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Haïti. Des ouvriers manifestent contre le prélèvement de l'impôt sur leur revenu minimum

28 Sep 2017
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Port-au-Prince. Jeudi 28 septembre 2017. Lenouvelliste/CCN. C’est un Fernando Capellan dépité et attristé, joint par téléphone par la rédaction, tentant d’expliquer, la gorge nouée, cette nouvelle manifestation des ouvriers qui a perturbé la journée de travail de ce mercredi 27 septembre 2017 à la Compagnie de développement industriel (CODEVI).

Fernando Capellan, patron de CODEVI, au moment de l’appel, en milieu de journée, était en réunion avec son conseil d’administration pour faire le point sur la protestation des ouvriers qui manifestaient devant les locaux de la Direction générale des impôts (DGI) à Ouanaminthe contre le prélèvement de 13% de taxe sur leur salaire. En colère, ils exigent du gouvernement le retrait de la décision de percevoir 13% de taxe de leur salaire.

A la base de cette manifestation, la récente augmentation du salaire minimum. Fernando Capellan explique : « Nous avons demandé au gouvernement qu’il augmente la base imposable au fur et à mesure que le salaire minimum monte. Le salaire minimum a augmenté ces dernières années mais la base taxable est restée fixe, à savoir 60 000 gourdes l’an ».

« Nous sommes en train de demander au gouvernement qu’il fasse passer la base imposable à 150 000 gourdes pour que les plus pauvres, les ouvriers, n’aient plus à payer. Jusqu’à présent, le gouvernement est resté de marbre face à cette revendication des responsables de CODEVI », déplore le patron du Grupo M, précisant qu’avec le nouveau salaire minimum, tous les ouvriers qui gagnent plus de 5 000 gourdes le mois sont par conséquent assujettis à payer cet impôt.

Pour les manifestants, qui réclamaient aussi du gouvernement la fourniture des services de base, c’est comme si l’État, après avoir augmenté d’une main leur salaire, voulait le reprendre de l’autre.

Un document qui nous est parvenu détaille ainsi les 13% de taxe que la DGI entend prélever : 10% ira à l’impôt sur le revenu, 1% à la Caisse d’assistance sociale, 1% au Fonds d’urgence et 1% au Fonds des collectivités territoriales.

« Nous devons respecter la loi. Nous prélevons directement une partie du salaire des ouvriers et l’autre partie, ils doivent le verser eux-mêmes », a indiqué Fernando Capellan faisant remarquer que les ouvriers ont manifesté non pas contre son usine mais plutôt contre la DGI et l’État. Mais, déplore Capellan, n’empêche que cela nous est désavantageux et est préjudiciable à l’investissement étranger en Haïti.

« C’est la responsabilité du gouvernement de résoudre ce problème sinon l’investissement s’en va définitivement », a prévenu l’homme d’affaires dominicain blâmant le gouvernement qui, selon lui, n’a pas tenu sa promesse d’augmenter la base imposable. « Ils avaient promis de le faire », a-t-il ajouté.

« Le parc ne nous appartient pas uniquement. Il y a des compagnies du monde entier présentes dans le parc qui louent des espaces. Il y a des compagnies chinoises, suédoises, [...] Ces gens sont en train de se plaindre auprès de nous. Chaque journée perdue cause énormément de pertes d’argent car ils sont dans l’impossibilité de livrer leurs commandes à leurs clients », a expliqué l’investisseur dénonçant toute forme de violence capable d'entraîner le chaos.

« La situation nous dépasse. En tant qu’investisseur étranger, nous ne savons que faire. Cette situation est très préjudiciable et fait du mal au pays qui sera incapable de créer de nouveaux emplois », a poursuivi Capellan.

L’agence en ligne AlterPresse, citant le coordonnateur du Syndicat d’ouvriers de Codevi/ Ouanaminthe (Socoa), Reynald Pierre Rémy, rapporte qu’environ une dizaine de personnes seraient blessées, dont deux par balle, lors de cette journée de manifestation ouvrière.

« Le président devait comprendre la nécessité d’augmenter la base imposable pour éviter que les ouvriers manifestent […] Il y a d’autres moyens pour compenser cet impôt », a souligné l’entrepreneur, sans trop rentrer dans les détails. Par ailleurs, les ouvriers-protestataires ont exprimé leur volonté de reprendre le chemin du travail jeudi matin. La journée du mercredi a été chaude à CODEVI qui a inauguré le mercredi 2 août dernier la première usine chinoise de casquettes, « Everbright Headwear », en dehors de la Chine continentale.

Url de cet article : http://lenouvelliste.com/article/177025/des-ouvriers-manifestent-contre-le-prelevement-de-limpot-sur-leur-revenu-minimum

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