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Jean-Claude Rodes

Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

Des affiches négrophobes placardées sur des magasins en veux-tu, en voilà.  En politique, dans le sport, dans les entreprises, dans nos rues,  des injures fustigeant  la différence interpellent. Les injures racistes et sexistes en 2018 interpellent autant par leur brutalité que par leur instrumentalisation, conscientes et inconsciente. Il faut dénoncer avec la plus grande vigueur, l’injure raciste et sexiste qui se banalise. “C’est  pour qui la banane ? C’est pour la guenon.” C’est par ces mots qu’une fillette de 12 ans avait  brandi à Angers une peau de banane à l’endroit de Christiane Taubira, à la grande joie entre autre, du Front National. Racisme, sexisme ce sont des blessures de notre humanité. Mais ne faut-il pas  faut en finir avec cette culture de l’excuse.  Car expliquer le mal, c’est vouloir déjà tout excuser !

Que ces insultes viennent d’enfants  et des faibles QI de la compassion, on pouvait comprendre sans pour autant l’accepter.  Notons que cette  comparaison simiesque envers la  ministre de la Justice,  c’est le lot, encore récemment, de joueurs noirs sur les terrains de foot — après Thuram — tels Blaise Matuidi en Italie, Pierre-Aymerick Aubameyang en Allemagne et Gaëtan Bong en Angleterre. 

Mal connaître un objet, disait Camus, c’est ajouter au malheur du monde. Le malheur de notre pays c’est cette incapacité de s’accorder utilement sur les répartitions des pouvoirs et des solutions à prendre pour pallier aux manquements graves de ceux (Etat, collectivités majeures, communautés de communes ou d’agglo et autres  EPCI….)  qui, par des décisions iniques, portent gravement atteinte au quotidien des populations. Mais aussi au développement économique du pays et l’image même de la démocratie.

L’actualité politique tant en Catalogne, qu’en Corse, mais aussi chez nous avec les barons et baronne de l’eau,  entre autre,  montre l’opposition de deux institutions reconnues par la constitution, mais qui ont du mal à s’accorder sur leurs compétences. N’hésitant pas, par des décisions iniques, à prendre en otage la  légalité et le bien-être des populations. Des vanités politiciennes ont-elles le droit d’entrainer impunément une population dans l’impasse ?

A l’analyse, le  télescopage des compétences est le propre même des pays ayant une organisation décentralisée. C’est le cas des fédérations ou confédérations, où les états,  les régions,  les provinces, disposent d’une plus ou moins grande autonomie, pouvant ébranler le pouvoir central, souvent conduit, pour sortir du conflit, à faire des compromis. Notons cependant, que pour sauvegarder l’unité du pays, la justice sociale, la cohésion nationale, que le pouvoir central n’abandonne jamais ses compétences en matière de justice, de monnaie, de puissance coercitive (armée, police) ni même d’affaires étrangères.

La déferlante de contrariétés sur notre territoire dues à l’incompétence de certains de nos dirigeants et aussi aux dérives mafieuses (mise en examen d’élus et de hauts cadres, budget mis sous la tutelle par la cour des comptes, subvention virtuelle et non honorée avec un préjudice importants pour les associations et les entreprises, interminables querelles d’ego sur la question de l’eau, insupportable taux de chômage, montée de la criminalité, de l’illettrisme, et maintenant l’incendie du CHU) viennent rappeler que chez nous, la vie réelle des gens peut être vraiment triste.

Mais l’immense potentiel de notre archipel, tant par son climat, sa flore (l’or vert), l’abondance de sources d’énergies renouvelables, la variété et la beauté de nos sites naturels et touristiques, notre incomparable gisement encéphalique et l’extraordinaire réussite de nos élites intellectuelles, de nos artistes, comme de nos sportifs tant sur le plan national qu’international, montrent que le réel chez nous peut être aussi une immense source d’espérance.

Nous ne sommes pas des idéalistes utopiques. Et dans mes éditos, j’ai eu à le dire. Le réel ne peut être parfait. Mais rien ne peut justifier cet immobilisme avec la non résolution de problématiques récurrentes datant de 10, 20  ou 30 ans ! Mais il n’y a pas de malédiction programmée. Il y a des défis à relever et qui doivent être absolument gagnés. C’est là une affaire de maturité et d’intelligence collective.

Qu’une partie du CHU brûle, et c’est tout notre système de santé qui est à nu. Il a fallu ce grave incendie pour se rendre compte des erreurs commises au cours des dernières années. Pourquoi avoir tant tarder à reconstruire le CHU ? Pourquoi avoir voulu tout centraliser dans un CHU bien mal en point en déshabillant les autres hôpitaux, et en particulier le CHBT ? Au point que nous soyons à la merci de la moindre catastrophe accidentelle, naturelle, humaine ou industrielle. Oui gardons-nous d’être malade en ce moment ou d’être en urgence médicale a déclaré Gaby Clavier, l’infatigable syndicaliste, spécialiste des problématiques de santé chez nous. Et malheureusement, ces propos certes caricaturaux, n’ont rien d’excessifs comme le pensent certains. Les vérités ont aussi leur brutalité.

Et gênent d’autant qu’elles renvoient à des responsabilités, qui mettent en question le bien-fondé des choix davantage imposés que concertés, d’administrateurs, de ministres et de politiciens locaux. Les conséquences désastreuses de la gestion de nos biens publics essentiels, comme l’eau, la santé, les déchets, celles dont les populations sont les premières à en pâtir, sortent les nombreux cadavres planqués dans le placard.

Tous ces ratés, montrent l’étendue des conséquences de cette mal gouvernance chez nous. Et comme semble le dénoncer la cour des comptes à l’encontre de nos élus, le tintamarre des casseroles en ce moment, fait un bruit encore plus insoutenable que les vents de Maria. Quand il y a tant à faire dans le secteur public (hôpitaux, écoles, sécurités, équipements sportifs…prisons), l’argent qui ne coule pas à flot, surtout en temps de crise, doit être dépensé à bon escient. Nous ne reviendrons pas sur la dénonciation d’une gestion uniquement comptable, d’autres disent uniquement libérale, de la santé au détriment de l’humain. S’il est vrai que les seuls moyens financiers ne garantissent pas toujours un résultat probant, il en faut cependant pour rentabiliser les objectifs et optimiser les  missions.

Si je suis élu j’appliquerai le programme que j’ai défendu”.  Il l’a dit et il le fait, quoi qu’on en pense ! Car pour le président Macron pour “révolutionner” la France, un pays conservateur et hostile à tous changements, il faut assumer le risque d’être impopulaire. Il était urgent et nécessaire que ces réformes soient menées, par les ordonnances, la pédagogie ou la concertation positive.  By any mean necessary, dirait Malcom X. Contrairement à ses prédécesseurs qui ont renoncé à appliquer le programme sur lequel ils avaient fait campagne, le président Macron, reste fidèle à la ligne annoncée, faisant face à l’immobilisme, aux corporatismes et aux manifestations de rue.

En effet malgré les foudres annoncées par une opposition ki pa ka tann mach, conduite par Mélenchon et les syndicats non réformateurs, sur les sujets les plus minés comme la réforme du code du travail, le projet de loi de finance, le logement, l’université, le changement tambouriné, est bien en marche. Avec une nouvelle stratégie, consistant pour les membres de gouvernement, le premier ministre ou même le président, à venir au contact, sur le terrain, sous le feu des médias, pour expliquer une démarche qui peut poser problème, Il s’agit d’expliciter pour faire adhérer.

La Guadeloupe dans cette approche du terrain, n’a pas été écartée. Comme le témoigne chez nous ce week-end,  la visite du premier ministre et dans la foulée celle du président de l’assemblée. Après l’Assemblée des RUP en Guyane, ces visites successives semblent montrer l’urgence qu’il y a pour le gouvernement de s’intéresser enfin, à nos régions discriminées.

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