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L’Assemblée unique refait surface…

07 Avr 2017
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Nous l’avions déjà écrit. Pour gouverner et avoir les moyens de sa politique, le président de la République élu, doit disposer d’une majorité stable à l’Assemblée Nationale. C’est dire donc que l’élection présidentielle est une élection véritablement à quatre tours. Pour rappel les dates des élections législatives de 2017 ont été fixées à l’issue du Conseil des ministres du 4 mai 2016. Le 1er tour des législatives aura lieu ici le samedi 10 juin 2017 (dimanche 11 juin dans en France). Pour le second tour, ce sera le samedi 17 juin (dimanche 18 en France). 

Elles auront donc lieu, tout juste un mois après le 2ème tour des présidentielles. Et quelques mois  avant les sénatoriales 2017. Le président élu au mois de mai aura ainsi besoin d’une majorité à l’Assemblée pour pouvoir gouverner et faire voter les lois.  Il est vrai qu’en général, le pays qui vient d’élire le président, lui donne, une majorité pour gouverner. C’est dire l’importance qu’a le choix du président pour les élections législatives, surtout depuis l’instauration du quinquennat. Et ce d’autant  que la constitution  confère au président des pouvoirs étendus et personnels. Comme le recours au référendum législatif prévu à l’article 11 de la Constitution, droit de dissolution de l’Assemblée nationale, pouvoirs exceptionnels de l’article 16, nomination du Premier ministre, droit de saisine du Conseil constitutionnel, réunion du parlement en session extraordinaire, signature des ordonnances, promulgation des lois, droit de grâce, etc…

Plus généralement, c’est au Président de la République qu’il incombe de veiller au respect de la Constitution, d’assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et de garantir l’indépendance nationale et l’intégrité territoriale. Il est le garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire. Et même de probables cabinets noirs dit – on !

Chez nous, au sein des 4 circonscriptions, nous aurons à choisir nos députés au suffrage universel direct. Que valent réellement leur poids sur les 577 députés  de l’Assemblée Nationale ? Quid de leur capacité morale, intellectuelle et patriotik à défendre d’abord les intérêts de la Guadeloupe. Avant celui  de leur leader, parti, courant, ou groupe parlementaire.

Il n’a échappé à personne, que la bataille des législatives, supplante déjà chez nous celle  du président de la république. Mais n’étant pas dupe du caractère légitimiste de nos populations, la plupart des candidats jouent des coudes  pour être dans la majorité présidentielle. Disposer des soutiens des poids lourds des partis locaux et/ou de l’onction des grands leaders politiques  est un atout non négligeable. Au diable, les convictions et les appartenances d’hier. D’où l’importance en cette période pré-électorale des alliances et des choix stratégiques. Ainsi on le constate dans quasiment toutes les circonscriptions, il y a une vraie bataille pour obtenir les investitures. Investitures qui peuvent venir de Paris, mais aussi de Petit-Bourg, des Abymes, de Basse-Terre ou de Pointe-à-Pitre.  Tout est bon à prendre. Les stratégies  et les postures, privilégient le pragmatisme. Donc l’élection. C’est dire que Machiavel n’est jamais bien loin !

Vu le nombre toujours pléthorique de candidats à la candidature,  souvent de la même mouvance ou alliance, il n’est pas rare que les candidats passent très tôt des compromis. A moi la députation, à toi les  sénatoriales. Ou les Municipales de 2020 ! ” Voilà ce qui se dit dans le microcosme en pensant aussi aux communautés de communes ou d’agglomérations. 

Et depuis le clash entre le Département et la Région à propos de la répartition de la taxe sur le carburant, le sujet de l’Assemblée Unique refait surface avec pour corollaire celui de sa présidence. Mais est- ce là, la priorité du peuple ? 

Et les citoyens dans tout cela. Ceux qui espèrent vainement une goutte d’eau dans leur robinet. Ceux qui désespèrent de trouver un emploi. Ceux qui n’en peuvent plus d’attendre un bus. Ceux ne croient plus à une Guadeloupe propre et belle faute de traitement des déchets. Ceux qui ne font plus confiance aux promesses, comme en Guyane, et qui exigent des résultats. Il ne faudra pas leur faire encore longtemps  prendre des vessies pour des lanternes. Nou pé ké kwè an malpapay pli lontan.

Au moment où même les onze candidats à l’élection présidentielle dénoncent  les privilèges d’une classe politique. Qu’ils en appellent, à la réduction des élus et surtout à la moralisation  de la vie politique. A la révocation des élus en place, pour manquements graves comme nous le vivons dans beaucoup de nos villes et communes de droite. Il n’y a pas que des avantages pour  ceux qui veulent devenir un(e) professionnel(le) de la politique. Il leur faudra de plus solides motivations. Disons-leur franchement. Les temps changent. L’essentiel, n’est pas d’entrer chez les dieux.  Après les différents dérapages et scandales politico- financiers, la justice, les médias, les contribuables, les chômeurs,  et les nombreux laissés pour compte, deviendront plus critiques. Sur le travail effectif des élus, leur présence effective à l’assemblée, leur déclaration exacte de leur patrimoine, sur leur  transparence, sur leur indépendance réelle aux lobbys financiers et industriel. Et le respect qu’ils doivent à leurs administrés et aux lois  de la République. Qu’ils soient donc prévenus. Nou ké véyatif. 

JCR

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Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

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