Breaking News

Haïti. Des ouvriers manifestent pour exiger le salaire minimum à 800 gourdes

27 Jui 2017
2499 fois

Port-au-Prince. Mardi 27 juin 2017. Lenouvelliste/CCN. Les ouvriers du secteur de la sous-traitance ont encore occupé le lundi 26 juin le macadam pour exiger l’augmentation du salaire minimum à 800 gourdes et de meilleures conditions de travail. Charriant diverses revendications, les manifestants ont parcouru plusieurs artères de la capitale avant d’adresser le message final devant les locaux du MAST.

 La crise qui sévit dans le secteur de la sous-traitance ne semble pas bouger d’un poil, malgré l’installation des membres du Conseil supérieur des salaires. Les ouvriers ont encore chômé ce lundi. Ils persistent et signent en réclamant de meilleurs conditions de travail dans le secteur de la sous-traitance. Ils étaient plusieurs milliers à gagner les rues de la capitale pour réclamer mordicus le réajustement du salaire minimum à 800 gourdes, en adéquation avec la cherté de la vie.

Parfois acerbes dans leurs propos envers l’équipe au pouvoir, les manifestants ne vont pas de main morte en dénonçant particulièrement le ministre des Affaires sociales et du Travail qui avait annoncé un train de mesures sociales pour les accompagner. Or, aucune suite n’a été faite. « Nous demandons de convoquer le ministre Bellevue qui nous a menti », peste l’un d’entre eux. Ils souhaitent que les dirigeants cessent de les rouler dans la farine.

Pour ce jeune homme, c’est de l’esclavage moderne à l’intérieur de l’industrie textile. « Il est temps que nous fixions le prix de nos efforts », scande un manifestant dans la foulée. « On milite pour un changement afin d’éviter que nos progénitures ne soient des chauffeurs de tap-tap, ou qu’ils soient nos successeurs à la factory », raconte cette femme, sans crainte d’être mise à la porte.

Les 800 gourdes vont permettre d’alléger notre situation, poursuit une mère de famille. Pour les frais de transport, la nourriture, la scolarité, 300 gourdes comme salaire minimum ne convient nullement à ses besoins, soutient-elle.

Par ailleurs, ils ont dénoncé les deux autres représentants du CSS qui, disent-ils, n’ont pas la confiance des travailleurs au sein des factorys.

Devant le MAST, les manifestants réclament entre autres la réintégration des ouvriers et ouvrières licenciés abusivement pendant la mobilisation.

Ces derniers clouent au pilori les dirigeants haïtiens qui empêchent le dénouement de la crise. « Les grands manitous sont prêts à donner les 800 gourdes. Cependant, les dirigeants haïtiens ont bloqué la situation. C’est le seul pays où l’État est au service du patronat. Un président qui se trouve dans la poche des patrons », balance pour sa part celui qui fait office de porte-parole lors de cette journée de mobilisation. Plus loin, les ouvriers appellent le ministre des Affaires sociales et du Travail à assumer ses responsabilités pour que les patrons respectent les droits des ouvriers de créer des syndicats.

Les manifestants, qui comptent franchir une autre étape de leur mobilisation, exigent du Parlement la révision de la loi régissant le secteur de la sous-traitance.

Présent également à cette manifestation pacifique, le leader de la plateforme Pitit Dessalines, qui précise que les revendications des ouvriers ne sont pas négociables. Moïse Jean-Charles ne comprend pas comment le président Jovenel Moïse peut faire la sourde oreille aux revendications des ouvriers.

Évaluer cet élément
(0 Votes)
CCN

Webzine cari-guadeloupéen créé en 2008. Notre premier objectif est d'établir par ce biais un véritable lien entre les caribéens, qu'ils soient francophones, créolophones, anglophones, hispanophones. L'information est donc pour CCN une matière première d'importance capitale.

Site internet : www.caraibcreolenews.com

Toute l'actu de la Guadeloupe et des Caraïbes.

Articles Populaires