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Ils ont tué le jour de la Saint-Valentin !

15 Fév 2017
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La Saint Valentin des amoureux c’était hier et j’ai entendu sur toutes les ondes des messages d’amour et de tendresse. Les réseaux sociaux qui ont depuis peu supplantés la radyo bwapatat de Apaé Anman, débordaient de bouquets de fleurs en gif, de paroles apaisant la Guadeloupe de ce 14 février 2017, c’était pour un jour, un jour seulement, subitement transformée. Oubliés les homicides du début d’année qui ont fait la une de la presse, oubliée la misère sociale qui croît et tôt ou tard pourrait générer une explosion qui risque d’être moins « gentille » que la crise LKP de janvier 2009.

Mais quand on se plonge dans l’histoire contemporaine et récente de nos pays, aussi bien en Martinique qu’en Guadeloupe, les 14 février sont aussi des jours de douleurs pour des familles ouvrières.

C’est en effet un 14 février 1952, dans la ville du Moule, que l’armée francaise, avec la complicité du Préfet et des usiniers organisent une véritable tuerie. 4 innocents sont abattus : Constance Dulac, Justinien Capitolin, Edouard Dernon et François Serdot. Les usiniers et leur militaires, des gendarmes francais, n’avaient pas acceptés que les ouvriers, les cultivateurs du nord-Grande-Terre, se mettent en grève pour réclamer une amélioration de leurs conditions de travail et plus d’humanité. Les auteurs de ce 14 février sanglant, de ce massacre, n’ont jamais été inquiétés pour avoir assassiné des Guadeloupéens. Il n’y a même pas eu une commission d’enquête. Silence total.

C’est hélas, une habitude dans les colonies françaises. On tue, on massacre et ensuite tout est mis en place pour effacer de nos mémoires ces atrocités. Il est souvent dit que l’histoire ne se répète pas et pourtant :

Au mois de janvier 1974, au nord de la Martinique, dans la commune du Lorrain, les ouvriers agricoles étaient en grève.

« Le 14 Février 1974, un groupe d’ouvriers qui, la veille, avait participé à une réunion paritaire sans résultats, passe d’une habitation à l’autre pour expliquer la nécessité de maintenir la grève pour imposer aux békés le respect des revendications. ( ..)

Au lieu-dit Chalvet à Basse-Pointe, les grévistes sont brusquement encerclés par 200 gendarmes qui sans sommation ouvrent le feu, relayés par un hélicoptère qui depuis le ciel bombarde les travailleurs. Le bilan est lourd : un tué en la personne d’Ilmany Renor et 5 blessés graves ». 

Dans nos 2 pays, le 14 février ne peut pas être uniquement ce que les medias dominants et serviles nous chantent pour nous anesthésier. Il y a comme dirait l’écrivain-philosophe Claude Ribbe « une autre histoire ».

Pour ces familles guadeloupéennes et martiniquaises qui ont perdu, un 14 février, un proche, un être cher, la Saint Valentin est un jour triste, un jour de deuil car des soldats français ont été animés que par de la haine. On ne tue pas d’une rafale de mitraillette un ouvrier agricole désarmé (Chalvet) ou un simple passant innocent (Le Moule) en faisant des bisous…

Les St Valentin dans nos pays sont encore douloureux mais il n’y a pas que les 14 février puisque dans quelques semaines, ce sont des dizaines de famille guadeloupéennes qui se souviendront des pères, frères, cousins, morts parfois sans sépulture les 26 et 27 Mai 1967 à Pointe-à-Pitre. 

Les mois de mai sont tout aussi sanglants dans notre pays car c’est en mai 1802 que l’armée napoléonienne, pour rétablir l’esclavage tue des centaines de résistants de nos pères. C’est aussi en mai 1967 que les légionnaires français font feu de toutes leurs armes. 

Loin de chez nous, dans la France des socialistes, des Lepénistes et des Fillonistes, ce sont encore des brutalités policières qui font la une. Théo et Mohammed K ont été les victimes d’agressions inqualifiables et Marine Le Pen, celle-la même qui est l’objet d’une interdiction de séjour en Guadeloupe, a publiquement manifesté son soutien à l’égard de ces policiers indignes.

Désolé si j’ai gâché votre St Valentin mais parfois la réalité est si tellement atroce, qu’il nous est difficile de la dissimuler.

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Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

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