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Haïti. Corruption puissance 5

25 Oct 2017
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Port-au-Prince. Mercredi 25 Octobre 2017. Lenouvelliste/CCN. Le 5 octobre dernier, le président de la République a désigné devant un parterre d’enseignants et d’écoliers la corruption comme le problème majeur d’Haïti. Une vérité de La Palisse. Il a, pour illustrer, brandi sa main nommant la corruption sur chacun des cinq doigts. Eradiquer la corruption représente donc le grand défi de son mandat.

Quoique pour certains le mal identifié gangrène déjà tout l’organisme social et administratif haïtien, j’ai envie de donner acte à Jovenel Moïse. « Le président a parlé, point barre ».

Selon Transparency International, « la corruption est endémique dans les institutions publiques haïtiennes ». Dans le classement mondial, Haïti se retrouve à la place 159 sur 170 avec un score de 20 pour 100.

La logique voudrait que le chef de l’État ne s’arrête pas au simple constat. Si le mal de notre époque est connu, il faut, plus qu’un discours, mais des actions concrètes et des moyens forts pour l’éradiquer.

Or, ce que l'on voit c’est que les mêmes pratiques dénoncées par le président se perpétuent allègrement au sein même de son administration sans qu’on aperçoive des mesures claires pour y mettre fin. Des faits récents : l’affaire des kits scolaires, les chèques émis par des ministères avec des montants faramineux encaissés, les contrats juteux à des firmes privées sans appel d’offres, la caravane dont on ne connaît pas le budget, les montants exorbitants pour la sécurité présidentielle à chacun de ses déplacements, les primes scandaleuses accordées aux parlementaires… Tout cela fait craindre que le mal (la corruption) soit bien toléré et aimé chez nous, et ait encore sans doute de beaux jours.

Car, voici qu’avant même sa sortie officielle, une enquête parlementaire, qui dévoile un pan des malversations pratiquées ouvertement par l’ancienne administration dans les fonds PetroCaribe (plus de 3 milliards de dollars), l’enquête est déjà dénoncée et rejetée par certains.

Tout comme l’est le rapport rédigé en 2004 par l’ex-sénateur Paul Denis qui a révélé les pratiques de corruption du régime Lavalas d’alors. Ce document ignoré depuis plus de dix ans montre que chez nos hommes politiques, qu’ils soient de gauche ou de droite, de Jean Bertrand Aristide en passant par René Préval† jusqu’à Michel Martelly, la corruption est le programme qui a le mieux réussi.

Aujourd’hui, le président Jovenel Moïse a l’occasion historique de marquer la différence, il a l’opportunité de prouver au pays qu’en dépit du fait qu’il soit lui-même épinglé dans un de ces rapports, il est déterminé à prendre le taureau de la corruption par les cornes. Il a pour devoir de mettre les moyens à la disposition de la justice pour approfondir ces enquêtes en commençant par passer un grand coup de balai dans son propre camp pour montrer l’exemple.

Ce n’est pas aux jeunes ni à nos enfants qu’il doit incomber le fardeau de la dette et de l’enrichissement illicite des dirigeants actuels. Les coupables devraient être mis dans l’obligation de rembourser les fonds honteusement dilapidés à la république.

La corruption est un crime qui entrave le développement d’Haïti, elle accentue les inégalités, elle appauvrit la majorité des Haïtiens, elle entrave la justice. Tolérer la corruption, c’est enfoncer Haïti dans le sous-développement et maintenir sa population dans la misère.

Url de cet article : http://lenouvelliste.com/article/178116/haiti-corruption-puissance-5

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