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Haïti. La BRH dresse la situation des finances publiques au premier trimestre de l’exercice 2017-2018

23 Jan 2018
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Port-au-Prince. Mardi 23 Janvier 2018. Lenouvelliste/CCN.La note sur la politique monétaire de décembre 2017, rendue publique par la Banque de la République d’Haïti (BRH), dresse la situation macroéconomique du pays caractérisée notamment par une atténuation des pressions inflationnistes (entamée au début du 4e trimestre et qui se poursuit au 1er trimestre 2018), une dépréciation de 1.6% de la gourde durant le 1er trimestre 2018, une perception moyenne des recettes publiques en deçà des prévisions ainsi que l’exécution des dépenses publiques accusant dans le même temps un dépassement de 11.7% de ce qui était prévu.

« Les retombées positives de la mise en œuvre du programme d'investissement public devraient avoir un impact positif sur le prochain trimestre et ainsi contrebalancer le ralentissement de l'activité économique, généralement observé au cours de la période allant de janvier à mars », plante la BRH en guise de perspectives.

En effet, selon les prévisions de la BRH, les dépenses publiques dans les infrastructures devraient entrainer un renforcement de l'activité au niveau de la branche « Bâtiments et travaux publics » et conséquemment, impacter favorablement les autres secteurs, en particulier l'agriculture. Ce sera de bonne guerre quand on sait que la « baisse du rythme de croissance de l'IPC découle de l'amélioration de l'offre alimentaire suite à la réalisation de bonnes récoltes et des conditions climatiques clémentes ».

« L'inflation en glissement annuel s'est établie à 13,3% en novembre 2017, soit 2,4 et 2 points de pourcentage de moins par rapport à juin et septembre 2017 respectivement. Sur une base mensuelle, le taux d'inflation s'est stabilisé à 0,8 %, mais en baisse de 21 points de base par rapport au trimestre précédent », informe la banque centrale notant que cette évolution des prix dans l'économie a été observée en dépit d'une dépréciation de 1,6% de la gourde durant le premier trimestre 2018.

« Cette dépréciation de la monnaie locale, inférieure à celle observée au premier trimestre 2017 (2,63 %), a reflété le creusement du déficit commercial enregistré au cours de l'exercice 2017 (2,68 milliards de dollars américains contre 2,23 milliards en 2016) », explique la BRH ajoutant que les données disponibles pour le mois d'octobre 2017 font ressortir un solde commercial négatif de 295,54 millions de dollars américains. Soit le résultat d’une politique commerciale axée beaucoup plus sur l’importation en lieu et place des exportations.

Parallèlement, poursuit la note, les transferts privés sans contrepartie pour les deux premiers mois du trimestre sous étude ont totalisé 340,95 millions de dollars américains, en hausse de 17,5% en glissement annuel. L'augmentation des transferts privés sans contrepartie, combinée aux interventions des autorités monétaires sur le marché des changes ont alimenté l'offre de devises et ont conséquemment permis de lisser les fluctuations du taux de change. Par ailleurs, malgré les interventions sur le marché, la BRH a maintenu un niveau de réserves brutes de change équivalent à environ 5 mois d’importation.

Evolution des finances publiques

Les recettes cumulées au cours du trimestre ont totalisé 21, 6 milliards de gourdes, soit un taux de perception de 23,1 % du montant prévu pour l'exercice 2017/2018. « S'établissant à 7,1 milliards de gourdes, la perception moyenne des recettes reste en deçà de la prévision mensuelle de 7,7 milliards de gourdes », souligne la BRH pointant du doigt un effort fiscal nécessaire de 7,8 % en termes de perception supplémentaire afin de respecter l'objectif fixé.

Par ailleurs, l'exécution des dépenses pour la même période accuse un cumul de 30,7 milliards de gourdes et représente 30,9 % de la cible budgétaire de 99,1 milliards de gourdes pour l'exercice 2017/2018. « Leur exécution en moyenne mensuelle accuse un montant de 9,2 milliards de gourdes contre une prévision de 8,2 milliards de gourdes, soit un dépassement de 11,7 % », a fait savoir la BRH. Pour la même période, la performance budgétaire dénote un niveau de financement monétaire de 5,5 milliards de gourdes.

Au premier trimestre 2018, rappelle la BRH, l’orientation imprimée à sa politique monétaire, alignée par rapport à l'objectif de préservation de la stabilité des prix dans l'économie, s'est traduite en la mise en œuvre de mesures allant vers l'atténuation des tensions sur le marché des changes et conséquemment, leur répercussion sur l'évolution des prix.

« Ainsi, les Autorités monétaires ont procédé au renforcement de la politique de reprise systématique de la liquidité excédentaire au niveau du système bancaire à travers l'augmentation des taux de réserves obligatoires sur les passifs en monnaie étrangère et de l'encours de bons BRH ainsi que des interventions sur le marché des changes », informe la banque centrale qui, à travers les bons BRH, a pu stériliser, sur le premier trimestre 2018, un montant supérieur à 2 milliards de gourdes.

De plus, dans l'objectif d'alimenter l'offre de devises, la BRH est intervenue sur le marché à travers des ventes nettes totalisant 11,44 millions de dollars américains. Ces devises ont permis d'éponger un montant de 720,6 millions de gourdes de liquidité excédentaire.

Par ailleurs, la BRH a exigé le règlement uniquement en gourdes de toutes les transactions par carte de crédit tant au niveau local qu'au niveau international. Cette mesure, explique l’autorité monétaire, participe de la nécessité de réduire les pressions sur le taux de change provenant de la multiplicité des acteurs intervenant sur le marché des changes. De même, elle se veut un moyen qui s'aligne sur la décision d'interdire les prêts à la consommation en dollars adoptée en 2015.

Toutefois, en dépit de l'augmentation de plus de 4 milliards de gourdes du stock de crédit net de la BRH à l'État, les autorités monétaires, souligne la note, ont pu maîtriser la progression de la base monétaire au sens strict par la reprise systématique des liquidités excédentaires à travers les bons BRH.

Une amélioration du taux de perception conformément à la collecte de certains taxes et impôts au cours du prochain trimestre devrait avoir des effets positifs sur la situation des finances publiques et favoriser une meilleure gestion de l'offre monétaire, laquelle devrait se traduire en la poursuite de la baisse des pressions inflationnistes dans l'économie. Fort de cette anticipation, la BRH renouvelle son engagement de rester vigilante face aux développements de la conjoncture nationale et internationale afin de prendre les décisions nécessaires et appropriées pour préserver la stabilité des prix et du cadre macroéconomique.

Url de cet article : http://lenouvelliste.com/article/182190/la-brh-dresse-la-situation-des-finances-publiques-au-premier-trimestre-de-lexercice-2017-2018

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