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Danik I. Zandwonis

Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

C’était à la fin du mois de novembre. L’eau ne coulait pas des robinets à Baillif  et à Gourbeyre ; C’est alors que les Komité Dlo de ces citoyens assoiffés et en colère sont montés au créneau, en manifestant bruyamment et avec raison, qu’il était anormal d’être ainsi privé d’eau.

Dans la foulée ces « komité dlo » exigeaient la démission de LMC car pour eux la présidente  de la CASBT à cause de son immobilisme, incarnait plus que tout autre cette pénurie d’eau qui dure déjà depuis des mois.

En effet,  pas un guadeloupéen qui ne l’ait dit, crié, ou pensé : la question de l’eau n’est plus depuis des décennies  une nouveauté. Tout le monde sait en effet que cette problématique devenue ​récurrente ne date pas hier et que la cause principale, est l’incapacité de nos politiques à se mettre ensemble pour trouver une solution adéquate.

Depuis des années, on ne compte plus les réunions, les barrages, coups de colère, et autre grande messe sur cette thématique. On a  fait couler  autant  d’eau sous les ponts  que de salive mais rien n’a vraiment bougé.

Dans certaines régions de la Guadeloupe, carême ou hivernage, les tours d’eau sont pour l’heure  hélas la seule solution. L’eau est toujours  pour bon nombre de citoyens une   denrée rare voire un luxe.

Dans d’autres lieux, quand l’eau coule,  elle est infecte, imbuvable, dégoutante et oblige même à  fermer les  écoles. Inadmissible car nous sommes au  21é siècle. 

A qui la faute ?

L’exemple le plus  tristement emblématique se situe dans le sud Basse-Terre.

Oui ! j’ose pose  cette question au moment ou les  mouvements et  partis indépendantistes sont quasi  silencieux ,  voire inaudibles en tout cas dans les «  grands »  medias  de notre pays…

Oui   !  j’ose posé cette question  50  ans après les massacres de mai 1967 , après le rapport bidon (B.Stora) qu’a sorti  le gouvernement français  ,  après un « colloque »  sur mai  67, qui n’a enfoncé que des  portes depuis  longtemps  ouvertes et qui le  demeurent..

C’est en 1963 que la 1ère organisation nationaliste guadeloupéenne, le GONG a inscrit  à tout jamais mot d’ordre d’indépendance nationale d’abord  sur les murs puis   dans la  conscience des guadeloupéens.

A l’époque, il faut le rappeler, c’était encore  une « atteinte à la sureté de l’Etat » car le gouvernement francais, venait de « perdre » l’Algérie,  (1962)  et  prendre une « kalipiket »  militaire à Dien Bien Phu (Mai 1954)

En 1958 la Guinée  de Sékou Touré décidait de rompre unilatéralement avec la France et d e proclamer son indépendance. C’est dans ce contexte  particulier  qu’est né   le  GONG à Paris, à l’initiative de jeunes patriotes  guadeloupéens. Ils sont  pour ceux  qui encore vivants,   des septuagénaires qui ne verront sans doute jamais aboutir leur rêve  d’une  Guadeloupe guadeloupéenne , débarrassée de la tutelle coloniale francaise.

Depuis, les patriotes et indépendantistes  guadeloupéens n’ont cessé de se déchirer, de se désunir, de e  combattre mutuellement,  sans jamais  penser que ces luttes intestines, ces combats  peu fraternels, n’ont fait que renforcer la puissance coloniale et affaiblir, le mouvement pour l’indépendance nationale. Mi sé la nou yé !

Qu’on se souvienne de   l’arrogance  hégémonique de l’UPLG  à la fon  des années 70 : » on sel pép, on sel  chimen, on sel owganizasyion »    mais aussi in fine  « on sel mizik,  on sel jounal , etc..

Que reste  t-il de  tout cela ?

Dira ton un jour clairement et vraiment pourquoi  dans la nuit  du 24 juillet 1984,

Quatre militants de l’UPLG  poseurs de bombes inexpérimentés ont péri avec leurs engins ?

C’est le titre d’un ouvrage de l’historienne Nelly Schmidt qu’il faut avoir lu. Elle décortique avec une grande justesse d’analyse, les 2 « abolitions » de 1794 et 1848 en Guadeloupe et qui sont aujourd’hui encore des marqueurs de notre société coloniale.

Mais c’est l’actualité africaine la plus brulante qui nous ramène vers l’ouvrage de N. Schmidt. Le fait que des migrants d’origine africaine aient été vendus en Libye remet un coup de projecteur sur la politique francafricaine.

D’abord c’’est un média américain, (CNN) qui a révélé cette affaire, pourtant la présence politico-médiatique française en Afrique est plus que réelle. Ensuite on est en droit de s’interroger sur le black out de la France sur cette affaire.

Ce silence gêné de médias français, tout comme celui de la diplomatie et du gouvernement français peut être compris comme une volonté affirmée de « zapper » ce fait gênant pour les uns et les autres. Il suffit pour s’en convaincre, de mesurer à l’inverse l’impact émotionnel de ces mêmes médias et du gouvernement français quand un ressortissant français blanc, soldat ou autre est la victime d’une agression en terre africaine.

Il est bon de rappeler, que le chaos existant actuellement en Lybie est l’une des conséquences de la politique Moyen -Orientale des européens, la France en tête.

Dimanche dernier, tous nos élus et parlementaires s’étaient donné rendez vous devant leur petit écran pour écouter-voir LEUR président répondant aux questions des journalistes.

Il aura donc fallu 5 mois de présidence, une baisse vertigineuse dans les sondages, des mesures qui ne font pas l’unanimité chez les français, pour que le jeune président francais accepte enfin comme tous ses prédécesseurs de descendre dans l’arène médiatique.

A priori on pourrait dire que son discours ne nous concerne pas, car dans son propos il n’a pas une seule fois évoqué la situation à Saint Martin, ni même les ouragans qui ont frappé notre région.

Les macroniens et macronistes gwada, ont du être terriblement déçus, car ils se sont rendus compte en direct et une fois de plus que les problématiques de notre pays ne sont pas prises en compte par le chef de l’état français. A vrai dire ce n’est pas une surprise, sauf pour tous ceux qui ont encore la naïveté de croire que nous sommes des « français ». 

On n’en a pas fini de tirer les leçons de ces terribles ouragans qui ont sérieusement balayé notre Caraïbe. Tout le monde le sait désormais, l’État français s’est laissé surprendre et a fait la preuve de son imprévoyance. Mais est-ce vraiment surprenant ?

D’autres questions se posent. Pourquoi l’Etat français et ses représentants ont-ils ainsi délibérément tout mis en œuvre pour écarter de la gestion des crises pré et post-cycloniques, les présidents des deux collectivités guadeloupéennes ?

L’ État a-t-il voulu en « confisquant » la gestion démontrer qu’il était le seul et unique capable de tout faire et que les élus ne devaient être que des spectateurs passifs de leur histoire ?

Si telle a été sa volonté, on peut très largement affirmer que s’agissant de Saint-Martin, sa gestion a été plus que défaillante et 3 semaines après le passage d’Irma, les refugiés parqués et presque oubliés dans des « campements provisoires » en Guadeloupe, ont eux touchés du doigt toutes les insuffisances de cet État. Les réactions des deux  présidents de collectivité, obligeront désormais les représentants de l’ État francais à revoir le logiciel du COD. Merci Irma ?

Cette critique de la mauvaise gestion étatique de la période cyclonique est depuis quasiment devenue une porte que chacun peut enfoncer, d’autant que les grands  vents des ouragans l’avait déjà emportée. 

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