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Danik I. Zandwonis

Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

Chaque année, c’est le même rituel médiatique. Le Tour cycliste la Guadeloupe, la seule épreuve par étapes des petites Antilles du calendrier international de l’UCI, est avec le carnaval l’événement populaire le plus médiatisé du pays et sans aucun doute de toute la Caraïbe orientale (OECS). Les radios, la presse écrite et les télés qui sont « sur le tour » font le match dans le match car pendant 9 jours, il faut capter son auditoire et rendre compte de la course, être omniprésent et en direct live.

Côté radio, 3 diffuseurs sont vraiment dans la course et en course : une radio ultra-commerciale, la radio du service public et depuis quelques années, Radio Haute Tension (RHT Guadeloupe), la radio associative citoyenne et de proximité qui vient ainsi jouer dans la cour des grands.

Côté télé, alors que le paysage télévisuel de la Guadeloupe est « riche » de 4 chaînes privées, seule la télé du service public et Canal 10, la télévision privée, elle aussi de proximité, sont en direct sur l’événement avec des moyens techniques et humains certes très inégaux. La chaîne publique déploie pour la circonstance son armada de techniciens, de commentateurs, de réalisateurs et même un plateau pour des live. Quant à Canal 10, moins équipée techniquement, elle fait de son mieux avec ses moyens qui sont loin d’être au niveau de la chaîne étatique.

Ce que le grand public ignore, c’est que ces retransmissions télévisées coûtent relativement chères. Aussi bien celles de Canal 10 que celles de la chaîne financée par la contribution à l’audiovisuel public, ne sont possibles que grâce à une substantielle et exceptionnelle aide financière de la collectivité régionale. Vu l’importance de l’événement, le public et en particulier les fans de cyclisme (et ils sont nombreux!) ne comprendraient pas qu’en 2017, à l’heure du numérique, d’internet et du satellite, qu’ils ne soient pas en mesure de voir ou de revoir les exploits de leurs champions.

Le problème, parce qu’il y en a un, ce serait de donner à toutes  les chaînes la possibilité de retransmettre l’événement dans des conditions similaires. Cela signifie-t-il qu’il faudrait que la Région multiplie par 5 l’accompagnement financier accordé à chacun de ces médias ? Ce ne serait pas la meilleure solution puisque la conséquence immédiate serait une ponction plus importante dans les caisses de la collectivité sans garantie que le produit final présenté soit de meilleure qualité car nous l’avons dit,  en 2017, seules deux chaînes, Canal 10 et Guadeloupe 1ère ont vraiment la capacité de « faire le tour », et de proposer aux téléspectateurs des retransmissions en direct qui sont toutefois d’un niveau très inégal et ce pour des raisons essentiellement techniques et financières.

Il en va de même d’ailleurs pour tous les grands événements sportifs ou culturels qui mobilisent, l’attention du public et des médias télévisuels : la Route du rhum, les play-offs de basket, la Karujet, le carnaval, le Meeting d’athlétisme régional, le Tour de Marie Galante, le TGVT, Terre de Blues et Ilo Jazz pour ne citer que ceux-ci.…

Pour assurer donc une certaine équité et une qualité optimale à ces retransmissions, la collectivité régionale devrait se donner les moyens de les réaliser. Il suffirait qu’un prestataire en matière de réalisation et de diffusion soit sollicité et du coup, il y aurait moins de voitures et de motos HF à parasiter  l’événement. Le prestataire fournirait à toutes les chaînes intéressées un signal identique que chacun commenterait avec son équipe.  La qualité  du produit télévisuel n’en  serait que  meilleure, l’événement sur le plan médiatique serait quintuplé et au final le public des téléspectateurs et fans de sport auraient un produit  de qualité. La caravane du Tour se passerait de guerre d'images,  puisque tout le monde serait à égalité. C’est la qualité du commentaire, le professionnalisme des commentateurs et la pertinence des interviews à l’arrivée qui feraient la différence. Bref, le traitement journalistique de l’événement ! Ce faisant, la Guadeloupe entrerait dans une autre ère et signerait ainsi la fin des reportages-bricolages. Ce serait aussi une économie pour la collectivité régionale qui n’aurait pas chaque année à « distribuer » des aides qui sont souvent d’inégales valeurs.

Est-ce possible tout cela ? Oui, car la Guadeloupe n’a rien inventé. Aujourd'hui, de par le monde, tous les grands événements sportifs, aussi bien la Coupe du monde de football que les J.O, le Tour de France voire la Champion’s League sont captés par des prestataires uniques et « transmis » aux médias-diffuseurs partenaires. Pourquoi la Guadeloupe ne ferait-elle pas ce pas si c’est le gage à la fois d’une meilleure utilisation des deniers publics et d’une qualité supérieure des retransmissions ? Cela a un nom : la rationalisation des coûts.

By Danik Ibrahim Zandwonis

C’est sûr que c’est le genre de sujet qu’on évite d’aborder parce que dès que dans la colonie on traite des rapportes entre les blanfwans et les Guadeloupéens natifs, on est irrémédiablement taxé de « raciste », de xénophobe, etc. Qu’importe ! Il n’y a pas pour nous de sujet tabou. La réalité de la Guadeloupe est bien celle que nous vivions au quotidien et qui se comprend par notre histoire tragique ou par le tragique de notre histoire.

Bref rappel

Notre pays a été jadis peuplé par les kalinas-améridiens. Les européens qui « débarquent » pour coloniser l’île au début du 16e siècle, commencent par massacrer les premiers habitants. C’est un génocide et il reste impuni. Puis ces européens organisent à leur profit la traite négrière et l’esclavage. Cela va durer près de 3 siècles.

Après la soit-disant « abolition » de l’esclavage en 1848, ces franco-européens qui ont toujours besoin d’une main d’oeuvre, sinon servile mais à bon marché, importent du continent indien des « coolies ». En 1854, l’Aurélie débarque en Guadeloupe, le premier contingent d’indiens. Ils seront tout aussi maltraités que les anciens nègres arrachés en Afrique.

Pendant la période de colonisation sauvage, les premiers blanfwans, qu’on désignait par le terme « engagés » ou « 36 mois » débarquent aux Antilles. Ils sont pour certains des « mauvais sujets », parfois des délinquants, des repris de justice, des prostituées ramassées sur les ports français pour venir « s’installer » dans ces terres fraîchement colonisées. Ils n’ont pas à l’époque de noms à particules ou pas encore et encore moins de sang bleu et pour cause ! En 1656, une vingtaine d’années après le début de la colonisation française, on dénombre près de 12 000 blanfwans en Guadeloupe contre à peine 3 000 nègres. Vers 1848, selon les historiens de l’époque, les chiffres s’inversent. On recense plus de 87 000 nègres contre à peine 9 700 colons blanfwans.

Aujourd’hui qu’est ce qui a changé ?

La Guadeloupe a déjà connu toutes les appellations contrôlées : colonie, DOM, Région, RUP, DROM mais dans le fond et dans la forme, cette île est encore et toujours une colonie française. Sur le plan politique, c’est toujours à Paris que se prennent les décisions majeures souvent totalement inadaptées à notre réalité.

Au plan économique, en dépit de la naissance depuis peu d’une petite et moyenne bourgeoisie guadeloupéenne, ce sont les descendants des colons et leur concurrents les néo-blanfwans qui ont la mainmise sur toute l’économie du pays.

Dans les administrations, les diplômés guadeloupéens doivent se battre pour arracher un poste et parfois, ironie de l’histoire, aliénation ou auto-flagellation, on trouve des Guadeloupéens natifs ayant un peu de pouvoir et qui se plaisent à « couper et hacher » en pratiquant le « fannkyou », les coups bas à l’égard de leurs compatriotes, oublieux de leurs propres origines.

Sur le plan du peuplement, une grande majorité des blanfwans installés ici, ont choisi le communautarisme. Ils vivent souvent reclus dans des « résidences » où il ne fait pas toujours bon d’être guadeloupéen natif. Ces blanfwans ne participent en rien à la vie du pays, sinon, pour profiter des avantages fiscaux ou salariaux. Et même après des années de présence, ils se refusent à parler créole, à écouter la musique du pays.

Qui a déjà vu un couple de blanfwans dans un zouk ?

Participer à une fetkomin (fête patronale), à un lewoz (veillée de gwoka) ou à un sanblanni (cérémonie religieuse hindoue) ? Les blanfwans sont aux abonnés absents dans ces lieux festifs où peuvent se nouer aisément des rapports non conflictuels. Ils sont étrangers au pays et font tout pour demeurer étrangers à notre culture. Ils ne veulent donc pas se « mélanger » à la vie des « neg Gwadloup ».

Cette « distance » est-elle une forme suprême du mépris , une volonté de marquer leur différence tout en affichant des airs « supérieurs » ?

Certains sociologues nous disent qu’il y a en permanence entre colonisé et blanfwans, une sorte de « choc culturel » dans la colonie. Ne faut-il pas le transcender ? D’autres de façon plus prosaïque vous diront que c’est le « complexe normal » de supériorité du Français dans son rapport avec les indigènes qui (re)surgit dès que le Français vit dans la colonie. Le blanfwans vivant en Guadeloupe, tout en refusant de s’impliquer dans la vie du pays, se considère comme chez lui. Il ne faut surtout pas, au risque de le vexer durablement, dire de lui qu’il est un Français ; non, il est LE « métropolitain », et nous sommes donc ses indigènes, comme au bon temps de la colonisation sauvage !

À bien regarder et à bien des égards, cette situation s’apparente à un « apartheid » silencieux et qui ne dit pas son nom, car pour des raisons de commodité, au nom d’un « pseudo-bien-vivre-ensemble », on préfère de part et d’autres, faire l’autruche.

Alors, quand au hasard d’un mouvement social, d’un fait banal dans la rue ou au bureau, toutes les frustrations et les rancoeurs générées par la vie dans la colonie remontent à la surface d’un seul coup, tout s’enflamme ! Le blanfwans devient « l’ennemi » et le Guadeloupéen le « sale nègre » ingrat qui doit « tant à la France ».

Il y eut en mai 1967 ce qui s’apparenta à une chasse aux blanfwans dans les rues de Basse-Terre mais bien avant, nos parents et grand-parents nous ont conté l’affaire Dietrich, ce Français raciste qui s’est fait lyncher par un peuple en colère.

En juillet 1985, l’affaire Faisans est aussi le résultat d’un acte raciste. Le coup de pied d’un prof blanfwans à l’endroit d’un jeune élève guadeloupéen enflamma la Guadeloupe après que Georges Faisans, militant nationaliste eut décidé de venger le geste infâme de l’enseignant blanfwans.

Une simple étincelle peut mettre le feu car dans la colonie, la tension est latente. On sait pourquoi et à cause de qui… Et pourtant, dès les premiers temps de la colonisation, à la Guadeloupe, à la Martinique, nègres et blancs prennent l’habitude de se côtoyer, certes souvent dans un rapport dominant/dominé mais ils se connaissent.

Pourquoi alors les blanfwans continuent-ils près de 4 siècles après, de se croire en position d’être supérieurs ? N’ont-ils pas compris que c’est cette attitude qui est source de conflits et qui peut encore allumer des incendies ? Le peuple guadeloupéen, n’est-il pas déjà dans sa diversité le résultat de tous les mélanges possibles et même inimaginables entre amérindiens, africains, indiens et européens occidentaux ? N’est-ce pas cela l’avenir ? Et puis, il faut le dire, tous les blanfwans et c’est heureux, ne sont pas colonialistes. C’est peut-être ce qui nous autorise à garder espoir... 

82 candidats et une abstention qui touche les 80 %, c’est la réponse somme toute logique d’un électorat qui se révolte contre ses élus. Il se révolte car il est plus que saturé par ces élections à répétition qui, dans le fond, ne changent en rien le paysage socio-économique du pays. C’est cela la réalité.

Il y a bien longtemps que les électeurs guadeloupéens ne marchent plus au son des trompettes de nos hommes politiques qui sont, eux, restés scotchés au vieux schéma d’antan. Les réseaux sociaux bien que hyper-utilisés, ont tout de même contribué à modifier la donne. Mais d’un autre côté, et c’est le revers de la médaille, les candidats-WhatsApp qui ont cru qu’il suffisait de poster une image, une déclaration ou une intox toutes les 5 minutes pour convaincre les électeurs, ont donc compris qu’un community manager ne fait pas gagner une élection. Pour la com’, tout est donc à revoir !

80 % d’abstention ? Oui, car quand on totalise les abstentionnistes, les bulletins blancs et qu’on y ajoute la masse des non-inscrits, on s’aperçoit que les élus, même quand ils sont soit-disant « bien élus », ne sont plus guère représentatifs de la majorité du peuple… des électeurs. On ne le dit pas assez mais c’est ce qui se passe depuis des années, à chaque élection, est très grave car le divorce entre la classe politique et élus est récurrent, le désintérêt marqué pour la participation au soit-disant « jeu démocratique » est le signe d’un profond malaise. 

Les chiffres sont cruellement éloquents. Pour être qualifié pour le second tour, la loi électorale française dit qu’il faut rassembler sur son nom un minimum de 12,5 % des inscrits. 

Hélène Vainqueur arrive péniblement à 9,97 %, Justine Benin se traîne à 5,22 %, même en additionnant les scores de Nestor Luce – l’inconnu de la 3e circonscription (3,13%) et ceux de Max Mathiasin (2,74%), ces deux candidats « qualifiés » restent très loin des 12,5 %.

Olivier Serva, le mieux loti, ne fait lui que 10,82 %. Ces résultats chiffrés sont un véritable désastre pour une classe politique qui reste autiste et peu enclin à se remettre en question.

Warren Chingan et Rony Beral sont tous deux candidats aux élections législatives françaises. D’un point de vue strictement privé, ces deux garçons sont des citoyens français, ils ont donc le droit de vouloir  décrocher un fauteuil à l’assemblée nationale française. Ils ont le droit de rêver de réussir là où des dizaines de députés ont échoué : donner un sens à la députation coloniale dans les travées de l’hémicycle français. Personne ne peut leur contester valablement cette ambition. Que cela soit bien clair et dit une fois pour toutes.

Warren Chingan et Rony Béral sont tous deux journalistes de RCI, la radio écoutée par près d’un Guadeloupéen sur deux. Question influence sur l’opinion, ce n’est pas rien comparativement aux 80 autres candidats à cette même élection. Un électeur sur deux de la 2e circonscription de Guadeloupe a eu l’occasion un matin en allumant sa radio d’entendre ces deux confrères-candidats archi-connus.

Warren Chingan et Rony Béral, qu’on le veuille ou non, ont dès le départ de la campagne, bien quelques longueurs d’avance sur leurs adversaires qui eux, ont dû ramer pour se faire connaître et entendre. Mais aucune loi française n’interdit aux hommes de médias de briguer un mandat électoral. Alors, bien-sûr, quand en Guadeloupe, pays où tout est permis ou presque, cette info est tombée, elle n’a été nulle part commentée. Silence radio total et omerta si besoin.

Daniel Marival et Thierry Fundéré, respectivement le directeur et le rédacteur en chef de la station, contactés par CCN, ont préféré n’avoir « rien à dire », no comment ! On comprend leur extrême embarras. Ils craignent en donnant une opinion positive ou négative, de peser dans un sens ou dans l’autre. On peut le dire ainsi, même si on est moyennement convaincu par cette neutralité plus que bienveillante.

Selon le dictionnaire français « Petit Robert : Massacre : « action de tuer une quantité de gibier » 

Toujours selon le Petit Robert Massacrer : Tuer avec sauvagerie et en masse, des êtres qui ne peuvent pas se défendre »

La Commission Stora sur les événements de 1959 en Martinique, de 1962 en Guadeloupe et en Guyane, et de 1967 en Guadeloupe, » a remis son rapport en novembre dernier. (2016)

Ce rapport qui est le résultat du travail de quelques historiens et autres personnalités commencé en 2014 s’intitule très officiellement (P 57)

« Le massacre de mai 67 Pointe à Pitre (Guadeloupe) « cela signifie que l’état français, qui a produit ce rapport a intégré le fait qu’il bien d’un massacre. 

Et pourtant sans l’ombre d’un doute, Jean-Pierre Sainton ( co-auteur avec l’historien patriote Raymond Gama de l’ouvrage « Mé 67, Mémoire d’un événement » publié en 1983 ) a affirmé lors d’une conférence faite le 27 avril 2017, qu’il n’y avait eu que 8 morts en 1967 !  

Cette révélation aussi surprenante que tardive et incompréhensible a jeté un émoi dans toute la Guadeloupe. les reseaux sociaux se sont enflammés 

On s’est alors demandé avec raison pourquoi Sainton avait-il publiquement et soudainement « sorti » un tel chiffre ? Pourtant en 2009 sur France 2, Jean-Pierre Sainton auteur de " Mé 67 ", Mémoire d’un événement et interviewé dans l'émission de France 2 Complément d'enquête du 9 mars 2009 fait un bilan de plusieurs dizaines de morts, par recoupements des témoignages. Il montre en outre un télégramme, envoyé par la préfecture au moment des évènements, admettant la possibilité de victimes non déclarées en sus de 7 victimes certaines. »

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