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Haïti. Recrutement de 500 soldats : « Ce n’est pas ce qui était prévu », selon Rodolphe Joazile

21 Juil 2017
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Port-au-Prince. Vendredi 21 juillet 2017. Lenouvelliste/CCN. Alors que les avis sont partagés dans la société sur la remobilisation ou la constitution d’une nouvelle force armée, les jeunes continuent d’affluer vers la base militaire du ministère de la Défense à Gressier pour se faire inscrire. Pour l’ancien ministre de la Défense Rodolphe Joazile, on devrait commencer d’abord avec la nomination d’un état-major, la formation d’une classe de cadets avant de procéder au recrutement des soldats.

500 soldats pour démarrer avec la nouvelle force armée de l’ère Jovenel Moïse. Sans doctrine, ni état-major, ni officiers, l’ancien ministre de la Défense de Michel Martelly a fait remarquer que ce n’est pas ce qui était prévu au départ. En 2012, a rappelé Rodolphe Joazile dans une interview accordée au Nouvelliste, lorsque le président Michel Martelly avait réactivé le ministère de la Défense, l’objectif était de remobiliser les Forces armées d’Haïti. Selon lui, dans un premier temps, il était question de travailler sur une doctrine, un organigramme et un Livre blanc. « Nous avions demandé au président Martelly de nommer un état-major. Nous étions convaincus que la première chose à faire était de constituer l’état-major », a expliqué au Nouvelliste Rodolphe Joazile.

« La grande question était de savoir quelle armée pour la nouvelle Haïti », se souvient l’ancien ministre. Selon lui, le schéma à suivre à ce moment-là était d’abord la nomination de l’état-major, ensuite le recrutement d’une classe de cadets. Ces cadets suivraient des formations pendant trois ans et sept mois, le processus de recrutement d’une classe de soldats commencerait, a-t-il dit. « Ce qui aurait permis d’avoir des officiers en même temps que les soldats. C’est ce qui avait été discuté… », a avancé M. Joazile.

Pour avoir brûlé les deux premières étapes, l’ancien président du Sénat estime que l’équipe au pouvoir va trop vite en besogne. Sans des officiers, on peut perdre le contrôle des soldats, a dit craindre l’ancien ministre de la Défense et ancien officier des Forces armées d’Haïti.

Parallèlement, le Dr Georges Michel, qui a lui aussi travaillé sur l’élaboration du Livre blanc de l’armée, fait une toute autre lecture de la situation actuelle. Pour lui, c’est normal de commencer avec le recrutement des soldats comme le fait le ministère de la Défense. « L’état-major n’est pas là pour le recrutement des soldats. Il est là pour commander l’armée », a-t-il contredit. « Même si ce n’est pas parfait, il faut commencer », a-t-il soutenu.

Cependant, l’historien a souligné que lui et d’autres personnalités qui travaillaient dans la commission sur le dossier de l’armée avaient recommandé au président Michel Martelly de nommer un état-major. « Il ne l’a jamais fait », a-t-il affirmé, dénonçant des conseillers de l'ex-président qui, selon lui, n’étaient pas pour un état-major.

Il croit que pendant les six prochains mois de formation de la nouvelle classe de soldats, le chef de l’État, Jovenel Moïse, aura le temps de nommer un état-major. Selon Georges Michel, depuis 2011, des membres de la communauté internationale avaient fait savoir à la commission sur l’armée qu’ils étaient pour la nomination d’un état-major en attendant les troupes.

L’historien a fait savoir que les règlements des Forces armées d’Haïti sont toujours en vigueur. La nouvelle armée, a-t-il dit, va remplir le rôle des Casques bleus. « Un rôle de dissuasion, protéger l’État et les institutions, une force de stabilisation, surveiller les frontières, aider la population en cas de désastres, supporter la police nationale dans le cadre des opérations qui nécessitent un appui militaire… », a énuméré Georges Michel en guise de mission de la nouvelle force armée.

Entre-temps, dans la base du ministère de la Défense à Gressier, des centaines de jeunes, tous les jours, continuent d’affluer pour se faire inscrire. Du 17 au 20 juillet, 1 050 postulants se sont déjà fait inscrire. Selon le capitaine Louicain Dieudonné, les inscriptions qui devaient se terminer ce vendredi 21 juillet vont se poursuivre jusqu’au 25 juillet à cause des retards enregistrés dans la délivrance des pièces exigibles.

 

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