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Causerie autour de la vie et de l'oeuvre d'Eddy Gustave

21 Nov 2018
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L’artiste a parlé de lui devant son public Mornalien au Marché aux Vivres de MORNE-A-L’EAU en toute simplicité L’artiste a parlé de lui devant son public Mornalien au Marché aux Vivres de MORNE-A-L’EAU en toute simplicité

Pawol Lib (Libre Propos) est une nouvelle rubrique de CCN. Notre rédaction propose donc à tous les progressistes qui le souhaitent un espace de communication, une tribune dont le but principal est de porter une contribution au débat d’idées qui fait cruellement défaut dans notre pays. Les points de vue exprimés dans « Pawol Iib » n’engageront pas nécessairement la ligne éditoriale de CCN mais il nous semble indispensable que les intellectuels, la société civile aient la possibilité de pouvoir très librement opiner dans nos colonnes. Cette fois, le service de communication de la Ville de Morne à l'Eau dans le cadre d'une causerie autour d'Eddy Gustave, qui nous soumet son propos.

Edmond, Maxime Gustave dit Eddy Gustave est né à Morne-à-l'Eau en 1936 au sein d’une famille modeste dont les préoccupations étaient très éloignées de la musique.

Le jeune Eddy doit à l’école son initiation musicale avec son institutrice, Mme. Belmont dont le mari était un passionné de musique classique avec le petit conservatoire baptisé « La Lyre Mornalienne ».

Eddy Gustave fait donc ainsi un apprentissage musical entre 1945 et 1950 à une époque où les instruments musicaux étaient plutôt rares en Guadeloupe.

Dans la vie active, Eddy est laborantin à la Pharmacie Berthelot et bien vite son employeur lui propose de l’inscrire à une école de chimie à Paris à l’institut VIOLET.

Il arrive à Paris et se plonge dans ses études avant de rencontrer le célèbre saxophoniste, Emilien Antile, fort surpris de le savoir à Paris.

Tout juste débarqué des Antilles, Eddy Gustave imprime à son instrument la saveur sonore de son île, cette sonorité qui surprend et charme non seulement le public, mais aussi le patron du cabaret, Alex, qui sur le champ, le convie aux soirées du samedi et du dimanche.

Dès le lendemain, Emilien Antile prête un de ses instruments à Eddy et même la ceinture d’une des robes de sa femme pour soutenir le saxophone.

Cinq jours plus tard, Eddy Gustave se lance dans l’animation des soirées musicales, activité qu’il ne laissera jamais.

Il demeure dans le quartier latin à Paris, haut lieu du jazz, participe aux « bœufs » qui se déroulent dans de nombreux clubs parisiens et passe les fins de semaine au Triolet.

Bref, il arrive à combiner ses études avec la musique et il va de succès en succès animant des soirées au « Martinique » dans la capitale, cabaret situé près du métro « Campo-Formio », au Bal Fleuri, proche de la rue de la Contrescarpe, au « Caraïbe » tenu par l’antillais, Clodomir, au Cha-Cha-Cha de la Place Monge où évolue le saxophoniste guyanais, Gaston Lindor, etc, etc…

Il part pour des prestations extérieures à Nancy, à la Brasserie « Le Mirador » et revient à Paris avec le frère du patron afin de recruter pour trois mois, le pianiste haïtien, Maurice Thibaut et ce dernier se charge de trouver d’autres musiciens réputés.

Après quelques répétitions, la grande aventure musicale avec le répertoire d’Eddy GUSTAVE commence et l’artiste va rejoindre l’école de Musique Malesherbes pour parfaire ses connaissances artistiques.

De 1966 à 1976, Eddy va prendre des cours de musique et la chimie passera alors en second plan, bien qu’il travaille au Laboratoire Choay et Rousset.

Pendant six mois GUSTAVE suivra le tromboniste, Pierre ROUSSIN à l’étranger, au Zaïre en association avec le Ballet Espagnol de 32 danseurs et Eddy restera dans ce pays durant plusieurs années.

Il rentre à Paris en véritable musicien professionnel et se produit dans tous les casinos d’Europe et sur toute la côte normande, à Deauville avec le trompettiste, Pierre Louis, à Trouville, à Divonne-les-Bains, à la Baule avec son orchestre, à Saint-Aubin-sur-Mer avec le père et le fils Rabol.

Eddy se présente aussi pour des prestations musicales au Port du Salut, au Cabaret de la rue Saint-Jacques à Paris, le propriétaire de La Canne à Sucre lui propose d’animer même son cabaret.

Pendant 10 ans, de 1966 à 1976, Eddy Gustave jouera de la clarinette ou du saxophone pour des soirées « tropicales » mémorables.

En 1974, il ouvre au 4 rue Vandame à Paris son magasin de disques dans le 14ème arrondissement.

Cette même année, Eddy enregistre plusieurs titres dont « Fanie » qui aura un grand succès sur les ondes de France-Inter.

Avec son orchestre, Gustave circulera sur toutes les plages de France et tous les antillais ayant vécu en France dans les années 1976-1978 se souviennent de l’émission « Bananas » diffusée sur les fréquences de France-Inter de 18 H à 19 H.

Eddy recevait plus de 400 lettres par jour de la part des auditeurs de cette radio.

Ce Tour de France musical se fera avec Bernard Lenoir, l’un des plus grands animateurs de l’époque.

Devant ce succès, Eddy décide de créer un Fan Club à la Créole, restaurant situé à Montparnasse et boîte de nuit crée par lui-même.

En 1978, Eddy Gustave donne naissance à son propre label « Eddy Son Consortium Mondial » pour la production de la musique antillaise et un département de musique africaine pour lequel il se rend très souvent sur le continent noir à la recherche d’artistes qu’il se charge ensuite d’enregistrer.

« Eddy Son » devient une véritable institution jusqu’en 1985 avec de très gros succès tels que « A Miyo » interprété par la chanteuse Bébé Manga. Plus de 1000 albums produits et plus de 500 artistes dans son catalogue.

Eddy Gustave est non seulement un grand musicien, un grand maestro, mais également un de nos plus grands promoteurs de musiques afro-guyanaises et africaines.

A cette époque de la vie de l’artiste, Eddy Gustave avait à gérer son magasin de la rue Vandame, sa maison de production « EDDY SON » et sa Boîte de Nuit « LA CRÉOLE » dont 13 employés, 8 musiciens et 7 personnes de salle.

Il se souvient d’avoir invité le chanteur haïtien, Pierre Blain.

En Guadeloupe, sa terre natale, il a reçu la Médaille du Syndicat d’Initiative et de tous les musiciens guadeloupéens.

Pour l’Afrique, Eddy Gustave a été le promoteur de la musique africaine en Europe.

En Martinique, le musicien qu’il est a reçu le Prix SACEM COUP DE CŒUR 2001 et nommé académicien de la musique martiniquaise par le Président de Région de l’époque, Serge Letchimy et d’autres reconnaissances de différents médias et de certaines personnalités politiques.

La causerie autour de la vie et l’œuvre d’Eddy Gustave ce célèbre mornalien, musicien, saxophoniste et maestro s’est déroulée le Jeudi 15 Novembre 2018 dans sa commune natale dans le cadre « D’UN MOIS, UN ARTISTE » (Saison 2), manifestation organisée par la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Morne-à-l'Eau.

Service de communication  

 

 

 

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