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Faut-il attendre l’alerte orange ?

08 Sep 2017
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Le cyclone IRMA est passé. Il a touché comme on s’y attendait, très durement les îles du nord, plus rudement Saint – Martin,  en épargnant heureusement la Guadeloupe.

Bien entendu, les secours venus tant de l’Etat que des collectivités ou des associations se sont rapidement activés.  A ce type de cataclysmes de plus en plus violents et réguliers, il faudra s’y faire. Car sous nos latitudes, nous sommes exposés   à quasiment tous les risques naturels (volcan, séisme, inondations, glissement de terrain, tsunamis, cyclone) et quelques risques industriels.

La plupart des scientifiques s’accordent à le dire. Avec les changements climatiques et l’évolution des cycles naturels de notre planète, nous serons, comme d’autres pays,  la cible de plus en plus fréquents du déchaînement de la nature. Avec notamment des  cyclones de plus en plus puissants comme ce fut le cas avec Irma.

Certes en matière de prévention, et d’anticipation, grâce à la technique et à la science, les  moyens en termes de surveillance sont de plus en plus performants. Mais peut –on prévoir totalement ce que deviendra un ouragan ?  Il faut donc se préparer  à tous les possibles. Cela exige la mise en place d’une vraie culture des risques. Tant de la part des autorités que de la population.  Pas seulement au moment où la météo annonce la possibilité d’un passage au-dessus de nos têtes mais bien en amont.

C’est dire la nécessité d’une information pédagogique relayée par des médias citoyens et l’institution scolaire, pour limiter les conséquences les plus fâcheuses et surtout évitables.  Se préparer collectivement et individuellement, telle  est l’urgence. Est-il encore compréhensible que chaque ménage, ne connaisse pas les mesures de précautions à prendre ? Faut-il attendre l’alerte orange voire rouge, pour vérifier la sûreté de sa maison, de disposer d’un kit de secours ou de connaître l’emplacement des abris sûrs ? Sur le plan collectif, disposons-nous des moyens à la hauteur de la violence des ouragans auxquels nous allons dorénavant y  être confrontés. On peut en douter lorsque l’on voit les résultats des exercices grandeur nature pour l’alerte tsunami ou séisme. Est-on sûr que les téléphones satellite soient opérationnels dans chaque commune avec un personnel formé à son utilisation ? En cas de tsunami, aurons-nous le temps d’être avertis par SMS de l’arrivée de la grande vague ?

Je me rappelle qu’en 1977 après le retour des  populations évacuées à cause du volcan, des exercices d’alerte étaient effectués tous les premiers mercredi du mois grâce à des sirènes disposées sur les bâtiments publics. Si l’efficacité de ce dispositif n’est pas totale car insuffisamment adapté aux réalités actuelles, il avait au moins l’avantage de sensibiliser périodiquement la population aux risques et à une nécessaire préparation. C’est une des raisons pour lesquelles le Japon peut supporter des séismes de forte magnitude sans trop de pertes de vies humaines. La seconde raison résidant dans le respect des normes de constructions. On constate qu’il existe encore de trop nombreux bâtiments publics qui ne sont pas aux normes. C’est vrai qu’un vaste programme de confortement para-sismique notamment des écoles est mis en œuvre. Mais s’agissant des hôpitaux, des centres de secours du SDIS, des casernes, des bâtiments administratifs rien n’est moins sûr comme on l’a vu à Saint-Martin.

Dès lors, il devient impératif qu’un plan de prévention global et détaillé soit non seulement réalisé mais qu’il soit rapidement opérationnel. La formation s’avère ici nécessaire. Et ce dès l’école, comme pour le code de la route. Former les personnels dans les entreprises, réhabiliter les bâtiments, maintenir des moyens sur place (Martinique, Guadeloupe, St-Martin) pour pouvoir se secourir mutuellement, s’avèrent tout aussi indispensable !  Les communes et les collectivités, dans leur responsabilité et compétences respectives,  doivent également s’impliquer pour connaître précisément les risques encourus dans chaque quartier et disposer des moyens d’intervenir en amont et en aval. Il faut sortir des grandes messes,  et se donner concrètement les moyens de l’efficacité et de l’évaluation !

La bêtise, la futilité,  on le sait n’a pas de limite. Que dire durant  cette phase cyclonique intense,  de ces nombreuses manipulations de l’information sur les réseaux sociaux qui sont devenus quasiment le médium de référence. De véritables procédures sécurisées devront être mises en place pour limiter, circonscrire la propagation de “fakes” et de rumeurs qui peuvent mettre en danger la vie des gens ou des secours.  Et amplifier l’inquiétude qui peut devenir panique.

C’est un nouvel aspect de la sécurité qui doit être pris en compte dorénavant. A l’heure de grands défis collectifs faisant appel à l’intelligence collective, les comportements surtout immatures et irresponsables doivent  changer. Positivement et rapidement.  Notre sécurité à tous en dépend.

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Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

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