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Haïti. La production d’électricité en Haïti dépend à 86% du pétrole

03 Oct 2017
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Port-au-Prince. Mardi 3 octobre 2017. Lenouvelliste/CCN. Un rapport de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), « Investissement dans les énergies renouvelables, prix des carburants fossiles et implications politiques pour l'Amérique latine et les Caraïbes », datant de mai 2017, préconise un important changement dans la production de l'électricité dans la région, des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables pour atténuer les effets des changements climatiques.

« Comment encourager les projets d'énergie renouvelable à grande échelle, dans le contexte des prix volatiles des combustibles fossiles, en particulier lorsque les alternatives aux combustibles fossiles peuvent être moins chères aux prix actuels du marché ? » C’est la question à laquelle ce rapport s'évertue d’entrée de jeu à répondre.

En effet, ce rapport explore comment les prix des combustibles fossiles pourraient affecter les décisions d'investissement dans les énergies renouvelables dans une série de scénarios de prix. Et les auteurs de ce rapport appliquent cette question aux pays d'Amérique latine et des Caraïbes où le pétrole et d'autres combustibles fossiles représentent une part significativement plus élevée de leur production d'électricité.

Un certain nombre de pays d'Amérique centrale et des Caraïbes (Jamaïque, Haïti, Nicaragua, Honduras, République dominicaine et Cuba) ont la plus grande part de produits pétroliers pour la production d'électricité; cela tend à consister à la fois en mazout et en diesel. Bien sûr, les producteurs et exportateurs de pétrole, comme l'Équateur, le Mexique et le Venezuela, ont également une grande partie du pétrole dans leur production d'électricité.

Ainsi, en 2012, 86.1% de l’électricité produite en Haïti s'est fait à partir de dérivés du pétrole contre 91.2% pour la Jamaïque qui arrive en tête dans ce domaine. Alors que la moyenne au niveau régional est de 11.2%, les pays suivants sont parvenus à s’affranchir totalement ou presque du pétrole pour s’électrifier : Paraguay (0%), Trinidad and Tobago (0.3%), Colombie (0.6%), Bolivie (2%) et Brésil (3.5%).

La transition dans la production d'énergie est extrêmement importante pour atténuer le changement climatique, rappelle la CEPALC citant le Groupe d'experts intergouvernemental sur les changements climatiques (GIEC) qui estimait que l’énergie était responsable de 25% environ des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2010.

Contrairement à Haïti et à la Jamaïque notamment qui utilisent 0% de gaz naturel pour produire de l’électricité, Trinidad and Tobago (99.7%), Bolivie (64.2%), Mexique (55.6%) sont les principaux champions régionaux en la matière. Sans oublier la République dominicaine (24.8%) qui dépasse la moyenne régionale de 23.3%.

La préoccupation clé exprimée dans ce rapport est de savoir si la tendance à la hausse de la production d’énergie renouvelable à travers le monde peut être maintenue si les prix des combustibles fossiles devaient rester sensiblement inférieurs. L'Amérique latine a ouvert la voie à certains aspects aux énergies renouvelables. Par exemple, de 2002 à 2012, l'électricité générée par le vent a augmenté en moyenne de 26% dans le monde. En Amérique du Sud, au cours de la même période, elle a augmenté de 51%, et en Amérique centrale de 42%.

Un bon point pour Haïti dans cette étude est son classement parmi les pays 0% utilisateurs de charbon pour produire l'électricité : Bolivie, Costa Rica, Cuba, Equateur, El Salvador, Jamaïque, Nicaragua, Paraguay, Trinidad and Tobago, Uruguay et Venezuela. A l’inverse, le Chili (41.9) est l’utilisateur numéro un dans la région de cette source hautement polluante, suivi du Guatemala (13.2%) et de la République dominicaine (12.9%).

En ce qui a trait aux énergies renouvelables (solaire, éolienne, géothermique, etc.), excluant l’hydroélectrique, Haïti (0%), Paraguay (0%), Trinidad and Tobago (0%), Venezuela (0%), la République dominicaine (0.2%), Panama (0.3%) sont les pires élèves de la région tandis qu’avec respectivement 32.6% et 32.4% El Salvador et Nicaragua arrivent en tête, dépassant largement la moyenne régionale de 4.8%.

Avec 13.9% d’utilisation d’énergie hydroélectrique, Haïti est largement en deçà de la moyenne régionale de 49.2% et aux antipodes du Paraguay (100%), de la Colombie (76.3%), du Brésil (75.2%) et du Costa Rica (71.1%).

Un investissement suffisant dans les énergies renouvelables est fondamental pour aider à atteindre l'objectif crucial d’éviter une augmentation de la température supérieure à 2 degrés Celsius. Il est donc essentiel que les tendances récentes de l'augmentation des investissements et de la production dans les énergies renouvelables ne soient pas seulement maintenues, mais augmentées, recommande la CEPALC.

Elle souligne aussi que la forte baisse du prix du pétrole et d'autres combustibles fossiles pose le risque de perturber l'investissement continu dans les énergies renouvelables, dans la mesure où elles deviennent moins rentables.

De 1990 à 2012, la production d’électricité dans la région à partir du pétrole est passée de 17.1% à 11.2% tandis qu’en Haïti, pour la même période, elle a progressé de 20.6% à 86.1%. A la Jamaïque, elle n’a que peu évolué, passant dans l’intervalle de 92.4% à 91.3%, contrairement à la République dominicaine où elle a chuté drastiquement de 88.7% à 51.6%.

Le rapport met en avant le potentiel élevé d’Haïti pour les énergies renouvelables de source hydro, éolienne et solaire et aussi son faible potentiel pour la biomasse. C’est aussi l’avis d’Evenson Calixte, conseiller en énergie à la présidence, qui, au forum sur la compétitivité et l’investissement, le mois dernier, a plaidé pour la réduction de la dépendance aux énergies fossiles importées. « Il faut diversifier le mix énergétique national avec un focus mis sur le potentiel de l’énergie renouvelable », a-t-il recommandé, précisant que 100% du potentiel en énergie éolienne n’est pas encore exploité. Idem pour l'hydroélectrique.

Selon lui, la biomasse (valorisation de déchets) dans le pays est estimée à 200 mégawatts, l’énergie éolienne à 100 mégawatts, l’énergie solaire (photovoltaïque ou Off-Grid (système hors-réseau) à 300 mégawatts, les centrales hydroélectriques, toutes capacités confondues, à 250 mégawatts.

« Comment encourager les projets d'énergie renouvelable à grande échelle, dans le contexte des prix volatiles des combustibles fossiles, en particulier lorsque les alternatives aux combustibles fossiles peuvent être moins chères aux prix actuels du marché ? » C’est la question à laquelle ce rapport s'évertue d’entrée de jeu à répondre.

En effet, ce rapport explore comment les prix des combustibles fossiles pourraient affecter les décisions d'investissement dans les énergies renouvelables dans une série de scénarios de prix. Et les auteurs de ce rapport appliquent cette question aux pays d'Amérique latine et des Caraïbes où le pétrole et d'autres combustibles fossiles représentent une part significativement plus élevée de leur production d'électricité.

Un certain nombre de pays d'Amérique centrale et des Caraïbes (Jamaïque, Haïti, Nicaragua, Honduras, République dominicaine et Cuba) ont la plus grande part de produits pétroliers pour la production d'électricité; cela tend à consister à la fois en mazout et en diesel. Bien sûr, les producteurs et exportateurs de pétrole, comme l'Équateur, le Mexique et le Venezuela, ont également une grande partie du pétrole dans leur production d'électricité.

Ainsi, en 2012, 86.1% de l’électricité produite en Haïti s'est fait à partir de dérivés du pétrole contre 91.2% pour la Jamaïque qui arrive en tête dans ce domaine. Alors que la moyenne au niveau régional est de 11.2%, les pays suivants sont parvenus à s’affranchir totalement ou presque du pétrole pour s’électrifier : Paraguay (0%), Trinidad and Tobago (0.3%), Colombie (0.6%), Bolivie (2%) et Brésil (3.5%).

La transition dans la production d'énergie est extrêmement importante pour atténuer le changement climatique, rappelle la CEPALC citant le Groupe d'experts intergouvernemental sur les changements climatiques (GIEC) qui estimait que l’énergie était responsable de 25% environ des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2010.

Contrairement à Haïti et à la Jamaïque notamment qui utilisent 0% de gaz naturel pour produire de l’électricité, Trinidad and Tobago (99.7%), Bolivie (64.2%), Mexique (55.6%) sont les principaux champions régionaux en la matière. Sans oublier la République dominicaine (24.8%) qui dépasse la moyenne régionale de 23.3%.

La préoccupation clé exprimée dans ce rapport est de savoir si la tendance à la hausse de la production d’énergie renouvelable à travers le monde peut être maintenue si les prix des combustibles fossiles devaient rester sensiblement inférieurs. L'Amérique latine a ouvert la voie à certains aspects aux énergies renouvelables. Par exemple, de 2002 à 2012, l'électricité générée par le vent a augmenté en moyenne de 26% dans le monde. En Amérique du Sud, au cours de la même période, elle a augmenté de 51%, et en Amérique centrale de 42%.

Un bon point pour Haïti dans cette étude est son classement parmi les pays 0% utilisateurs de charbon pour produire l'électricité : Bolivie, Costa Rica, Cuba, Equateur, El Salvador, Jamaïque, Nicaragua, Paraguay, Trinidad and Tobago, Uruguay et Venezuela. A l’inverse, le Chili (41.9) est l’utilisateur numéro un dans la région de cette source hautement polluante, suivi du Guatemala (13.2%) et de la République dominicaine (12.9%).

En ce qui a trait aux énergies renouvelables (solaire, éolienne, géothermique, etc.), excluant l’hydroélectrique, Haïti (0%), Paraguay (0%), Trinidad and Tobago (0%), Venezuela (0%), la République dominicaine (0.2%), Panama (0.3%) sont les pires élèves de la région tandis qu’avec respectivement 32.6% et 32.4% El Salvador et Nicaragua arrivent en tête, dépassant largement la moyenne régionale de 4.8%.

Avec 13.9% d’utilisation d’énergie hydroélectrique, Haïti est largement en deçà de la moyenne régionale de 49.2% et aux antipodes du Paraguay (100%), de la Colombie (76.3%), du Brésil (75.2%) et du Costa Rica (71.1%).

Un investissement suffisant dans les énergies renouvelables est fondamental pour aider à atteindre l'objectif crucial d’éviter une augmentation de la température supérieure à 2 degrés Celsius. Il est donc essentiel que les tendances récentes de l'augmentation des investissements et de la production dans les énergies renouvelables ne soient pas seulement maintenues, mais augmentées, recommande la CEPALC.

Elle souligne aussi que la forte baisse du prix du pétrole et d'autres combustibles fossiles pose le risque de perturber l'investissement continu dans les énergies renouvelables, dans la mesure où elles deviennent moins rentables.

De 1990 à 2012, la production d’électricité dans la région à partir du pétrole est passée de 17.1% à 11.2% tandis qu’en Haïti, pour la même période, elle a progressé de 20.6% à 86.1%. A la Jamaïque, elle n’a que peu évolué, passant dans l’intervalle de 92.4% à 91.3%, contrairement à la République dominicaine où elle a chuté drastiquement de 88.7% à 51.6%.

Le rapport met en avant le potentiel élevé d’Haïti pour les énergies renouvelables de source hydro, éolienne et solaire et aussi son faible potentiel pour la biomasse. C’est aussi l’avis d’Evenson Calixte, conseiller en énergie à la présidence, qui, au forum sur la compétitivité et l’investissement, le mois dernier, a plaidé pour la réduction de la dépendance aux énergies fossiles importées. « Il faut diversifier le mix énergétique national avec un focus mis sur le potentiel de l’énergie renouvelable », a-t-il recommandé, précisant que 100% du potentiel en énergie éolienne n’est pas encore exploité. Idem pour l'hydroélectrique.

Selon lui, la biomasse (valorisation de déchets) dans le pays est estimée à 200 mégawatts, l’énergie éolienne à 100 mégawatts, l’énergie solaire (photovoltaïque ou Off-Grid (système hors-réseau) à 300 mégawatts, les centrales hydroélectriques, toutes capacités confondues, à 250 mégawatts.

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