Danik I. Zandwonis

Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

Parce que la question sanitaire s’est considérablement détériorée dans notre ile. Outre le CHU qui est en très grande difficulté pour ce qui a trait aux soins, si j’ajoute l’empoisonnement des sols, la potabilité très médiocre de l’eau des robinets ou son absence totale, on aura compris que de ce point de vue, plus rien ne va dans ce pays.

Qui s’en préoccupe ?

Pointe-à-Pitre. Samedi 10 mars 2018. CCN. Bref rappel. Le 28 novembre 2017. Un incendie se déclare dans un local technique du CHU. Les alarmes anti-incendie ne fonctionnent pas, pas d’avantage que les extracteurs de fumée ou les portes coupe-feu. Courageusement, le personnel présent se mobilise et arrive miraculeusement à extraire du CHU en feu les patients. Aucune victime n’est alors à déplorer. Cet incendie, finalement maitrisé après plusieurs heures, par le SDIS rend cependant le CHU totalement impropre à la pratique normale des soins. Pourtant le Directeur de l’ARS de l’époque, Patrice Richard et le Directeur du CHU, Pierre Thépot refusent obstinément d’évacuer totalement le Centre Hospitalier. C’est la mobilisation des syndicalistes de l’UTS-UGTG, la création d’un Collectif de défense du CHU, qui font que les choses commencent à bouger.

5 mois perdus en atermoiements ? Pourquoi ce directeur nommé en avril 2017 n’a pas été sanctionné alors qu’il a prouvé qu’il n’était pas l’homme de la situation ? Va t-on enfin le remplacer ?

J’ai reçu hier sur le plateau du ZCL* le sociologue Gérard-Xavier Bulin*, il était venu tout simplement parler d’un cycle de conférences qu’il propose à partir du 6 mars prochain : 10 raisons d’être fier d’être Guadeloupéen ».

Pendant 30 minutes, il a expliqué aux nombreux téléspectateurs du ZCL pourquoi et comment nous, les Guadeloupéens, habitants et propriétaires de cette petite île de la Caraïbe colonisée depuis 1635 par les français, nous devrions sans complexe aucun être fier de ce que nous sommes ! Oui !

C’est vrai que notre pays n’est pas encore libre et souverain, que les décisions politiques, économiques, culturelles, nous concernant au premier chef sont hélas prises par des français à 8OO0 km de Basse Terre notre ville capitale…

J’ai reçu hier sur le plateau du ZCL* le sociologue Gérard-Xavier Bulin*, il était venu tout simplement parler d’un cycle de conférences qu’il propose à partir du 6 mars prochain : 10 raisons d’être fier d’être Guadeloupéen ».

Pendant 30 minutes, il a expliqué aux nombreux téléspectateurs du ZCL pourquoi et comment nous, les Guadeloupéens, habitants et propriétaires de cette petite île de la Caraïbe colonisée depuis 1635 par les français, nous devrions sans complexe aucun être fier de ce que nous sommes ! Oui !

C’est vrai que notre pays n’est pas encore libre et souverain, que les décisions politiques, économiques, culturelles, nous concernant au premier chef sont hélas prises par des français à 8OO0 km de Basse Terre notre ville capitale…

A pa jé !

En attendant d’être un jour délivrés de la tutelle coloniale française, faut-il pour autant rester dans son coin ? se morfondre ? Douter de soi ? sous-estimer ses capacités ? Se détester ? S’auto flageller ? se faire du mal ? Awa !

Bien au contraire, nous devrions, en tenant compte de notre passé, de notre vécu de notre quotidien faire flotter comme un drapeau notre fierté, notre guadeloupéanitude !

Oui, c’est vrai que nos ancêtres ont été réduits en esclavage (c’est le terme mis à la mode par Le CIPN) ! Mais nos ancêtres ne se sont jamais laissés abattre.

Dès le début de la traite négrière, les Africains arrivés sur le sol de cette ile qui ne s’appelait plus Kaloukaéra mais Guadeloupe ont refusé l’esclavage et se sont battus

Et ont résisté..

Il faut se rappeler du nombre important de révoltes de nég mawon contre la barbarie,

contre l’esclavage et bien au-delà de la guerre de mai 1802, même après le sacrifice de Delgrès, des combats d’Ignace, de Massoto, l’esprit de rébellion qui anime ce peuple guadeloupéen fier et combatif, ne s'est jamais démenti, nou toujou goumé !

Notre histoire est donc jalonnée de ces luttes contre le système d’oppression colonial

C’est en Gwadloup, au Matouba et nulle part ailleurs, que jaillit des poitrines des 300 combattants sacrifiés le célèbre « vivre libre ou mourir » qui résonnera ensuite partout dans la Caraibe et singulièrement en Haïti.

Ce sont encore des guadeloupéens qui les premiers dans toutes les dernières colonies françaises d’Amérique créent la 1ére grande organisation nationaliste : Le GONG

Et le douloureux épisode de mai 67 et les assassinats en nombre sont la réponse des colonialistes, mais nous devons en tirer fierté, car des hommes sont morts pour que la Guadeloupe soit un jour libre !

C’était déjà le cas en 1802, et comme le hasard n’en est pas vraiment un, le 27 mai 1802, a précédé le 27 mai 1967.

Alonzo à Marie Galante, et Léonard Sénecal en Guadeloupe, a continué le combat contre le système colonial même après la pseudo libération de 1848. Ils ont été alors lourdement condamnés par la justice coloniale et déportés. Alonzo et Sénécal sont des héros presque méconnus de notre histoire.

Plus près de nous, après le PCG et le GONG, d’autres organisations révolutionnaires et anti colonialistes naitront dans notre pays : L’UPLG, le MPGi, et plus tard des patriotes encore plus déterminés oseront la lutte armée contre l’oppresseur : c’est notre ADN !

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Les actions armées de résistances du GLA * (1979/81) et de l’ARC* (1983/1994) sont autant d’indicateurs de notre volonté de nous battre en utilisant tous les moyens pour arracher notre liberté.

Ainsi, en Juillet 1985 les barrages des organisations patriotiques qui bloquent toute l’ile obligeant les colons à libérer de sa prison le militant Georges Faisans.

En 2009 c’est encore en Guadeloupe que nait LKP le plus important mouvement de masse de toute l’histoire des dernières colonies françaises.

Il y eut LKP par ce que déjà en 1973 se créait la 1ère grande centrale nationaliste, l’UGTG é i la toujou !

Au plan musical, pensons au Chevalier de St Georges, mais que faut-il ajouter encore sur la puissance et la spiritualité des 7 rythmes de notre Gwo Ka, pensons à Gérard Lockel, Georges Troupé, Kafé, Karno…

Que faut-il encore dire sur l’originalité de notre Zouk ? Que n’avons pas déjà dit et écrit sur notre biguine, Moune de Rivel, Robert Mavounzy, Emilien Antile ont porté très haut le flambeau de cette musique qui n’a rien à envier au jazz :

Wi piti ! mizik an nou bél.

En Guadeloupe encore, avec tous ces » group a po » qui depuis Akiyo Voukoum etc.. font de notre carnaval sans doute le plus original, le plus identitaire, de toute la Caraïbe.

Ki koté ni on kanaval kon tan nou la ?

Mais au plan scientifique, il faut aussi être très fiers de Henry Joseph, Guy Cornely, Georges Nicolo, et tous ces autres chercheurs tels Guy Mérault, qui sont inscrits dans notre patrimoine.

Des écrivains comme Sony Rupaire, ou Guy Tirolien, Gisèle Pineau ou Simone Schwart Bart sont connus mondialement.., la liste de ces illustres hommes et femmes nés en Guadeloupe est interminable et obligent notre fierté.

Et je préfère, ne pas citer tous ce sportifs de haut niveau qui ont fait notre fierté sur les stades et aux J.O : Vous les connaissez tous.

Wi nou fô toupatou !

Notre pays est minuscule à l’échelle du monde, mais grand par sa contribution à la pensée, à la littérature à la science, au combat pour la dignité humaine.

Il n’y a là aucune nostalgie car la Guadeloupe d’aujourd’hui continue à enfanter des célébrités, et cela dans tous les domaines.

Oui il faut être fier de ce pays et de ses hommes et femmes, mais ce n’est pas tout.

Nous avons aussi été gâtés par la nature; Le pays lui-même, cet archipel aux milles facettes, que les touristes du monde découvrent et apprécient. Est-ce exagéré que de dire que notre île-archipel est la plus belle, la plus diverse, la plus riche au plan de la biodiversité de la petite Caraïbe.

Non, je ne dirai rien sur notre cuisine, nous en connaissons tous les saveurs, l’originalité et la créativité.

Ki dot koté ni bébélé, migan a fouyapen é pizza o lanbi ?

Dites, on est accord ? Il y a de quoi être très fier d’être guadeloupéen et d'habiter ce pays. OK.

Et quand nous aurons des hommes politiques, d’une autre dimension, ça ira encore beaucoup mieux …

*ZCL : Un talk show d’actu du lundi au vendredi de 12 :30 à 14H en direct sur Canal 1O et en Radio sur FM 89.8 et 103

On ne rigole plus ! Parce que c’est vrai les études et projections de l’INSEE le confirment Au cours de la prochaine décennie (2030), il ne restera plus que 372.000 guadeloupéens. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, environ 54% de cette population aura plus de 65 ans. En clair la Guadeloupe se dépeuple et vieillit à la vitesse V. S’il faut ajouter à cela les décès causée par les maladies récurrentes (cancer, AVC), l’avenir se fait plutôt sombre pour notre beau pays.

 

En fait nous ne sommes qu en 2018, et ils sont très rares les guadeloupéens qui se préoccupent vraiment de ces questions, on a comme le sentiment que notre peuple est déjà totalement anesthésié et que l’avenir de son île natale ne le concerne pas… Alor que s certains indicateurs démontrent à l’envie que le pays fout le camp. Quand on vieillit et qu’on est retraité, on préfère passer le temps qui reste à voyager ; et vous l’avez noté la Guadeloupe est depuis quelques années le number one pour la croisière. Qui s en étonne ?

 

Autre signe qui n’est plus avant coureur, mais révélateur de la baisse démographique et du vieillissement de la population, les guadeloupéennes enfantent de moins en moins. Le chiffre officiel est 1,8 enfant par femme, il est donc très loin et bien fini le temps des familles nombreuses de 10 enfants ou plus.

 

Ce vieillissement de notre population est aussi politiquement très visible : Mme Lucette Michaux Chevry qui est présidente de la CASBT : 89 ans ; la présidente du conseil général Mme Josette Borel Lincertin : 77 ans ; Gabrielle Louis Carabin qui a été député : 72 ans, Mme Marlène Miraculeux Bourgeois , maire de capesterre de Marie Galante 74ans, le maire de Gourbeyre Luc Adémar 72 ans .. l’exception confirmant la régle c’est le président de Région Ary Chalus qui n’a que 57 ans ! ( Alfred Marie Jeanne le Président de la Collectivité Territoriale de de Martinique a déjà 82 ans et son collègue Claude lise 77 ans !!) …Du coté des nationalistes, ce n’est pas mieux : les plus âgés sont partis : Jean Barfleur, Eric Edinval, les Frères Rodes, les Frères Rupaire ( Sony et Georges) mais ceux qui sont encore vivants ne sont plus en très grande forme .

 

Il en est de même pour le dernier carré des militants historiques du PCG… Si on prend le temps de jeter un œil sur les écrivains et auteurs qui ont marqué les décennies précédentes : Maryse Condé, Simone Schwartz Bart, ou Ernest Pépin… ils ont tous dépassé la barre de la soixantaine…

 

Donc notre pays dans sa grande majorité est atteint par la limite d’age. Il faudra désormais en prendre conscience et vivre avec.

 

Quand au plan politique on se projette sur la prochaine décennie en 2030, notre personnel politique devra nécessairement être rajeuni. Mais d’où viendront ces jeunes élus ? une grande partie de ce qui reste de notre jeunesse fout le camp à l’étranger, chassée par un chômage qui touche depuis des années plus de 53% des moins de 25 ans.. Ah ! oui, j’oubliais, à la suite de son procès Cédric Cornet l’ex conseiller régional accusé « d’atteinte sexuelle sur un mineure » a affirmé urbi et orbi qu’il serait le prochain président de région, !! en 2030 il n’aura même pas l’âge de Chalus : Wow ! Notre pays est donc foutu !

 

En réalité la situation est très grave, la Guadeloupe est entrain de devenir l’ile aux EPHAD, car les experts de l’INSEE, pas très optimistes sur l’avenir , affirment que la tendance ne pourra pas s’inverser le dépeuplement va s’accentuer en même temps que le vieillissement :

 

 

 

Citations extraites d’une étude d e l’INSEE : » À l'horizon 2030, la Guadeloupe compterait 372 000 habitants, soit une baisse de 8 % par rapport à 2013… seules les régions Guadeloupe et Martinique perdraient des habitants. Concernant la Martinique, la décroissance démographique serait plus prononcée que celle de la Guadeloupe puisqu'elle atteindrait une baisse de 12 % sur la période 2013-2030. Seule la Guyane afficherait un dynamisme démographique avec un gain de près de 30 % sur la période. ( ) …( ) En 2013, on compte près de deux naissances pour un décès. En 2030, le nombre de naissances compenserait à peine le nombre de décès. Outre le recul du taux de fécondité guadeloupéen observé depuis plusieurs années, le départ des jeunes et de couples de jeunes actifs hors de la région abaisse de façon mécanique le nombre de femmes en âge de procréer. Cette situation devrait se poursuivre dans les années à venir. Parallèlement, au vu du vieillissement de la population, le nombre de décès augmentera »

 

C’est cela notre réalité, il faudra s’en accommoder. Nos politiques n’ont rien vu venir , ils ont géré le quotidien sans prévision aucune.. la question d’un véritable changement radical de notre statut colonial n’a jamais été vraiment abordé dans les collectivité majeures . Nous sommes plus que jamais à la merci du pouvoir colonial francais, il pourra continuer à nous imposer sa politique néfaste, car il sait qu’il n’y aura plus de jeunes pour descendre dans les rues…

 

Franchement vous croyez qu’en 2030 quand Elie Domota aura plus de 60 ans qu’il aura envie d’aller bloquer le pont de la Gabarre ?

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