Imprimer cette page

Haïti. 144 milliards de gourdes: prévision budgétaire pour l’exercice fiscal 2017-2018

03 Juil 2017
3026 fois

 

Port-au-Prince. Lundi 3 juillet 2017. Lenouvelliste/CCN. Le ministre de l’Économie et des Finances Jude Alix Patrick Salomon a déposé ce vendredi 30 juin 2017 le projet loi de finance 2017-2018 à la Chambre des députés.

Le président de la Chambre basse Cholzer Chancy, qui a reçu le document, propose de faire de son mieux pour porter les députés du peuple à tenir séance d’ici la semaine prochaine afin de permettre au ministre de l’Économie et des Finances de présenter l’exposé des motifs de ce projet de budget.

En déposant, ce vendredi 30 juin 2017, le projet de loi de finances 2017-2018 à la Chambre des députés, « le gouvernement ne fait que répondre à une exigence de la Constitution qui, dans son article 111-2, fait de la Chambre basse la porte d’entrée du budget», a souligné d’entrée de jeu le président de la Chambre basse, Cholzer Chancy qui, accompagné du président de la commission Économie, Finances et Budget de cette chambre Yvon Geste, a reçu le projet de loi de finances 2017-2018 du ministre Jude Alix Patrick Salomon.

Ce document prévoit un budget de 144 milliards de gourdes selon les dires du ministre de l’Économie et des Finances, soulignant que des secteurs tels que les travaux publics, l’agriculture et l’éducation sont les axes prioritaires du gouvernement dans le cadre de ce projet de budget. « Les travaux publics ont une bonne part du budget, pourquoi ? Vous voyez l’état de nos routes et nous avons besoins de faire des maillages routiers très importants, ensuite vient le ministère de l’Agriculture », dévoile le grand argentier de la République qui rappelle que, l’éducation se trouve en 3e position parmi les secteurs qui se sont taillé la part du lion dans le projet de budget.

Sur ce point, Jude Alix Patrick Salomon se veut clair : « Il y a un ministère que personne n’aurait supposé qui a une importance significative mais pour une autre raison : c’est l’Éducation nationale, et pour prendre cette décision, nous avons l’appui des parlementaires qui sont conscients qu’il y a un problème de salaire marquant dans ce secteur. Les instituteurs avaient un salaire de misère et nous nous sommes entendus avec les syndicats pour augmenter graduellement le salaire de ces enseignants », a lancé le ministre, avant d’annoncer que cette augmentation sera faite par étapes variant d’une année à une autre.

Le ministère de la Santé publique qui doit répondre à une promesse d’ajustement de salaire des médecins, le ministère de la Défense avec son ambitieux projet de reconstitution des Forces armées d'Haïti et l’environnement succèdent aux grandes priorités selon les explications du ministre.

Faire passer le budget de 121 milliards de gourdes prévus dans l’exercice précédent à 144 milliards pour l’exercice fiscal 2017-2018 revient à dire que le gouvernement a déjà identifié d’autres sources de revenus. Le ministre Jude Alix Patrick Salomon ne marmotte pas, l’étau sera resserré autour de la population qui sera contrainte de répondre à des obligations fiscales jusque-là négligées. « L’État a des ressources que jusqu’ à présent nous ne parvenons pas à faire rentrer et c’est en quête de ces ressources que nous partons. Prenons par exemple, aujourd’hui, on peut se procurer n’importe quel document sans avoir de quitus fiscal, désormais pour obtenir une pièce de l’État même pour un équivalent de 500 gourdes, il vous faut un quitus fiscal . Donc, cela portera inévitablement les gens et les entreprises à faire leur déclaration définitive d’impôt pour se mettre au diapason ». Le Service d’inspection des véhicules, la distribution de plaques aux motos qui pullulent dans le pays seront, entre autres, utilisés par le gouvernement « afin que l’ensemble des engagements de l’État soit respecté », garantit le ministre.

58 milliards de gourdes, soit 40% du budget, sont consacrés à l’investissement. La majeure partie est destinée à faire huiler la machine étatique. Cette décision peut ne pas laisser indifférents les économistes qui ont dénoncé cette tendance dans le cadre du budget rectificatif 2016-2017. Pour eux, cette tendance explique le fait que le gouvernement ne s’intéresse pas vraiment à implémenter des projets aptes à développer le pays. Là, le ministre de l’Économie et des Finances se défend en rappelant que cette distribution du budget est « dans la proportion normale ». « Si le fonctionnement avait dépassé les 75% du budget, ce serait anormal mais ce n’est pas le cas dans ce document », a renchéri le ministre.

S'appuyant sur une loi publiée en février 2017 qui prévoie un calendrier de préparation du budget, le président de la Chambre basse Cholzer Chancy rappelle qu’en disposant, ce 30 juin, du document de budget, le Parlement a jusqu’au deuxième lundi de septembre pour sanctionner le projet de budget.

Des 58 milliards de gourdes prévus pour des investissements, 33 milliards proviendront du Trésor public. Cela rendra le pays moins dépendant de l’international, Cholzer Chancy le voit « d’un simple coup d’œil dans le document» et promet d’inviter le ministre à faire l’exposé des motifs du budget d’ici la semaine prochaine devant l’assemblée des députés avant de confier le document à la commission Économie, Finance et Budget de cette Chambre des députés pour des analyses en miniature.

 

Évaluer cet élément
(0 Votes)
CCN

Webzine cari-guadeloupéen créé en 2008. Notre premier objectif est d'établir par ce biais un véritable lien entre les caribéens, qu'ils soient francophones, créolophones, anglophones, hispanophones. L'information est donc pour CCN une matière première d'importance capitale.

Site internet : www.caraibcreolenews.com

Dernier de CCN