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Haïti. En 10 ans, les transferts d’argent de la diaspora vers Haïti ont augmenté de plus de 80%

22 Jui 2017
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Port-au-Prince. Jeudi 22 juin 2017. Lenouvelliste/CCN. D’après un nouveau rapport publié à la veille de la Journée internationale des envois de fonds à la famille, célébrée chaque année le 16 juin par le Fonds international de développement agricole (FIDA), le montant des transferts que les migrants envoient à leurs familles dans les pays en développement a augmenté de 51% au cours des dix dernières années.

En Haïti, pendant la même période, les transferts d’argent ont progressé à un rythme exponentiel au point qu'ils constituent la principale source de devises.

« Travailleurs migrants et transferts d’argent : vers la réalisation des Objectifs de développement durable, une famille à la fois » est la toute première étude d’une tendance sur dix ans des flux de transferts d’argent enregistrés au cours de la période 2007-2016. Le rapport attribue la nette augmentation des transferts observée au cours de la dernière décennie en grande partie à l’Asie, qui a connu une progression de 87% du volume des transferts d’argent.

En ce qui concerne la sous-région, entre 2007 et 2016, Haïti est le pays où les flux de transferts d’argent ont le plus augmenté à un rythme exponentiel de 85.6%, distançant considérablement la République dominicaine (62.9%) et la Jamaïque (14.9%). Quand on fait le ratio, Haïti arrive en tête, ex aequo avec le Honduras, dans le top 5 des pays de la région Amérique latine et Caraïbes, avec des envois de fonds représentant 21% de son PIB en 2007 et 25% en 2015, larguant à la deuxième place le Honduras avec des envois de fonds représentant 18% de son PIB.

Malgré cette tendance haussière depuis dix ans, Gilbert F. Houngbo, président du FIDA, souligne que l’impact des transferts d’argent doit d’abord être envisagé selon le critère d' « une famille à la fois ». « Ce qui compte, ce n’est pas tant l’argent qui est envoyé vers les pays d’origine, c’est l’impact qu’il peut avoir sur la vie des gens. Les petites sommes de 200 USD ou 300 USD que chaque migrant envoie chez lui représentent 60% du revenu du ménage, si bien que cet argent fait une différence énorme dans la vie des familles et dans les communautés dans lesquelles elles vivent. »

À l’échelle planétaire, plus de 200 millions de travailleurs migrants subviennent aujourd'hui aux besoins de près de 800 millions de membres de leurs familles. Selon les prévisions en 2017, une personne sur sept dans le monde participera, comme expéditrice ou comme bénéficiaire, à des transferts d’argent dépassant 450 milliards de dollars. Les flux migratoires et les transferts d’argent des migrants chez eux ont un impact à grande échelle sur l'économie et la scène politique mondiales.

Le total estimé des revenus des travailleurs migrants représente 3 000 milliards de dollars par an, dont environ 85% restent dans les pays hôtes. Les sommes que les migrants envoient vers leurs pays d’origine représentent en moyenne moins de 1% du PIB de leur pays hôte.

Pour l’année 2016, Haïti est le 3e pays de la Caraïbe à avoir reçu le plus de transferts de la diaspora, 2.2 milliards de dollars, suivi par la Jamaïque et la République dominicaine, respectivement numéro 1 et 2, avec 2.4 milliards et 5.5 milliards de dollars. Mais, avec des envois de fonds représentant 24.7% de son PIB, Haïti caracole en tête, loin devant la Jamaïque 16.9% et la République dominicaine 7.7%.

Ces transferts d’argent individuels représentent globalement plus du triple de l’aide publique au développement (APD), toutes sources confondues, et dépassent le montant total des investissements étrangers directs réalisés dans la quasi-totalité des pays à faible revenu et des pays à revenu intermédiaire.

Les coûts de transaction pour envoyer de l’argent dépassent actuellement 30 milliards de dollars par an, les frais étant particulièrement élevés pour les pays les plus pauvres et les zones rurales éloignées. Le rapport formule plusieurs recommandations en vue d’améliorer les politiques publiques et présente des propositions de partenariats avec le secteur privé afin de réduire les coûts et donner aux migrants ainsi qu'à leurs familles les moyens d’utiliser leur argent de façon plus productive.

Le rapport estime que 6 500 milliards de dollars sous forme de transferts d’argent devraient être envoyés vers les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire entre 2015 et 2030. Par ailleurs, au cours des dix dernières années, les flux de transferts d’argent ont augmenté à un rythme annuel de 4,2% en moyenne, passant de 296 milliards de dollars en 2007 à 445 milliards de dollars en 2016.

Dans l’ensemble, cent pays reçoivent chaque année plus de 100 millions de dollars sous forme de transferts d’argent et, parallèlement, 80% des transferts d’argent sont envoyés vers 23 pays, au premier rang desquels la Chine, l’Inde et les Philippines. À elle seule, l'Asie reçoit 55% du total des flux de transferts d'argent.

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