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Jean-Claude Rodes

Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

Les médias ont un pouvoir et tout pouvoir renvoie à de grandes responsabilités. Si c’est au pied du mur qu’on juge le maçon. nous nous félicitons de laborieux travail, malgré des difficultés et freins incommensurables de la production de nos médias sur tous les supports privés comme publics, dans leur mission d’informer. Ils font un dur, mais un excellent travail !

La rentrée sociale 2019 aura été pour le moins calme. Pourtant, la grève du CHU durant le mois d’août nous a laissé croire à la convergence des luttes au mois de Septembre. Mais cette grève du CHU qui n’en finit pas de finir, a visiblement lassé l’opinion. Et ce d’autant qu’il s’agit de santé donc de vie et de mort. Surtout pour les plus humbles qui ne peuvent se soigner ailleurs. Dès lors, on ne comprend plus pourquoi le CHU est encore en grève. Les conflits nous l’avons toujours dit sont nécessaires pour mettre en évidence les dysfonctionnements, mais deviennent toujours improductifs dans la durée.   A ceux qui pensent qu’on ne fait pas une omelette sans casser les œufs, rappelons qu’un enfant, une femme, un vieillard, un malade, un accidenté, ne sont pas une omelette et moins encore un gallinacé.

Délirant. Abyssal. Puits sans fond. Les qualificatifs manquent depuis quelques temps pour caractériser les déficits de certaines collectivités, publiés par la Chambre Régionale des Comptes. Il faut dire qu’après la ville de Basse-Terre et la Communauté d’agglomération du Sud Basse-Terre, le déficit de la ville de Pointe-à-Pitre a explosé tous les records. Et face aux rapports successifs de la CRC, nos édiles ont souvent les mêmes réactions. Gagner par toutes sortes d’arguties, la bataille de l’opinion. La première consiste à   rejeter la faute sur le prédécesseur. D’où les sempiternels audits dès la prise de fonction comme on l’a vu entre autre à la Région et à Anse-Bertrand, Baillif et autres communes épinglées par la suite par la cour des comptes. A Basse-Terre comme à Pointe à Pitre, difficile d’imputer la responsabilité de la gabegie à un adversaire politique. Puisque dans ces deux villes sévissent depuis tantôt des dynasties familiales. Les prédécesseurs ne sont autres que le papa ou la maman.

Et pour la CAGSC, la présidente en a toujours été présidente depuis la création ! Donc pas de bouc émissaire !

Deuxième réaction, c’est la contestation systématique du rapport de la CRC. Ainsi a-t-on entendu l’adjoint aux finances de Pointe-à-Pitre affirmer sans rire que le déficit devrait être réduit de 20 millions car la Chambre n’aurait pas comptabilisé un terrain. Bon d’accord. Et les 58 millions suivants ? A ce stade il faut cesser comme dirait le général de Gaulle de prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages. Autrement dit, arrêter les blagues et cesser de se moquer des administrés qui devront casquer pour combler ces déficits.

Au lieu de réduire l’endettement, la masse salariale, les charges de fonctionnement, l’on continue allègrement à dépenser, à embaucher sans compter et enfoncer la commune pour de nombreuses années.. Ce comportement est d’autant plus inacceptable, irresponsable vis-à-vis des contribuables, que la Chambre Régionale des Comptes garde une constance dans ses méthodes et ses pratiques et également dans ses préconisations. Ceux qui sont chargés des finances sont donc sensés connaître parfaitement la façon de faire de la CRC et les méthodes comptables qu’elle applique avec une grande rigueur. Pourquoi donc chercher à faire croire que la CRC veuille nuire à la municipalité alors que l’on sait parfaitement que telle recette ne sera pas prise en compte et que telle autre charge sera totalement comptabilisée.

Toujours le même refrain : Sé pa ma fòt ! Enfin, face à un déficit qui se creuse il est de bon ton d’accuser une autre collectivité de ne pas financer ou pire de ne pas payer. Ici c’est de bonne guerre d’accuser l’ancienne gouvernance de la Région ou l’intercommunalité dont on fait partie. On a ainsi lu des courriers du maire de Bouillante accusant en 2018, la présidente de la CAGSC de devoir quelques centaines de milliers d’euros à sa commune. L’accusation est cocasse, on en a beaucoup ri, d’autant que le maire de Bouillante faisait et fait toujours partie de cette majorité. A Basse-Terre, la situation est encore plus ubuesque. Le Maire Marie-Luce PENCHARD a même menacé d’ester en justice contre sa propre mère, présidente de la CAGSC, qui était on l’oublie trop souvent également adjoint aux finances de la ville ! Et tout cela pour tenter de se dédouaner de ses propres responsabilités. Elle en rajouta même une couche la semaine dernière au micro de notre confrère Claude DANICAN en affirmant que sa situation budgétaire était en grande partie due aux restrictions prises à son encontre par l’ancien président de Région. Bigre ! Si c’était le cas, depuis quatre ans qu’elle est vice-présidente de la Région, les millions régionaux auraient dû se déverser sur «sa ville».

A l’analyse il faut s’interroger sur cette impunité que s’octroie ceux qui sont aux affaires, mais aussi de cette cécité coupable de l’Etat trop longtemps laxiste par le passé. Dans une république éclairée, il faut finir avec des méthodes relevant d’une république bananière. De ces pratiques qui font du maire ou du président un monarque en culottes courtes. Quid ici de l’intérêt du clan, d’une famille, faisant fi de l’intérêt général ? Et du respect de la loi !

Cette dérive dans les décisions solitaires et autoritaires s’est accentuée avec la complexification du mille-feuille administratif. La création des agglomérations, de l’intercommunalité qui devait être source d’économie d’échelle, de mutualisation, de développement avec une vision de territoire, n’a été en réalité que l’érection de nouveaux lieux de nouveaux pouvoirs et de chefferies. Avec des politiques budgétivores.

Il est vrai que dès le départ les dés étaient pipés tant les pressions municipales ont joué dans la définition du périmètre de ces intercommunalités. Les communes pourvoyeuses d’électeurs tirant la couverture à elles au détriment d’une vision de territoire et encore moins d’une vision guadeloupéenne du développement. On le constate dans la gouvernance de l’eau. Comme dans celle des déchets. Cette prégnance de certains maires se fait également jour malheureusement dans la gestion des collectivités. Ce n’est sûrement pas un hasard si le meilleur gestionnaire de Région a été Félix PROTO qui n’était pas directement sous la pression permanente des intérêts d’une commune, d’un parti, d’une idéologie, ou d’un clan. Ne faut-il pas dès lors militer pour une vraie simplification du mille-feuille en supprimant des niveaux de décisions ? Car en définitive à quoi cela sert-il de saucissonner les responsabilités lorsque notre petite Guadeloupe a besoin de dynamisme, de flexibilité, d’agilité dans l’action, et de vision globale ?

RJC

Ne pas reconnaître l’existence d’une mafia en politique n’est-ce pas la première impunité conférée aux auteurs de ces dérapages mafieux. Ce qui est fait sans nous et dans le mépris total des règles, est fait contre nous.

Alors que les vacances battent leur plein, alors que les problèmes fondamentaux de la Guadeloupe demeurent et même s’amplifient (eau, sargasses, CHU, chlordecone, déchets, transports…), alors que le chômage continue a tutoyer les sommets, voilà que l’actualité politique, même en Guadeloupe, est accaparée depuis presque trois semaines par un fait divers. Ce fait divers, le « Benallagate », s’est transformé en affaire d’Etat. Au point de faire surseoir à l’examen de la révision constitutionnelle, texte important s’il en est, tant il transforme la vie politique française. Au point de provoquer la création de deux commissions d’enquête parlementaire, l’une au Sénat, l’autre à l’Assemblée. Au point de susciter le dépôt de deux motions de censure du gouvernement, l’une par l’opposition de gauche pour une fois rassemblée, l’autre par le parti LR qui pour la circonstance recevra également les voix de l’extrême droite.

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