trop autistes et truqueurs. C’est donc là une exigence démocratique.

Cette nécessité ne nous place nullement en position de quémandeurs, mais en partenaires responsables pour donner du balan à notre démocratie confrontée à de redoutables défis. Car rien ne  pousse à l’ombre des grands arbres. Et les  plus belles allées de la création se dessinent quand les grands arbres se dressent et dialoguent l’un face à  l’autre.  D’institution à institution. C’est ainsi que nous concevons la presse Guadeloupéenne, qui doit désormais être considérée comme un pilier indispensable à la démocratie, à la formation des esprits et à l’élévation des consciences. Bien plus qu’une association, nous sommes une institution et devons être respectés et considérés comme tel. Il va de soi, et cela est dit à l’endroit de nos confrères, que le respect se mérite. On ne peut vouloir être respecté si l’on ne se respecte pas soi-même, si l’on ne considère pas ses confrères et consoeurs à l’aune de la grandeur du métier de journaliste.

C’est dans ce larèl, en  tant que porte- parole de l’UJMG que préside avec bonheur et détermination,  notre confrère Jocelyn DURIZOT, que j’ai eu à rappeler : “Qu’avant même de se mettre debout, l’être humain avait besoin d’informations sur le monde qui l’entourait.   Et de reprendre  ensuite à mon compte  ces mots de Thomas JEFFERSON (Thomas Jefferson, 3ème  président des États-Unis d’Amérique de 1801 à 1809) “Je préférerais vivre dans un pays  qui ait des journaux et pas de gouvernement plutôt que dans un pays qui ait un gouvernement mais pas de journaux.” Et de citer ces pays en crise qui comme la Belgique, ont fonctionné  des mois sans gouvernement, mais jamais sans médias.

De même, j’ai eu à rappeler  en tant que président de la section caraïbe, notre appartenance à l’UPF. La  plus ancienne association francophone de journalistes (120 pays, des milliers d’adhérents journalistes ou dirigeants de médias). Et dont  Jocelyn et moi, siégeons  au comité international de L’UPF. Et combien nous étions redevables de la logistique, de l’éthique, et des échanges avec les plus prestigieuses figures de la profession,  lors de nos rencontres annuelles  à l’étranger.

Il y a eu toujours des médias en Guadeloupe. Mais notre pays est un grand cimetière d’entreprises plus ou moins éphémères. Oui, c’est avec une émotion retenue, et surtout avec une grande satisfaction, que j’ai rappelé qu’avec Jocelyn dans la lignée des pères fondateurs du Progrès Social Henri et Félix RODES, que nous entamons sans discontinuer la 60ème année de notre hebdomadaire devenu un patrimoine intergénérationnel  de notre pays. Une  pareille gageure se doit d’être célébrée. Nous nous sommes engagés. Nous y reviendrons !

RJC

Porte- Parole de l’UJMG. Président de la section caraïbe de l’UPF

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Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

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