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Haïti. La grève des greffiers est maintenue jusqu’à nouvel ordre

18 Juil 2017
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Port-au-Prince. Mardi 18 juillet 2017. Lenouvelliste/CCN. « Grèv pi rèd », c’est avec ce nouveau slogan que les greffiers grévistes accueillent des journalistes lundi matin au palais de justice pour montrer leur insatisfaction par rapport aux échanges qu’ils ont eus avec le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Heidi Fortuné, jeudi dernier dans les locaux de ladite institution.

Aucune solution n’a été prise pour dénouer la crise. Les assises criminelles avec assistance de jury qui devaient se dérouler ,le lundi 17 juillet 2017, au tribunal de première instance de Port-au-Prince, ainsi que dans d’autres juridictions, n’ont pas eu lieu.

« Ce problème pouvait se résoudre à travers un dialogue franc et sincère, mais malheureusement les autorités judiciaires n’ont pas la volonté », a fait remarquer Yves André Joseph, le président du syndicat national des greffiers haïtiens, indiquant que le ministre n'a pas encore désigné son représentant pour compléter la commission qui sera chargée de travailler sur les revendications des greffiers.

Mis à part la grève entamée depuis le 3 juillet 2017, les greffiers ont décidé de franchir d’autres étapes dans le cadre de ce mouvement jusqu’à ce que leurs revendications soient satisfaites. Dans le canevas de leur mobilisation, ils entendent sortir une pétition et écrire à des organisations internationales et à plusieurs ambassades, notamment l’ambassade des Etats-Unis, du Canada et de la France, si l’on en croit M Joseph. Il fustige le comportement des autorités judiciaires qui, dit-il, n’accordent guère d'importance à ce mouvement.

Yves André Joseph estime que cette démarche s'avère nécessaire vu que, selon lui, la communauté internationale a investi beaucoup d’argent pour l’amélioration du système judiciaire haïtien. « La communauté internationale a financé le déroulement des assises criminelles avec et sans assistance de jury. Pourtant les huissiers et les greffiers n’ont jamais reçu des frais comme les différentes personnes impliquant dans ces assises », a-t-il déploré, en dénonçant les autorités judiciaires qui, dit-il, traitent les greffiers, les huissiers, les commis du parquet en parents pauvres.

« Après l’ouragan Matthew, le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) et le ministère de la Justice et de la Sécurité publique ont donné un appui financier aux doyens, aux magistrats assis et debout vivant dans les zones touchées, tandis que les greffiers et les huissiers n’ont rien reçu. Jusqu’à présent il y a certains d’entre eux qui dorment à la belle étoile », a poursuivi Yves André Joseph.

Les revendications des greffiers se fondent, à court terme sur ajustement de salaires, formation continue des greffiers, carte assurance, cartes de débit et de meilleures conditions de travail, et à long terme sur l’adoption d’un statut encadrant le métier. « Si un juge reçoit 66 000 gourdes, on exige 75% de son salaire », a-t-il indiqué, ajoutant que les greffiers reçoivent 19 000 gourdes comme salaire net et les commis de parquet 11 000 gourdes. Avec de telles sommes, c’est impossible, disent les grévistes, de faire vivre une famille pour le moment, surtout avec la hausse des prix des produits de première nécessité.

Depuis deux semaines, la grève a paralysé une grande partie de l'administration judiciaire. Des décisions, et les exécutions de jugement qui requièrent la signature des greffiers sont en attente. Un coup dur pour les justiciables, selon certains avocats qui ne souhaitent pas opiner davantage sur ce mouvement de grève.

 

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