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Jean-Claude Rodes

Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

Comme on le constate le peuple enfin debout, ne cesse d’exprimer son indignation pour qu’on ne le tourne continuellement en bourrique. Il exige de l’eau au plus vite, de la transparence, et des poursuites tant pénales qu’administratives. Pour éteindre l’incendie, c’est sous la vigilance et la pression populaire que désormais des réunions et voyages s’enchaînent. Et nos élus désargentés réclament en chœur, un retour de l’engagement fort de  l’Etat.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les choses s’accélèrent. Après la Conférence territoriale de l’Action Public (CTAP), après la rencontre du président de région Ary Chalus avec le président de la république Emmanuel Macron, voici venu le temps de la mission d’audit dépêchée par l’Etat.

La Guadeloupe trop longtemps malade de son eau est devenue un casse-tête aussi à Paris. Car jamais un patient, même pas la «Mama mourante d’Aznavour”  n’a eu à son chevet autant de visiteurs ! Connaissant ce que valent les promesses des élus, s’endormir sera pire qu’une faute.

Et comment en être autrement, vu les sommes évoquées pour réparer et reconstruire les canalisations et les usines de production d’eau.  Ce ne sera  pas moins d’un milliard d’euros — entre l’eau potable et l’assainissement — qui sera nécessaire pour remettre au niveau la gestion de l’eau  en Guadeloupe.

On se rend bien compte dès lors que, l’Etat qui compte au centime près ses sous,  a tout intérêt  à exiger  une bonne gestion des fonds. C’est dans ce larèl  que le président Macron a envoyé cette mission d’audit afin d’estimer le coût réel d’une remise à niveau de la filière Eau. Mais également afin de déterminer les responsabilités passées dans l’échec de la politique de l’eau. D’autant que chacun sait que l’eau, n’a  pas payé uniquement l’eau.

Malgré  les bonnes intentions affichées, il sera sûrement plus délicat de cibler les responsables et l’étendue de la mauvaise gestion voire même des malversations. Après le scandale de la SODEG, celui des HLM, la voyoutocratie d’élus mis en examen, la gageure est de déterminer où est passé l’argent. Celui du consommateur, celui du contribuable  qu’on ne cesse de détrousser impunément.

L’affaire est cocasse, voire tragique et ce d’autant que la plupart des responsables est encore aux affaires. Ceux-là peuvent compter sur l’aide de l’Etat, surtout que celui-ci a été lui-même défaillant dans la surveillance, les contrôles voire les sanctions. Nonobstant, il faudra bien que l’on sache, où se situe les responsabilités. Celles d’’hier et d’aujourd’hui !  Il ne peut avoir de prescription ni de compassion, contre on krim kont la Gwadloup ! Cette question des responsabilités devra quoiqu’il en coûte être tranchée afin que désormais, nul n’en ignore. L’impunité, l’irresponsabilité, les mafias, ne doivent plus être de mises  dans la gestion des fonds publics. C’est-à-dire de notre argent.

Comme je ne cesse de le dire. il appartient à l’Etat de protéger tous ses citoyens et faire amende honorable. Il doit mettre lui aussi la main à la poche.

Mais dénonçons ici l’arnaque faisant croire que  l’argent de la réparation provient du budget départemental, régional ou de l’Etat. En définitive ce sont les Guadelou-péens qui vont payer le prix fort, non pas une, non pas deux mais trois fois, l’eau qu’ils n’auront même pas consommé en réalité.

A ce  stade inégalé de la frustration,  il ne s’agit plus de fanfaronner. Il y a donc une double exigence. Celle de donner au plus vite de l’eau aux foyers, aux entreprises, aux centres de santé de Guadeloupe. Et celle aussi de faire payer les responsables de cette gabegie. Car la population, on l’a bien compris ne se contentera pas de cautère sur jambe de bois avec le plan d’urgence tel qu’il a été défini par les EPCI. La gestion de la facturation notamment devra sérieusement être revue. Il est symptomatique d’apprendre de la bouche de la présidente de la CASBT (Grand Sud Caraïbe) que l’essentiel du déficit de trésorerie de sa structure est dû aux impayés de l’eau (6 millions d’euros quand même). Une provocation de plus ! L’âge ne peut tout expliquer !

Cependant, on peut devant l’ampleur de la faillite  (gabegie, mauvaise gestion, désorganisation…) comprendre les réticences des établissements bancaires comme la Caisse des dépôts qui se montrent frileux à intervenir dans ce dossier. Ils exigent pour la plupart des garanties non pas des EPCI mais bien des collectivités régionale et  départementale. Et de l’Etat lui-même.  Autrement dit, s’il n’y pas de garantie d’une gestion saine, une résorption des déficits, il n’y aura pas de prêts bancaires.  Il y a donc bien loin de la coupe aux lèvres.

Ce dossier de l’eau n’a pas fini de connaître des rebondissements. Et malheureusement les robinets ne sont pas prêts de fonctionner à nouveau. Là où il n’y a pas une vision, une éthique de la responsabilité, les peuples meurent !

RJC

 

71 millions ! C’est le chiffre de la semaine. En effet, c’est le chiffre qui sym-bolise la réunion des présidents des EPCI de Guadeloupe à propos de l’eau. Mais chacun l’aura bien compris. La multiplicité des réunions qui se sont tenues dans la foulée n’auront pas masqué les divergences profondes qui divisent les élus Guadeloupéens. Divisions qui pour une bonne part sont à l’origine de ce que l’on appelle “la crise de l’eau”. On se rend bien compte que l’on a  vécu une semaine où tout s’est accéléré. En tout cas sur le papier. Car, et c’est bien ici que le bât blesse, on en est toujours à des projets de projets. En effet, dans un premier temps on a annoncé la venue du secrétaire d’Etat Lecornu, missionné pour donner  un coup de fouet sinon un coup de pied au derrière à tous les acteurs de la filière Eau. En outre, une série d’initiatives privées venant tant des associations d’usagers que de groupements de consommateurs qui ont décidé de porter l’affaire devant les tribunaux en déposant des plaintes visant notamment la communauté du sud Basse-Terre. Aussitôt, les présidents des intercommunalités (EPCI) — Eric Jalton en tête —qui normalement auraient dû être dès l’origine en première ligne sur ce dossier, ont repris l’initiative.

Dès lors la Région, pour ne pas se laisser “doubler” convoquait une réunion de “préparation à la conférence territoriale de l’action publique” dont le but en réalité était de reprendre la main. Ary Chalus  annonçait la participation de la Région à hauteur de 30 millions. Du coup, le Département et l’Etat étaient enjoints eux aussi à fixer leur participation sous peine d’apparaître comme les vilains petits canards.

Des affiches négrophobes placardées sur des magasins en veux-tu, en voilà.  En politique, dans le sport, dans les entreprises, dans nos rues,  des injures fustigeant  la différence interpellent. Les injures racistes et sexistes en 2018 interpellent autant par leur brutalité que par leur instrumentalisation, conscientes et inconsciente. Il faut dénoncer avec la plus grande vigueur, l’injure raciste et sexiste qui se banalise. “C’est  pour qui la banane ? C’est pour la guenon.” C’est par ces mots qu’une fillette de 12 ans avait  brandi à Angers une peau de banane à l’endroit de Christiane Taubira, à la grande joie entre autre, du Front National. Racisme, sexisme ce sont des blessures de notre humanité. Mais ne faut-il pas  faut en finir avec cette culture de l’excuse.  Car expliquer le mal, c’est vouloir déjà tout excuser !

Que ces insultes viennent d’enfants  et des faibles QI de la compassion, on pouvait comprendre sans pour autant l’accepter.  Notons que cette  comparaison simiesque envers la  ministre de la Justice,  c’est le lot, encore récemment, de joueurs noirs sur les terrains de foot — après Thuram — tels Blaise Matuidi en Italie, Pierre-Aymerick Aubameyang en Allemagne et Gaëtan Bong en Angleterre. 

Mal connaître un objet, disait Camus, c’est ajouter au malheur du monde. Le malheur de notre pays c’est cette incapacité de s’accorder utilement sur les répartitions des pouvoirs et des solutions à prendre pour pallier aux manquements graves de ceux (Etat, collectivités majeures, communautés de communes ou d’agglo et autres  EPCI….)  qui, par des décisions iniques, portent gravement atteinte au quotidien des populations. Mais aussi au développement économique du pays et l’image même de la démocratie.

L’actualité politique tant en Catalogne, qu’en Corse, mais aussi chez nous avec les barons et baronne de l’eau,  entre autre,  montre l’opposition de deux institutions reconnues par la constitution, mais qui ont du mal à s’accorder sur leurs compétences. N’hésitant pas, par des décisions iniques, à prendre en otage la  légalité et le bien-être des populations. Des vanités politiciennes ont-elles le droit d’entrainer impunément une population dans l’impasse ?

A l’analyse, le  télescopage des compétences est le propre même des pays ayant une organisation décentralisée. C’est le cas des fédérations ou confédérations, où les états,  les régions,  les provinces, disposent d’une plus ou moins grande autonomie, pouvant ébranler le pouvoir central, souvent conduit, pour sortir du conflit, à faire des compromis. Notons cependant, que pour sauvegarder l’unité du pays, la justice sociale, la cohésion nationale, que le pouvoir central n’abandonne jamais ses compétences en matière de justice, de monnaie, de puissance coercitive (armée, police) ni même d’affaires étrangères.

La déferlante de contrariétés sur notre territoire dues à l’incompétence de certains de nos dirigeants et aussi aux dérives mafieuses (mise en examen d’élus et de hauts cadres, budget mis sous la tutelle par la cour des comptes, subvention virtuelle et non honorée avec un préjudice importants pour les associations et les entreprises, interminables querelles d’ego sur la question de l’eau, insupportable taux de chômage, montée de la criminalité, de l’illettrisme, et maintenant l’incendie du CHU) viennent rappeler que chez nous, la vie réelle des gens peut être vraiment triste.

Mais l’immense potentiel de notre archipel, tant par son climat, sa flore (l’or vert), l’abondance de sources d’énergies renouvelables, la variété et la beauté de nos sites naturels et touristiques, notre incomparable gisement encéphalique et l’extraordinaire réussite de nos élites intellectuelles, de nos artistes, comme de nos sportifs tant sur le plan national qu’international, montrent que le réel chez nous peut être aussi une immense source d’espérance.

Nous ne sommes pas des idéalistes utopiques. Et dans mes éditos, j’ai eu à le dire. Le réel ne peut être parfait. Mais rien ne peut justifier cet immobilisme avec la non résolution de problématiques récurrentes datant de 10, 20  ou 30 ans ! Mais il n’y a pas de malédiction programmée. Il y a des défis à relever et qui doivent être absolument gagnés. C’est là une affaire de maturité et d’intelligence collective.

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