La responsabilité politique guadeloupéenne est inséparable du peuple Guadeloupéen

17 Mai 2018
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Pawol Lib (Libre Propos) est une nouvelle rubrique de CCN. Notre rédaction propose donc à tous les progressistes qui le souhaitent un espace de communication, une tribune dont le but principal est de porter une contribution au débat d’idées qui fait cruellement défaut dans notre pays. Les points de vue exprimés dans « Pawol Iib » n’engageront pas nécessairement la ligne éditoriale de CCN mais il nous semble indispensable que les intellectuels, la société civile aient la possibilité de pouvoir très librement opiner dans nos colonnes. Cette fois, c’est Bruno Delphin, journaliste consultant en communication politique et coach politique qui nous soumet son « libre propos ». 

La responsabilité politique guadeloupéenne, c’est d’abord l’affaire du peuple guadeloupéen

Force est de constater que les élus locaux ne sont ni à la hauteur de la situation et encore moins en phase avec le siècle que nous vivons avec les profondes mutations tant sur le plan guadeloupéen qu’international que nous observons tous les jours.

Ces élus locaux ne cessent de « quémander » à une « mère patrie » de plus en plus sourde et insensible aux problèmes, aux difficultés, aux souffrances et aux revendications de la Guadeloupe et du peuple guadeloupéen.

Ils peuvent « crier » sur tous les toits ou faire des allers-retours incessants à Paris pour rencontrer le Président de la République Française, Emmanuel MACRON, son 1er Ministre ou ses Ministres, la situation de la Guadeloupe reste toujours en l’état, sans aucun changement ni sur la forme et encore moins sur le fond.

Le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Pointe-A-Pitre/Abymes, sinistré depuis l’incendie de l’année dernière et la crise provoquée par l’échouage massif des sargasses sur nos côtes témoignent à l’évidence de la démission politique de l’Etat français en Guadeloupe et de l’impuissance politique des élus locaux qui ne cessent de « donner » dans la politique politicienne, sans régler aucun problème vital pour la population.

IL NE SUFFIT PAS DE SE DIRE POUR UNE EVOLUTION INSTITUTIONNELLE EN GUADELOUPE POUR SE DONNER BONNE CONSCIENCE ET NE RIEN FAIRE APRES POUR ATTEINDRE CE MINIMUM POLITIQUE DES TEMPS NOUVEAUX

Après LUREL, BOREL-LINCERTIN, JASMIN il y a quelques semaines, c’est autour maintenant de CHALUS de se dire pour une évolution institutionnelle en Guadeloupe, sans mettre en avant ou préconiser la nécessaire concertation populaire avec le peuple guadeloupéen et toutes ses forces vives (organisations politiques et syndicales, organismes socioprofessionnels, associations, personnalités de la société civile, intellectuels, universitaires, experts, techniciens, médias, citoyens, etc, etc, …).

L’évolution de nos institutions ne peut pas être en aucun cas uniquement l’affaire de ces seuls élus impuissants qui battent tous les records de la médiocrité sur le plan de l’infantilisme politique et de la gesticulation politicienne.

Chaque jour qui passe, ils démontrent à l’opinion publique guadeloupéenne les limites et la grande faiblesse intellectuelle de la réflexion politique de nos représentants du suffrage universel sur toutes les questions d’avenir de la Guadeloupe et du peuple guadeloupéen alors que dans le même temps, Emmanuel MACRON a ouvert le chantier de la révision constitutionnelle depuis son dernier déplacement officiel en Guyane.

Nos élus sont toujours « en retard d’allumage », même quand le « maître blanc » de Paris semble s’ouvrir au débat et à la négociation autour des propositions de nos décideurs politiques dans l’intérêt supérieur de la Guadeloupe et des Guadeloupéens.

Des élus guadeloupéens à la fois impuissants à régler les problèmes du pays, dépendants pour beaucoup du pouvoir parisien, très petits par la taille politique et incapables de présenter la moindre idée nouvelle pour construire dans la concertation citoyenne populaire l’autre Guadeloupe et conduire le peuple guadeloupéen sur la voie de l’émancipation humaine comme l’aurait écrit en son temps Rosan GIRARD dans l’un de ses ouvrages à l’adresse de ses compatriotes à la recherche de liberté et de dignité au sein de la République Française.

ILS méritent dans l’ensemble un carton rouge pour incompétence politique notoire et non assistance à personne en danger pour l’eau, l’hôpital, les sargasses, l’empoisonnement de nos sols au chlordécone, les déchets, le transport, le non développement économique du pays Guadeloupe, l’échec scolaire, le chômage massif des séniors et des jeunes, la montée explosive de la délinquance, de la violence et de l’insécurité sur tout le territoire guadeloupéen.

Ces exemples montrent très clairement que la classe politique guadeloupéenne a échoué lamentablement à tous les niveaux de la responsabilité dans le pays.

Plus grave encore, les deux exécutifs locaux du Conseil Départemental et du Conseil Régional ont programmé discrètement la mort du Congrès des Elus Départementaux et Régionaux, sans l’organisation d’une veillée mortuaire officielle sur la place publique et sans des funérailles de 1ère Classe pour enterrer le défunt dans la dignité et le respect dû aux morts devant le peuple guadeloupéen et la presse.

Ni la Présidente du Conseil Départemental, ni le Président du Conseil Régional, ni les Députés, ni les Sénateurs, ni les Maires ne sont parvenus jusqu’ici à mettre l’Etat français devant ses responsabilités dans cette colonie départementalisée de la Guadeloupe.

Et pourtant le Président de la Région, Ary CHALUS, le Député, Olivier SERVA et le Sénateur, Dominique THEOPHILE se réclament de la République en Marche d’Emmanuel MACRON.

NEGOCIER UN PARTENARIAT POLITIQUE STRATEGIQUE GAGNANT/GAGNANT AVEC LA FRANCE ET L’UNION EUROPEENNE

Certes, nous le savons, la France a ses intérêts politiques, économiques, commerciaux, financiers, géopolitiques et stratégiques à défendre à partir de la Guadeloupe dans le bassin caribéen et à proximité du grand continent américain (Amérique Centrale, Amérique du Sud et Amérique du Nord).

Quant à nous, Guadeloupéens et fiers de l’être, nous avons nos propres et mêmes intérêts assortis de notre intégration à la Caraïbe à défendre en France et au sein de l’Union Européenne pour préparer au mieux sur cette terre de Guadeloupe qui nous a vu naître l’avenir politique, institutionnel, statutaire, économique, social, culturel et sportif des générations présentes et futures.

D’où pour nous, la nécessité de privilégier ici et maintenant une négociation d’un type nouveau avec l’Etat français afin d’aboutir à un partenariat politique stratégique gagnant/gagnant avec la puissance occidentale dominante en Guadeloupe.

Mais pour parvenir à ce résultat qui n’est qu’un premier pas, le gouvernement français doit avoir devant lui des hommes et des femmes politiques du pays Guadeloupe, résolus, déterminés et responsables qui tournent à tout jamais le dos à la démagogie politicienne et chose très importante, auront le soutien de la majorité du peuple guadeloupéen afin de donner à la démarche le poids politique nécessaire pour réussir cette négociation d’un autre type avec la France, son Etat et son Gouvernement.

C’est cette vision politique stratégique qu’il convient aujourd’hui de mettre en mouvement et en débat dans le pays pour éviter à la Guadeloupe la chronique d’une mort annoncée.

La responsabilité politique guadeloupéenne dans les affaires guadeloupéennes sera dès lors au cœur de la revendication identitaire fondamentale d’UNE COLLECTIVITE TERRITORIALE AUTONOME DES ILES DE GUADELOUPE.

Un projet stratégique à la carte pensé et conçu par des Guadeloupéens et pour les Guadeloupéens, mais entrant également dans le cadre de la Constitution Française avec le mérite d’être sécurisé sur le plan juridique pour rechercher un compromis politique acceptable sur des bases claires avec l’Etat français en Guadeloupe et qui prend en compte aussi bien évidemment nos particularités et la profonde volonté de changement dans le pays qui de toutes les manières sera consulté à un moment ou à un autre dans ce processus citoyen, démocratique et forcément populaire pour obtenir l’adhésion du plus grand nombre de Guadeloupéennes et de Guadeloupéens.

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CCN

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