Breaking News

Des mots pour comprendre...

31 Jan 2019
761 fois

Pawol Lib (Libre Propos) est une nouvelle rubrique de CCN. Notre rédaction propose donc à tous les progressistes qui le souhaitent un espace de communication, une tribune dont le but principal est de porter une contribution au débat d’idées qui fait cruellement défaut dans notre pays. Les points de vue exprimés dans « Pawol Iib » n’engageront pas nécessairement la ligne éditoriale de CCN mais il nous semble indispensable que les intellectuels, la société civile aient la possibilité de pouvoir très librement opiner dans nos colonnes. Cette fois, c'est Sonia Petro, qui nous soumet son libre propos.

La Guadeloupe, terre d'excellence et de contraste, un territoire qui a beaucoup évolué ces cinquante dernières années.  De la misère des années 50-60 au développement auquel nous avons eu droit depuis trente ans. Avons-nous su donner une stabilité économique, sociale et environnementale au pays ?

 Les politiques publiques conduites par les dirigeants locaux et nationaux ont-elles répondu aux besoins réels des populations et assurer un équilibre entre les différents espaces de l'archipel guadeloupéen ? Avons-nous pris le temps de nous regarder en face pour répondre de façon cohérente aux nécessités de notre époque ?

Force est de constater que les réponses ne peuvent être que négatives. Compte tenu de la situation et des difficultés révélées quotidiennement par cette société qui se cherche encore, avec d'immenses difficultés accentuées par les événements malheureux de ces derniers mois, ouragans, sargasses, incendie du CHU....

Celle-ci est minée par un chômage qui s'accentue au fil des années. Les jeunes, les seniors, les femmes sont particulièrement frappés par ce fléau qui, assurément constitue un frein au développement et accentue la pauvreté et la précarité dans la population. Pauvreté visible ou invisible avec des conséquences directes ou indirectes sur l'ensemble de la communauté guadeloupéenne.

La violence enregistrée de façon permanente avec un nombre de plus en plus important de victimes, des jeunes parfois bien formés souvent à la dérive, des familles démantelées ou encore une instabilité sociale quasi permanente.

Des éléments déstabilisants auxquels il faut ajouter les chantiers inachevés ou oubliés. Tels l'eau, le transport, les déchets, la santé, la formation....

Des dossiers sur lesquels, les responsables politiques de ces trente dernières années se sont cassé les dents pour ne pas dire pire.

Le 19 janvier 2017, en me rendant en préfecture à Basse-Terre pour faire acte de candidature aux législatives 2017, je mesure l'importance de cette décision motivée par mon engagement politique. Je sais que cette démarche suscitera des réactions multiples. Je ne me suis pas trompée. Elles viennent de diverses sources d'inspiration.

Sympathiques quand elles sont exprimées par les citoyens ordinaires rencontrés au hasard de mes déambulations en ville, interrogatives dans certains milieux qui ne me connaissent pas particulièrement.

Il est vrai qu’excepté mon élection au sein de l'équipe municipale majoritaire à Basse-Terre, à titre personnel je n'ai pas encore eu à faire face au suffrage universel.

Les réserves exprimées peuvent se comprendre aisément. En revanche pas de réactions purement politiques, sauf au sein même du parti que je préside depuis le 30 janvier 2016 suite à l'élection à une large majorité des militants.

Que n'ai-je pas entendu et lu à propos de ma candidature : « sans intérêt, incapacité, la députation est une chose sérieuse ». J'ai éclaté de rire quand j'ai entendu de la bouche d'une élue : « A l'Assemblée nationale, il n'y a pas de défilé de mode. A une candidature de l'élégance je préfère une candidature de la gagne ». En politique, le sexisme n'est pas exclusivement une spécialité masculine.

La mode, la culture, l'art, l'histoire...font partie de la vie, de notre vie. Des secteurs qui font la fierté de la Guadeloupe, source de développement humain et économique, j'y reviendrai.

Un déchaînement de mépris et de condescendance destiné à me déstabiliser simplement parce que j'ai osé dire non.

A Basse-Terre, on n'a pas le droit de prononcer ces trois lettres. Trois lettres qui font la grandeur de ceux qui refusent d'être des larbins. Dire non, c'est vouloir ouvrir le débat sur un sujet donné et rompre avec la monotonie et l'immobilisme qui ont déjà fait tant de mal à notre région.

Ne pas l'entendre c'est refuser la démocratie. C'est ne pas reconnaître la valeur du travail collectif. C'est refuser l'apport de compétences qui devraient s'exprimer au service du bien commun.

Voilà le sens de mon engagement en politique. J'ai cru peut-être naïvement pouvoir le faire à Basse-Terre. La dynastie féminine en place a refusé de s'engager sur cette voie préférant privilégier l'héritage à l'action publique au service de la communauté.

Profondément attachée à ma terre et croyant encore aux vraies valeurs de la politique, je me suis inscrite dans cette compétition électorale.  Il s'agit de faire connaître mes idées, les faire partager, si j'arrive à convaincre.  Tout au moins participer au débat public pour redonner du sens à l'œuvre collective.

 
Évaluer cet élément
(0 Votes)
CCN

Webzine cari-guadeloupéen créé en 2008. Notre premier objectif est d'établir par ce biais un véritable lien entre les caribéens, qu'ils soient francophones, créolophones, anglophones, hispanophones. L'information est donc pour CCN une matière première d'importance capitale.

Site internet : www.caraibcreolenews.com

Toute l'actu de la Guadeloupe et des Caraïbes.

Articles Populaires