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La crise en Guyane est un miroir

31 Mar 2017
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Abracadabrantesque ! Les partis traditionnels (PS, Les Républicains, FN) ne trainent pas seulement des casseroles, mais des gwo kannari é fétou. Hélas, c’est la triste contagion chez nous,  avec les représentants locaux notamment de la droite Chevryste, encore récemment épinglée.

Et la folle campagne se durcissant, il faudra se préparer à se boucher les oreilles et surtout les narines. En témoigne la création en toute urgence de l’Agence française anticorruption pour donner d’autres outils contre la corruption.

Cette demande de salubrité publique commande en effet de sevrer l’imagination débordante de certains élus en matière d’abus de pouvoir, de népotisme et d’enrichissement personnel !

Opération mains propres dîtes-vous ?  Est-ce, enfin, la prise en compte d’un ras le bol, d’un réveil citoyen qui ne supporte plus les petits arrangements et l’arrogance d’une classe politique visiblement gangrénée ? Les menaces, les cris de vierges effarouchées des épinglés et la mise en scène de leur victimisation, ne semblent  plus heureusement,  être de nature à intimider la justice et la presse. Ces nobles institutions, piliers de la démocratie qu’on cherche à discréditer, alors qu’elles  ne font que leur devoir d’information, d’équité et de transparence !

Triste spectacle pour la démocratie, de voir tant d’hommes  politiques se tirer des balles aux pieds en cherchant à désacraliser la politique et sa noblesse. Pourquoi, ces hommes réputés pourtant intelligents ont-ils été à ce point, aveugles, pour  croire  que protégés par une caste, qu’ils seraient, à vie et en toute circonstance,  des intouchables.

Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse. Tous ces comportements déviants, de vieilles pratiques et ces scandales financiers, qui sortent au grand jour, devraient comme nous l’avions annoncé,  inéluctablement accélérer l’émergence de nouvelles alternatives politiques.

Exaspérée, la majorité des Français, comme chez nous et en Guyane, dénoncent les formations politiques traditionnelles devenues obsolètes. Avec des leaders toujours an chiraj, faisant passer les intérêts du parti, et de leur carrière, au-dessus de l’intérêt du peuple. Et cela, depuis les Trente Glorieuses. Est-ce à dire que la  prédiction de l’ancien leader communiste Robert Hue prend de la consistance quand il affirme : Les partis politiques vont mourir... Et ils ne le savent pas !,

Ce chant du cygne des partis traditionnels, on le voit bien  en Guyane. La montée des collectifs citoyens a complètement décrédibilisé les élus et les partis politiques souvent déconnectés de la réalité. Et de l’état émotionnel des masses et leur attente.  Même les syndicats se sont retrouvés à la traîne. Comment en effet, en l’espace de quelques jours, les “500 frères”,“twop violence”, les “iguanes” ont-ils pu directement se hisser au niveau gouvernemental en exigeant, au nom du peuple, de discuter avec des ministres venus de Paris ? Est-ce bien parce que les élus Guyanais se soient  discrédités à ce point ? On se rappelle l’année dernière de la démission forcée des 15 vice-présidents de la CTG afin de satisfaire l’égo présidentiel de Rodolphe Alexandre.  Mais que dire des injures faites à la justice. Quand le maire de Saint-Laurent, encore récemment condamné par la Cour d’appel de Basse-Terre à la prison ferme avec mandat de dépôt, est présent sur les écrans télé et sur les barrages en toute quiétude, cela devrait interpeller et pas seulement en haut lieu.

La crise en Guyane est un miroir. Elle montre  comment les gouvernements français successifs se sont montrés  incapables de  résoudre les problèmes de développement des DOM. Tous territoires et statuts confondus. Et ce quelques soient les mers et les océans. L’actualité est à la Guyane. Et l’expression de François MITTERAND  du 11 septembre 1985 est ici  significative. La France s’est contentée de  lancer des fusées sur fond de bidonville. Si gouverner c’est prévoir comment des responsables politiques endogènes et exogènes ont pu croire qu’avec une démographie galopante (qui a doublé en 20 ans, et devrait encore doubler d’ici 2040), une immigration non maîtrisée, l’illettrisme et une jeunesse sans perspective, que l’implosion n’était pas  à craindre.  Qu’elle n’était pas  imminente. Surtout que, d’une part  l’enclave du centre spatial  ne contribue presque pas au budget de la CTG (120M€ d’exonérations annuelles). Et que d’autre part  le pillage des ressources minières (orpaillage clandestin), l’exploration et donc l’exploitation pétrolière hors taxes, laisseraient  le sentiment aux Guyanais qu’on les dépouille de leurs ressources sans aucune compensation.

Partout sur le territoire de la République, si on en croit les sondages, les partis politiques n’auraient donc plus la cote. La défiance supplantant la confiance, une cassure sans retour,  s’est opérée.

Le suicide existerait-il aussi dans le genre politique ? Quand chez nous de même, nos assemblées majeures se font la guerre. Alors que ni le problème du chômage, de la délinquance, de l’eau, des ordures, de la presse, de la formation,  ne sont réglés. Pourquoi, cette fuite dans l’irrationnel, alors qu’il y a tant d’épines dans nos pieds.

Aucune météo n’a vu venir la menace en Guyane. Présidentielle, législative, et bousculade de candidats à la candidature pour des élections à venir,  ravivent la détestation qui  est à son zénith, dans le microcosme politique. 

Quand les hommes politiques de chez nous vont rompre la loi du silence, les casseroles feront plus de bruit, qu’un défilé d’Akiyo et de Voukoum ! Sé roch pou mété an zorèy a zòt

RJC

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Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

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