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Haïti. La responsabilité sociale des entreprises

06 Fév 2017
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Port-au-Prince. Lundi 6 Février 2017. Lenouvelliste/CCN. Dans une économie de marché où la recherche du gain, du plus-value priment, les entreprises ne peuvent pourtant pas agir comme bon leur semble ni n’en faire qu’à leur tête. Un certain nombre de principes fixent les règles du jeu. 

 En créant la richesse, les chefs d’entreprise accomplissent une part importante de leur mission. Mais la mission de l’entreprise ne s’arrête pas là. Comme bien souvent on a tendance à le croire chez nous, l’entreprise fait partie de la société, dans ce cas elle doit intégrer, partager et encourager des valeurs nobles. Elle a donc des responsabilités qui sont un gage pour le développement d’un pays. Faire du profit ne doit pas dispenser une entreprise de ses responsabilités sociales. Ainsi, faire le social n’est pas une option mais une obligation pour toute entreprise digne de ce nom. 

« La Commission européenne définit la responsable sociale des entreprises (RSE) comme « l’intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes». Suivant cette définition, on chercherait longtemps avant d’identifier quelques entreprises dignes du nom dans notre chère Haïti. Même si l’Etat souffre d’une faiblesse institutionnelle quasiment à tous les niveaux, le travail requiert la participation des secteurs organisés. Entendez par là, le secteur privé, les associations de consommateurs, les syndicats, les associations professionnelles qui ont une certaine conscience que cette terre est notre. Et, elle fait partie d’une planète à sauver.

Au vu de l’état de délabrement de l’environnement haïtien, il y a lieu de se demander si la notion de responsabilité sociale s’applique aux entreprises haïtiennes. On peut dire que ces dernières ont largement contribué à la pollution de notre environnement. Combien de fois nous avons constaté des entreprises de la place disséminer de manière sauvage leurs déchets industriels ici et là sans se soucier des effets nocifs de ces déchets sur la communauté. 

Les détritus qui jonchent certaines artères de grandes villes ne sont pas uniquement les rejets des ménages. Parfois on peut observer des montagnes de tessons de bouteilles en verre ou de canettes jonchant les artères les plus fréquentées de l’aire métropolitaine. Des articles d’emballage fabriqués à partir de produits chimiques très nocifs à l’environnement et importés par des entrepreneurs locaux constituent un danger imminent pour Haïti. Même les pays voisins se plaignent du fait que nous polluons leur espace maritime avec nos déchets.

Certaines entreprises de construction ne construisent que pour détruire. Nos routes, nos ponts, nos trottoirs paient un lourd tribut à ces entités qui, en quêtant leur profit, font fi de leur devoir. Méprisent-elles, ou ignorent-elles leur responsabilité sociale ? Que fait l’Etat pour les rappeler à l’ordre ? Peut-on prétexter la seule faiblesse de l’Etat pour que des entreprises privées ou publiques déversent allègrement leurs huiles usées dans les canaux d’évacuation près de Cité-Boston, à Cité-Soleil. Allez jeter un coup d’œil le long du Bois-de-chêne ou de Bréa à Martissant pour comprendre le niveau de notre stupidité et le mépris de l’autre. L’égoïsme des uns et des autres nous font vivre un calvaire environnemental. En outre, comment une entreprise peut-elle se permettre d’acquérir sans aucune gêne les couvercles d’égouts aux mains de particuliers ?  

Depuis quelques années, une entreprise installée dans le pays et qui est loin d’être parfaite investit dans l’éducation. Elle construit des bâtiments pour loger des dizaines d’enfants qui vivent dans la précarité. Elle se charge aussi de former le personnel enseignant. On se passe des détails. Dans un pays où l’analphabétisme prend des proportions répugnantes, c’est une initiative louable. Pourquoi ce modèle n’est pas répliqué dans tous les recoins de la République. On pourrait faire autant dans la santé, dans l’alimentation, dans l’agriculture, le sport, la culture pour soulager ceux qui vivent dans la crasse avec moins de deux dollars par jour.

L’entreprise a un devoir éthique de faire du profit sainement. C’est un vœu. Ses bénéfices devraient aller au-delà de la simple recherche du gain. A quoi sert de gagner si le gain ne sert même pas à se payer des soins de santé ou créent malheureusement une situation délétère qui compromet l’avenir des prochaines générations ? 

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CCN

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