France. Christine Angot : des propos profondément choquants méritant une condamnation judiciaire

11 Jui 2019
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Paris. Mercredi 12 juin 2019. CCN. Dans la nuit du 1er juin 2019, la chroniqueuse de l’émission « On n’est pas couché », Christine Angot, a déclaré à propos de la Shoah et de l’esclavage colonial « qu’il n’était pas vrai que les traumatismes étaient les mêmes » et qu’il fallait « que les esclaves soient en bonne santé pour être vendus » contrairement aux juifs déportés.

En sus de la relativisation des souffrances endurées pendant plus de quatre siècles par les victimes de la traite négrière et de l’esclavage colonial, ces propos inadmissibles ravivent une concurrence des mémoires que le travail commun des associations était parvenu à apaiser.

Olivier SERVA, Président de la Délégation aux Outre-mer de l’Assemblée Nationale rappelle à la chroniqueuse que « le cynisme c’est connaître le prix de tout et la valeur de rien ».

En s’exprimant avec une telle légèreté, Madame Angot a fait la démonstration de sa méconnaissance de la valeur historique très grave de ses propos. Elle prouvait ainsi que l’histoire de l’esclavage lui échappait totalement ; qu’elle ignorait le nombre de morts qu’il a fallu pour capturer les esclaves. Elle illustrait ne pas savoir que l’Atlantique est un cimetière océanique où ceux qui n’ont pas supporté les conditions inhumaines de la traite à bord des navires négriers ont été jetés.

Outre le fait qu’ils sont profondément choquants, les propos de Madame Christine Angot sont susceptibles d’être qualifiés de révisionnistes et de négationnistes des crimes contre l’humanité qu’ont été la traite négrière et l’esclavage colonial. A ce propos, Olivier Serva rappelle que l’article 24 bis de la loi du 27 juillet 1881 sur la liberté de la Presse sanctionne par un an d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende ceux qui auront nié, minoré ou banalisé de façon outrancière, et de façon publique, l'existence d'un crime contre l'humanité de réduction en esclavage ou d'exploitation d'une personne réduite en esclavage.

Le Président de la Délégation aux Outre-mer adressera au Procureur de la République de Paris ainsi qu’au Président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel une lettre afin de les entretenir de ces événements.

Dans la mesure où le Procureur de la République de Paris considérait que l’arsenal juridique était insuffisant en l’état actuel de la législation pour condamner de tels propos, Olivier SERVA annonce qu’il déposerait alors une proposition de loi afin d’étendre l’application de cette peine aux propos niant, minorant ou banalisant les crimes contre l’humanité mentionnés par la loi du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite négrière et de l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Olivier Serva
Député de la Guadeloupe Président de la Délégation aux Outre-mer

CCN

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