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Haïti. Qui mettra fin à la grève des greffiers ?

21 Juil 2017
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Port-au-Prince. Vendredi 21 juillet 2017. Lenouvelliste/CCN. Depuis l’arrivée au pouvoir de Jovenel Moïse à la magistrature suprême du pays, le 7 février 2017, les mouvements de grève à répétition dans l’administration publique se suivent et se ressemblent.

D’une institution à l'autre, les fonctionnaires de l’Etat revendiquent sans répit des ajustements de salaires et paralysent les services publics au détriment du contribuable. Ce mouvement prend une proportion inquiétante avec la paralysie des activités au sein des tribunaux de paix, des cours d’appel et dans les 18 juridictions judiciaires depuis le lundi 3 juillet en cours, et dans les hôpitaux et les institutions sanitaires publiques depuis le 17 juillet 2017.

Le gouvernement silencieux du Premier ministre Jack Guy Lafontant a pour obligation de se serrer la ceinture afin de trouver les voies et moyens nécessaires en vue de permettre le fonctionnement régulier des institutions de l’Etat. A chaque obstacle dressé sur le chemin du gouvernement, il revient au Premier ministre de prendre les dispositions qui s’imposent afin de trouver les solutions appropriées. Alors que les organisations de défense des droits humains réclamaient des mesures urgentes de la part des autorités établies pour freiner la détention préventive prolongée, depuis le 3 juillet, la grève des greffiers et des huissiers bloque toutes possibilités pour les prévenus de se présenter devant leur juge. Cette grève va compliquer davantage la détention préventive prolongée dans les différentes juridictions judiciaires. Il ne revient pas au ministre de la Justice d’expliquer avoir dialogué avec les greffiers en grève, ce qui convient c’est de permettre le fonctionnement de l’appareil judiciaire à travers le pays.

L’octroi d’un million de gourdes par sénateur, à l’occasion de la saison pascale, avait défrayé la chronique, compte tenu du faible niveau de ressources dont dispose le pays. La publicité donnée dans les médias sur les privilèges accordés aux députés et sénateurs, pendant différentes périodes de l’année, avait provoqué l’indignation de différents secteurs de la vie nationale. Depuis cette date, plusieurs syndicats évoluant au sein des institutions d’Etat avaient profité de cette occasion pour réclamer de meilleures conditions de travail. Le dépôt du projet de loi de finances pour l’exercice 2017-2018, le 30 juin dernier, selon lequel le budget des deux chambres est passé de 3.8 milliards de gourdes à 7.2 milliards pourrait contribuer à mettre de l’eau au moulin des syndicats dans les institutions publiques où le niveau de salaire est relativement bas.

Le gouvernement doit d’abord trouver une entente avec les syndicats du ministère de la Santé et des greffiers pour mettre fin à la grève, avec la promesse d’augmentation de salaires à partir du 1er octobre prochain. Le Parlement devrait être partie prenante de ces négociations, car son budget devrait être revu à la baisse si l’administration Moïse-Lafontant veut se lancer dans une véritable paix civile. Cette coupe budgétaire permettrait d’augmenter les salaires au niveau de la fonction publique en général pour dénouer toute tentative de grève dans les mois à venir, notamment à l’occasion de la réouverture des classes.

Lemoine Bonneau

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