La « Société Civile » en question

22 Mai 2017
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Frantz succab Frantz succab

Pointe-à-Pitre. Lundi 22 Mai 2017. CCN. Pawol Lib (Libre Propos) est une nouvelle rubrique de CCN. Notre rédaction propose donc à tous les progressistes qui le souhaitent un espace de communication, une tribune dont le but principal est de porter une contribution au débat d’idées qui fait cruellement défaut dans notre pays. Les points de vue exprimés dans « Pawol Iib » n’engageront pas nécessairement la ligne éditoriale de CCN mais il nous semble indispensable que les intellectuels, la société civile aient la possibilité de pouvoir très librement opiner dans nos colonnes. Cette fois, c’est Frantz Succab qui nous a soumis son « libre propos ». 

Je reviens sur la fameuse société civile qui, à l'ère Macron est célébrée comme la source de jouvence miraculeuse de la vie démocratique. Simplement parce qu'elle fournit de « nouvelles » têtes qui, sous les feux médiatiques, scintilleront en tant que nouvelles célébrités au sein du microcosme politique.

C'est ainsi que la notion de société civile est vidée de sa substance. La voici désormais incarnée indifféremment par d'ex-conseillers de cabinets ministériels et attachés parlementaires, des lobbyistes et des communicants habitués à rendre de menus ou grands services aux gouvernants, de hauts cadres de l'Administration, des professions libérales ou des entrepreneurs à succès.

Pour peu qu'on se livre à une analyse de classe (ce qui est honteusement démodé, mais aide quand même) on constate que seule la classe socialement dominante prête à la classe politiquement dominante. Rien ne change au fond.

Que représentent donc les acteurs engagés dans la démocratie locale, pour la justice sociale, les droits humains, pour l'environnement ?

Les organisations de citoyens qui s'impliquent à l'échelle de tel quartier, telle commune, telle ville, telle région pour améliorer l'existence du plus grand nombre; les partenaires sociaux qui humanisent la vie de l'entreprise ; les associations porteuses de nombreuses alternatives en suppléant souvent les services publics, tel est le contour réel de la société civile.

Pourvu qu'elle soit organisée et consciente de ce qu'elle est, sans élu politique ou membre du gouvernement, elle est capable de dialoguer avec les pouvoirs publics, et ce avec sa légitimité propre. Elle devient une force "politique" au sens originel du mot, parce que fortement influente sur la conduite et la gestion des affaires de la Cité.

Souvenons-nous de ces mouvements de masse qui, rien qu'avec la force de mobilisation de militants, d'association « civiles », et quelques libres penseurs, n'ont cessé d'enrichir et de faire avancer le débat politique en Guadeloupe !

Pourquoi ne pas l'oublier ? Parce que s'en remettre à quelques élus qui n'ont en tête, pour la plupart, que de renforcer le nouveau Souverain de France et occuper les bonnes places autour du trône, signifierait la fin de la société civile et, par conséquent, du fait démocratique.

 

Frantz SUCCAB

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