Breaking News

Suivez CCN sur : 

CMA ZCL TV
×

Avertissement

JUser::_load : impossible de charger l'utilisateur ayant l'ID 940
JUser::_load : impossible de charger l'utilisateur ayant l'ID 953

Martinique. AEC : Alfred Marie Jeanne se prononce contre les Réparations

06 Jui 2016
4844 fois

Fort-de-France. Lundi 6 juin 2016. CCN. Le président de la CTM, Alfred Marie Jeanne a participé au 7é sommet des chefs d’état de la Caraibe qui s’est tenu à Cuba du 2 au 4 juin derniers. Le précédent sommet (6é) avait eu lieu à Merida (Mexique) en avril 2014, à l’époque c’est Serge Letchimy alors président de la Région qui avait représenté la Martinique. A. Marie-Jeanne qui s’est donc  rendu a Cuba en se disant «  choqué » par l’idée de la Réparation, (cf. son discours ci dessous)  a étonné et irrité  tous les chefs d’états membre de  de la CARICOM. En effet la question de la Réparation est  depuis  des années  un axe de combat récurrent et unificateur pour toute les nations  ex colonies européennes de  la Caraibe. La déclaration totalement à contre courant du président de la CTM, est la preuve que ce dernier n’a  encore rien compris à cette de cette problématique ; pire sa position  semble  tout au moins  objectivement,  se rapprocher des thèses de la mouvance des « Romana-CM98 -Tous Créoles ». Il devient donc urgent que l’entourage  immédiat de Marie Jeanne, l’aide à mieux  saisir  ces questions  afin que la position de la CTM  puisse évoluer positivement.

 

Le Discours de Marie Jeanne à l’AEC

Je suis heureux de vous retrouver.

Œuvrer pour notre Continent Caraïbe, c’est notre devoir commun.

Personne d’autre ne saurait le faire à notre place.

Notre déclaration finale doit être l’aboutissement d’un consensus, j’en conviens.

Néanmoins il nous appartient aussi d’exprimer nos approches différentes sur certains sujets sensibles.

 

Permettez-moi donc ces quelques remarques :

Concernant l’alinéa relatif à l’esclavage et à la traite négrière

Pour moi, Un crime reste un crime,

Quelle que soit la peine infligée,

Quelles que soient les réparations demandées,

Quel que soit le dédommagement accordé.

Un crime reste un crime.

En quoi un dédommagement peut-il réparer un crime ?

C’est ce qui heurte ma conscience.

La France a fini par reconnaitre l’esclavage comme crime contre l’humanité, sur l’insistance de territoires tels que la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et la Réunion…

L’idée de réparation ou d’indemnisation me choque !

C’est pour cela que je prône le devoir de mémoire, le devoir de la vérité historique.

Je propose un amendement dans l’écriture de l’alinéa 15.

-      Le remplacement des termes « réparation, compensation, indemnisation » par « aide au développement »

Maintenant à vous de décider !

 

En ce qui concerne l’alinéa relatif au transport de matières dangereuses dans la mer des Caraïbes :

Ma position est claire depuis 1999, lors de notre 2ème Sommet ; position réaffirmée au Sommet de Panama en 2005.

Ne me demandez pas aujourd’hui, de revenir sur mes positions et mes engagements.

L’actualité nous rappelle de façon récurrente les précautions à prendre, au moment même où nous parlons de développement durable.

C’est quand même 2 754 000 km² de superficie de  mer nous unit !

En tant que Membre associé à part entière, j’ai jugé utile de vous faire part de mes observations, afin que nul n’en ignore.

Plein succès à nos travaux

Plein succès à Cuba qui le mérite bien !

Alfred MARIE-JEANNE
Président de la Collectivité territoriale de Martinique

 

 

Intervention de M. Alfred MARIE-JEANNE, Président de la Collectivité Territoriale de Martinique 

7ème Sommet des Chefs d’Etats et/ou de Gouvernements de l’AEC Samedi 4 juin 2016, Havane, Cuba 

« Unis au sein de l’AEC pour affronter les problèmes de développement durable, des changements climatiques et de la paix dans la Région » 

 

Certains se posaient, de façon lancinante, la question de savoir quand l’AEC s’éveillera. Aujourd’hui, un pallier ascensionnel a été gravé. 

Monsieur le Président Raul CASTRO RUZ, félicitations pour cette rencontre décisive et à résonnance internationale positive. C’est déjà un premier succès dans l’attente de bien d’autres à venir. 

Monsieur le Secrétaire Général sortant Alfonso MUNERA CAVADIA, merci pour l’importance tâche accomplie et les impulsions données. 

Bienvenue à la nouvelle Secrétaire Générale, June SOOMER, ma voisine de Sainte Lucie, 

Distingués frères et soeurs de la Caraïbe, Chers (ères) Amis (es). 

Les problèmes à résoudre entre nous ne manquent pas. 

Il faut avoir le courage de le reconnaitre dans la perspective de les résoudre. 

C’est dire que l’unité ne se décrète pas, elle se construit pas à pas. 

Toute immobilité serait un renoncement et une marche à reculons. 

C’est dire que la coopération d’intérêts réciproques doit être notre colonne vertébrale. 

L’unité implique l’écoute, la responsabilité et des efforts collectifs sans relâche. 

L’unité, c’est partager des principes, des valeurs et avoir des objectifs précis. 

Notre unité implique surtout engagement en vue de réalisations concrètes. 

Nous avons au sein de la Caraïbe, des exemples d‘engagement qui ont permis d’atteindre des transformations réelles. 

Pour ne prendre qu’un seul exemple, je citerai Cuba, qui malgré un blocus scélérat de plus d’un demi-siècle, a toujours oeuvré pour le renforcement des capacités de certains de nos territoires, tant dans le domaine de la santé, du sport, de 

l’éducation, de la recherche, de la culture. C’est de l’héroïsme allié à la générosité et à l’abnégation. 

Malgré les contraintes internationales bien connues, notre unité passe par une compréhension mutuelle des enjeux réels du Développement Durable et du Changement climatique qui aujourd’hui sont liés, tout particulièrement pour les petits territoires insulaires. 

Approfondir notre coopération, notre unité de vue, sur les actions à entreprendre pour limiter l’Empreinte Ecologique sur nos territoires, doit être plus que jamais au premier plan de nos préoccupations 

A cet égard, l’aide extérieure est la bienvenue, mais elle ne doit en aucun cas être l’occasion d’une re-mainmise sur nos territoires en vue d’un quelconque nouvel asservissement. 

Nous devons expérimenter un nouveau modèle, trouver des nouvelles inspirations, qui nous rendraient moins dépendants et moins vulnérables aux aléas des marchés extérieurs et des conjonctures internationales. 

Un modèle qui s’appuie sur notre histoire pour mieux consolider notre solidarité. 

Un modèle porté par des valeurs qui ont façonné notre manière d’être au monde. 

Un modèle répondant à l’exigence d’économies plus complémentaires. 

L’innovation, la recherche tant fondamentale qu’appliquée, les nouvelles technologies doivent être au poste de commande, pour empêcher la fuite de nos cerveaux et espérer le retour de ceux qui sont partis. 

Un modèle qui privilégie le dialogue permanent pour le retour à une paix véritable, toute ingérence extérieure étant bannie. 

Face aux menaces de toutes sortes et les plus inattendues (risques naturels ou industriels, épidémies et terrorisme), ce qui est en jeu, c’est notre capacité collective d’anticipation et de réaction. 

Voilà pourquoi il est essentiel de réaffirmer et de raffermir les initiatives en matière de système d’alerte précoce, d’intervention et de recouvrement, et également d’intelligence stratégique. 

Car quel que soit notre niveau de préparation, le risque ne peut être écarté. 

La paix, comme l’unité, se construit pas à pas, tout en résistant à l’oppression multiforme. 

L’unité et la Paix vont de pair. Ce sont les conditions de notre réussite certaine. 

Unis au sein de l’Association des Etats de la Caraïbe, saluons l’opportunité qui nous est ainsi offerte pour dialoguer, imaginer et dessiner les contours d’un avenir commun pour le Développement Durable et pour la Paix. 

Les déstabilisations fomentées, les guerres chaudes et les guerres froides ne sont plus de mise. 

Le Droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes ne doit pas être sans cesse violenté. 

La Force ne doit plus brimer le Droit. 

C’est le moment solennel de dénoncer TOUT ce qui se trame contre le Venezuela. 

Nous n’avons pas de revanche à prendre. Nous avons l’obligation d’affirmer note présence au Monde pour la faire fructifier. 

Remerciements à Cuba pour la qualité de son accueil et de son organisation. 

Président Raul, merci de transmettre mon bon souvenir à ton frère Fidel. 

Remerciements également à tous nos collaborateurs et tous nos traducteurs. 

Gracias a todos. 

Alfred MARIE-JEANNE 

Président de la Collectivité Territoriale de Martinique 

Évaluer cet élément
(3 Votes)

1 Commentaire

  • iMandarinGriot
    iMandarinGriot mardi, 07 juin 2016 11:39 Lien vers le commentaire

    Quand les tenants de la Réparations qui squattent les plateaux des télévisions locales parlent de cette affaire, ou ils vitupèrent, l'oeil dur, le regard glaçant pour la plupart et quand certains parlent d'une voix douce, leur mépris extrême fait encore plus peur. Ajoutez l'effrayante milice de l'UGTG que je vois dans le quotidien local et vous comprendrez pourquoi personne n'ose dire à haute voix ce que tout le monde, à part eux , pense de cette lubie. J'ai beau tourner et retourner cette affaire les mots qui me viennent à l'esprit ne sont guère flatteurs : incongrue, mascarade, argutie,... passons.
    Vous l'avez compris, je partage totalement l' ébahissement des écrivains noirs américains lors du Congrès avec les Antillais, Guyanais et Africains qui ne voulaient parler que de l'esclavage. Cela se passait vers 1950. Les noirs américains disaient que le passé est le passé, qu'il faut le connaître mais que l'important ce sont le présent et l'avenir. Césaire et Senghor l'emportèrent et depuis, à part Raphaël Confiant, mes intellectuels pleurnichent, et cette demande de Réclamation en découle . Leurs partisans gémissent en disant que nous avons souffert et que celle-ci entraîne cette réclamation. L'Histoire de mon département n'a qu'un chapitre ; L'esclavage, et dans celui-ci qu'un sujet : les traitements subis. et rien d'autre ! Absolument rien d'autre !
    Je partage encore plus l'avis de Frantz Fanon qui dans son Testament dit ceci : " Je ne suis pas sur la Terre pour venger les Noirs du XVIIIè siècle. Il n'y a pas de fardeau blanc, il n'y a pas de revanche nègre. Je ne me préoccupe que de mon présent et de mon avenir. "
    Je partage aussi l'avis de Cheik Anta Diop qui dit que l'Histoire n'est pas un lieu de résidence mais un lieu de référence. propos que je vais illustrer.
    La lubie de refaire le déroulement du passé à son avantage a touché tous ceux qui ont perdu. Regardez les efforts prodigieux que font les historiens de la France hexagonale pour démontrer que les Gaulois étaient forts. Ils ne parlent pas encore de demander réparations aux Italiens ou à la Ville de Rome mais cela viendra quand ils délireront comme nos élites auto-proclamées !
    Les Aborigènes d'Australie, les Maoris de Nouvelle-Zélande, les Peaux-rouges des Etats-Unis ont revendiqué bruyamment, encouragés par les forces " progressistes " des Européens, en vain.
    Les Masaïs au Kénya, au Tanzanie et depuis peu en Ouganda revendiquent toujours en vain.
    L'espoir fait vivre dit-on mais la réalité gagne toujours contre l'irréel, l'utopie.
    Et ne voilà-t-il pas qu'un indépendantiste de toujours, en pleine assemblée de l'AEC dit à tous ces pleurnicheurs que cette mascarade doit cesser, qu'il est temps que la raison prédomine. Monsieur Alfred Marie-Jeanne, grand utopiste délirant, a-t-il soudain découvert la vraie réalité. Je dois l'avouer, je l'espérais mais il n'en est rien car tout le reste de son discours est bien de sa ligne politique de toujours : Cuba, les frères Castro, Chavez, tous des grands démocrates n'est-ce pas, mais là, un éclair de lucidité a traversé son cerveau et il a hurlé : Halte-là avec cette connerie ! . Je lui dis encore un effort Monsieur Alfred !

Connectez-vous pour commenter

Toute l'actu de la Guadeloupe et des Caraïbes.

Articles Populaires