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Haïti. « Ce sont les patrons haïtiens qui ne souhaitent pas que le salaire minimum soit ajusté », selon les syndicalistes

29 Jui 2017
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Port-au-Prince. Jeudi 29 juin 2017. Lenouvelliste/CCN. Le P.D.G. du Grupo M, Fernando Capellan, propriétaire de CODEVI, ne pouvait pas mieux faire en s’exprimant en faveur de l’ajustement du salaire des ouvriers des usines textiles. Il vient encore de prouver qu’il est différent des patrons haïtiens du secteur, selon la plupart des syndicalistes.

« Nous l’avons toujours dit, ce sont les patrons haïtiens qui ne souhaitent pas que le salaire minimum soit ajusté, contrairement aux étrangers », a déclaré Pierre Télémaque, président de la Plateforme des syndicats des usines textiles- Bataille ouvrière (PLASIT-BO). Le syndicaliste pointe du doigt André Apaid Junior et Clifford Apaid, patrons de la société International Wovens S.A., Charles Henry Baker, P.D.G. de One World Aparel et Abraham Félix. Il met dans cette catégorie Alain Vilard qui pourtant, selon lui, a été « très modeste » dans le secteur. Il accuse André Apaid d’être le patron qui a battu le record de révocation à chaque série de mouvement de revendication.

Pierre Télémaque informe que le patron de la CODEVI s’était entretenu avec les syndicalistes de son usine en vue de discuter du niveau d’augmentation qu’il peut octroyer à ses ouvriers. Le syndicaliste s’est toutefois gardé de révéler le montant accepté par les deux parties. En ce qui concerne André Apaid Junior, il serait favorable à une augmentation de seulement 30 gourdes, selon Pierre Télémaque, voulant faire croire que le patron d’IW a la mainmise sur le CSS. 

Le président de la PLASITBO annonce d’autres manifestations en vue de faire pression sur le Conseil supérieur des salaires. Les 800 gourdes ne sont pas négociables, a-t-il dit.

« Nous avons accueilli la déclaration de Fernando Capellan avec beaucoup de satisfaction », a déclaré pour sa part Dominique St-Éloi, coordonnateur de la Centrale nationale des ouvriers haïtiens ( CNOHA). Au même titre que son camarade Pierre Télémaque, il ne ménage nullement les André Apaid Junior, Charles Henry Baker, Abraham Félix et Alain Vilard. « Ce sont ces quatre patrons qui maintiennent la situation », a-t-il indiqué. Il accuse spécifiquement André Apaid Junior qui, selon lui, veut maintenir les ouvriers dans une forme d’«esclavage généralisé».

André Apaid, le patron de la société Interamerican Wovens S.A. (IW), sait qu'il n'a pas bonne presse auprès de certains syndicalistes, mais il s’est défendu lors d’une interview accordée à Magik 9 la semaine écoulée. « Je ne suis pas un diable, je n’ai pas de cornes », a-t-il dit un tantinet vexé, faisant remarquer qu’en République dominicaine où il entreprend également des affaires, il est traité avec respect et révérence par le président de la République et par les employés qui l’appellent «Don».

Pour André Apaid, la sous-traitance figure parmi les secteurs dans lesquels le niveau de salaire est le plus élevé. Aujourd’hui, la sous-traitance égale les autres secteurs en matière de salaire, se félicite Andy Apaid, faisant remarquer dans certains cas que le niveau d’augmentation du salaire minimum a été le double ou le triple par rapport au niveau d’inflation. Par exemple, pour André Apaid, pour un taux d’inflation de 14%, le salaire minimum a été augmenté de 30% l’année dernière. Ce qui est dommage, selon lui. « Le salaire minimum a évolué à une telle rapidité qu’on mette sa capacité à jouer son rôle en danger », avait-il indiqué.

La situation telle qu’elle se présente aujourd’hui dépasse le CSS, selon Dominique St-Éloi qui a encore une fois exprimé son refus de siéger aux côtés de Pierre Joseph Polycarpe et Fritz Charles comme représentants du secteur syndical au sein du CSS. Il accuse ces derniers de ne représenter que les intérêts des patrons au sein du conseil supérieur des salaires. Dominique St-Éloi qui n’a aucune confiance dans cette structure tripartite pense que c’est « le président de la République en personne qui doit prendre un arrêté pour fixer le salaire minimum à 800 gourdes ». Des fonds doivent être insérés dans le prochain budget en vue d’accorder des avantages sociaux aux ouvriers de la sous-traitance, propose le syndicaliste.

« Dialoguer et ajuster le salaire comme il se doit sont justes car il y a hausse de l’inflation. Il doit être ajusté […] Non pas à travers une pression qui n’est pas logique », a déclaré Fernando Capellan dans une interview accordée au journal mardi.

A chacun son opinion

« C’est l’opinion de M. Capellan. Les Coréens ont la leur », a déclaré le président de l’Association des industries d’Haïti contacté par le journal. « En tant que président de l’ADIH, je ne peux pas dire que Capellan ait raison et les autres aient tort et vice versa », a conclu Georges Sassine, qui n’a pas souhaité faire plus de commentaires.

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