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Haïti. Assemblée Nationale : Situation de tension devant le parlement

22 Jui 2016
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Port-au-Prince. Mercredi 22 juin 2016. CCN/AP. Une situation de tension a régné devant le parlement où était prévue, ce mardi 21 juin 2016, une assemblée nationale pour décider du sort du président provisoire, Jocelerme Privert, qui a bouclé 120 jours de mandat le 14 juin.

Des manifestantes et manifestants ont lancé des pierres et des bouteilles sur le local du parlement, perturbant, du coup, une rencontre qui se tenait entre des sénateurs.

Des pare-brises de plusieurs véhicules ont été cassés, suite au mouvement.

L’intervention de la police a permis un retour au calme, mais la tension pourrait monter d’un moment à l’autre.

Entre temps, des jeux d’influence se font de plus en plus pressants dans ce contexte marqué de controverses et d’incertitude.

Des parlementaires souhaitent le maintien de Privert au pouvoir, après l’expiration de son mandat, alors que d’autres voudraient l’éjecter de son fauteuil.

Plus d’une vingtaine d’organisations paysannes venant de diverses communes du pays exigent du parlement le maintien du président provisoire Jocelerme Privert au pouvoir, afin qu’il puisse organiser les élections dans le plus rapidement possible.

Le Mouvement patriotique populaire dessalinien (Mopod) souhaite une concertation entre tous les secteurs de la vie nationale pour trouver une issue à l’impasse, dans une note en date du 20 juin 2016. 

 

Assemblée Nationale: Deuxième tentative échouée

La séance en Assemblée nationale convoquée pour le mardi 21 juin au cours de laquelle le sort du président Jocelerme Privert devrait être décidé n’a pas eu lieu. Pour cause, un vent de panique provoqué par des manifestants qui ont lancé des pierres en direction du Parlement. Les sénateurs de la minorité ont évoqué l’insécurité comme prétexte pour faire avorter la séance qui a été reportée sine die. Une séance qui, pourtant, a une importance capitale pour le pays en cette période de crise.

Alors que tous les projecteurs étaient braqués sur le Parlement pour cette séance en Assemblée nationale tant attendue par la nation, les hommes du bicentenaire ont boycotté la séance du 21 juin. Laquelle est reportée sine die. Les doutes, tractations et inquiétudes sont une nouvelle fois différés.   Les sénateurs de la minorité  disent se sentir en insécurité après que les locaux du Parlement eurent essuyé quelques jets de pierres au moment où des manifestants pro-Privert se massaient devant le Parlement pour exprimer leur support au président provisoire juste avant que l’Assemblée  nationale ne décide de son sort.

Situation de panique généralisée au Parlement. Agents de sécurité, députés, sénateurs et d’autres employés étaient sur le qui-vive. Les sénateurs réunis en conférence des présidents ont dû laisser la salle des commissions où se tenait la rencontre, suite à cette situation de panique. Certains sénateurs ont même dégainé leur arme à feu,  d’autres ont appelé à des renforts. Ainsi se sont pointés leurs agents de sécurité lourdement armés. 

Quelques minutes plus tard, les sénateurs de la minorité en conférence de presse ont fait le point sur la situation. Pour Jacques Sauveur Jean qui préside la minorité pour ce mois, ce vent de panique constitue un obstacle au climat de sérénité qui doit régner au niveau du Palais législatif. À cause de ces problèmes de sécurité, les membres de la minorité n’entendent pas donner quorum pour la tenue de cette séance, ont précisé les sénateurs Jacques Sauveur Jean, Youri Latortue, Carl Murat Cantave et Onondieu Louis.

Carl Murat Cantave, toujours très acide contre Jocelerme Privert, croit que c’est un coup planifié au niveau du Palais national  en complicité avec la Direction générale de la PNH. « C’est un coup monté à dessein pour que l’Assemblée nationale ne se tienne pas », a lancé le sénateur Cantave, faisant croire que certaines décisions, fatales pour Jocelerme Privert, allaient être prises au cours de la séance.

Pour Fritz Carlos Lebon, questeur du Sénat, la question d’insécurité évoquée par la minorité est une échappatoire pour ne pas participer à la séance. Car, dit-il, Jocelerme Privert avait une majorité de sénateurs et de députés acquise à sa cause. Une douzaine de sénateurs et plus d’une cinquantaine de députés étaient prêts à confirmer le président provisoire à son poste, selon Carlos Lebon qui dit ne pas comprendre l’attitude de ses pairs de la minorité.

S’il est vrai que les députés  et sénateurs étaient remarqués en nombre suffisant pour la séance, plus d’un doutait encore de la tenue de cette séance tant les divergences entre les groupes politiques étaient profondes. Bien avant ce vent de panique provoqué par la tenue de cette manifestation devant le Parlement aux environs de deux heures, les sénateurs réunis en conférence des présidents à l’extraordinaire n’arrivaient pas encore à se mettre d’accord sur l’ordre du jour de la séance.

L’écharpe présidentielle a provoqué un vif débat au sein des sénateurs. Les sénateurs de la minorité  avaient opté pour que le président envoie l’écharpe avant même la tenue de la séance, une position qui a été désapprouvée par la majorité, selon les propos du sénateur Antonio Cheramy (Don Kato). Et cette affaire d’écharpe suffisait à elle seule comme boycott au cas où aucun consensus n’aurait pas été trouvé.

Noclès Débréus
Le National

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